Les compagnies de croisi ères sur le pont

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Le secteur des croisières a fait l’objet d’une attention particulière au cours des 24 derniers mois. Les compagnies – et les boutiques – considèrent maintenant que ce sous-circuit hors taxes permet une croissance supplémentaire à une époque où les activités aéroportuaires ne sont pas aussi solides qu’auparavant.

Le marché des croisières est en plein essor. La construction de paquebots de plus en plus grands atteint un niveau record, témoignant de l’engouement des passagers à la recherche d’expériences, de boutiques et des divertissements pour occuper leur temps en mer.
Selon la Cruise Lines International Association (CLIA), le nombre de passagers de croisières maritimes a atteint 26,7 millions en 2017 – dépassant toutes les prévisions – et devrait atteindre 28 millions cette année.
Comparé au marché des aéroports, qui comptait 4,1 milliards de voyageurs en 2017 (Source : Statista), celui des croisières est très limité, voire insignifiant, ne représentant pas même 1 % par rapport aux aéroports. Cependant, l’industrie du duty-free s’y intéresse davantage en raison des perspectives de croissance « garanties » et des ventes supplémentaires qui en découlent. Les produits de beauté se vendent à merveille sur les paquebots, bien qu’ils n’aient pas la même offre que dans les aéroports, du fait que les boutiques embarquées privilégient les biens durables de luxe, comme les bijoux et les montres.
Avec des milliers de clients confinés plusieurs jours sur un paquebot – et souvent là pour une occasion spéciale, comme un anniversaire – les passagers ont le temps de faire un achat réfléchi. Ceux de produits haut de gamme, comme les bijoux et les montres de luxe, sont donc légion. Ces articles permettent aux commerçants et aux compagines de croisière de réaliser des marges intéressantes.

Les promesses de l’Asie.
Néanmoins, l’industrie de la beauté se penche avec un intérêt grandissant sur les croisières. Cet engouement s’est intensifié avec la promesse d’une expansion rapide en Asie, plutôt à long terme qu’à court terme (voir ci-contre). Les Chinois étant friands de shopping lorsqu’ils voyagent, les industriels de la beauté n’ont qu’une hâte : leur présenter leurs marques de luxe.
L’un des principaux acteurs du shopping en mer, Starboard Cruise Services (propriété de LVMH), affirme avoir été le premier à introduire de grandes marques de beauté dans ce circuit, comme Dior, Kiehl’s, La Mer et Shiseido.
Des enseignes grand public montent à bord. Cet été, l’entreprise a ouvert la toute première boutique Victoria’s Secret sur un navire Carnival – le nouveau Carnival Horizon. On y trouve notamment des brumes pour le corps, des lotions et des parfums.
La PDG de Starboard, Beth Neumann, a déclaré : « Ces dernières années, l’industrie des croisières est passée à la vitesse supérieure en créant des navires hors du commun. Il est donc essentiel qu’il en soit de même pour l’expérience de vente que nous proposons à nos clients. Le shopping doit être tout aussi captivant que le reste des activités à bord. » La britannique Marella Cruises a imauguré son premier spa Champneys cette année sur le Marella Explorer, dont les produits sont vendus dans les boutiques exploitées par Harding Retail. Le choix de Champneys est un exemple de la façon dont les marques de beauté testent le potentiel du marché comme circuit de vente complémentaire.
Les compagnies maritimes, comme Carnival, ont également trouvé leur intérêt dans le commerce de détail, elles qui avaient l’habitude de se reposer sur des activités comme les repas et les divertissements. Les contrats commerciaux sont plus courts, mais plus fréquents.
Ce bouleversement a suscité un immense intérêt de la part des industriels du tourisme. Harding Retail, Heinemann et Dufry Cruise Services (anciennement Flagship Retail Services) sont tous en compétition pour ces contrats très demandés. Les ventes de Dufry à bord des bateaux de croisière et dans les ports représentent 2 % de son chiffre d’affaires, s’élevant à 8,4 milliards de francs suisses (7,6 milliards d’euros). Mais l’objectif est bel et bien d’augmenter cette part de marché. René Riedi, PDG de la zone Amérique latine chez Dufry, explique : « Il s’agit d’un domaine stratégique essentiel pour la croissance de l’entreprise… afin de développer davantage notre activité à mesure que des opportunités se présentent sur ce marché en forte croissance. » En somme, tandis que les croisiéristes sont nettement moins nombreux que les passagers dans les aéroports, ce circuit – du point de vue du commerce de détail – est en phase de développement. Il offre aux grands noms de la beauté des opportunités de croissance, d’exposition et de ventes supplémentaires.

OÙ SE TROUVE LA CROISSANCE ?
L’Amérique du Nord représentait un peu moins de la moitié du marché mondial des croisières en 2017, avec passagers), suivie par millions de passagers). L’Asie arrivait en troisième position avec une part de ! -lions de passagers), puis « #$%&( passagers). Les autres</p> </info><info> <p>marchés représentaient les ##* Cependant, c’est bien l’Asie qui stimule actuellement le marché. La croissance moyenne du nombre de passagers dans l’ensemble ### en 2017. Avec une hausse ! »+### les records tandis que les autres régions étaient toutes inférieures à la moyenne mondiale. Source : Cruise Lines International Association (CLIA)

Kevin Rozario

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