Sugarcane farmers are farmers who rely on the diligence of livelihood. A lot of sugar cane Enough to yield a living.

Alors que la demande en ingrédients naturels ne cesse d’augmenter, les fournisseurs doivent relever des défi s sur des procédés écoresponsables.

Les marques de cosmétiques en veulent toujours plus. « Un nombre croissant d’industriels nous demandent de leur fournir des actifs naturels, constate Yohanna Sander, la directrice Global Product Management chez Symrise. Ce boom s’est encore confirmé en 2019.» Rien ne semble pouvoir arrêter cette vague verte. «Ce phénomène est très sensible depuis deux à trois ans, con rme Jean-Yves Berthon, le PDG de Greentech. La moitié des actifs utilisés aujourd’hui dans les cosmétiques est naturelle. Cette croissance s’accélère d’année en année avec des taux de progression de 20 à 25 % par an.» La mode du bio est passée par là. « Pour être considéré naturel, un produit doit être obtenu avec des ingrédients les plus verts possible», résume Jean-Marc Seigneuret, le directeur technique et R & D chez Alban Muller International. La société allemande Symrise commercialise depuis peu un tout nouvel ingrédient d’origine naturelle produit à partir de la bagasse, le résidu  breux de la canne à sucre. Cet Hydrolite 5 Green, est un hydratant qui booste les performances des actifs tout en améliorant le pro l sensoriel de la formule. Mibelle revendique, pour sa part, avoir été la première société à cultiver dès 2007 des cellules-souches végétales. Issu de l’espèce de pomme suisse rare Uttwiler Spätlauber, le PhytoCellTec Malus Domestica affirme protéger les cellules-souches cutanées tout en retardant le vieillissement des follicules pileux. Mais la nature n’a pas encore révélé tous ses secrets.

Privilégier le local

« À terme, nous pourrons fabriquer n’importe quel produit cosmétique à partir d’actifs naturels», prédit Jean-Marc Seigneuret, le directeur technique et R&D chez Alban Muller International. Yohanna Sander est plus partagée : «En 2018, nous avons mis sur le marché la version naturelle de notre historique pentylène glycol: hydrolite 5 green. Cet ingrédient est une véritable performance en termes de développement durable (utilisation de déchets de l’industrie du sucre, diminution de la consommation en eau et de la production en CO²). La conversion d’un ingrédient du synthétique vers le naturelle reste cependant un challenge dû à la disponibilité des matières premières, aux contraintes technologiques et aux coûts qui sont parfois bien supérieurs aux attentes du marché.» D’autres sociétés sont beaucoup moins pessimistes en la matière. «Le prix de revient des actifs naturels sera toujours supérieur aux produits chimiques, mais on peut les purifier davantage, explique Romuald Vallée, le directeur et cofondateur de Codif, une entreprise basée à Saint-Malo spécialisée dans les actifs cosmétiques d’origine marine, végétale et biotechnologique. Un ingrédient peut ainsi coûter cinq fois plus cher à fabriquer, mais cela ne pose aucun problème si l’on doit en utiliser dix fois moins dans une crème qu’un actif synthétique.» L’origine naturelle d’un actif ne sušt pas non plus à en faire un produit respectueux de l’environnement. Loin de là. « On parle beaucoup de plantes bio issues de l’agriculture durable, mais si elles doivent traverser la moitié du globe pour être transformées, leur impact carbone reste énorme, analyse Vincent Brižaut, le directeur des ventes pour la France de Mibelle. Le transport doit donc être pris en compte pour considérer les bienfaits d’un actif plutôt qu’un autre. » Les marques de cosmétiques commencent à prendre conscience de ce phénomène. « Depuis deux à trois ans, nos clients nous envoient des questionnaires très détaillés pour connaître le bilan carbone exact des extraits que nous leur envoyons, certifie Jean-Marc Seigneuret. Ils veulent notamment connaître l’origine de nos plantes. Aujourd’hui, les espèces cultivées localement sont plus dans l’air du temps que celles qui proviennent de pays lointains.» De gros travaux ont également été faits pour améliorer les procédés de transformation des végétaux.

Des procédés plus écologiques

« Beaucoup d’actifs naturels ont déjà été découverts, résume le directeur technique et R & D chez Alban Muller. Aujourd’hui, les recherches tentent surtout de trouver des procédés d’extraction qui soient moins gourmands en solvant et en eau. Le solvant le plus naturel qui soit est l’eau, et nous l’utilisons souvent tout en prenant garde d’en consommer le moins possible. Un autre solvant dont nous nous servons est l’éthanol, le nôtre est biosourcé et produit localement.» Un procédé d’extraction dižfférent, de plus en plus utilisé, est le dioxyde de carbone supercritique. Mis sous pression et chaužé, le CO2 se comporte comme un fluide et devient un solvant capable d’extraire très précisément une famille de composés donnés. « Les hautes pressions permettent, elles, d’éclater les cellules et de mieux extraire les composants recherchés, note Jean-Yves Berthon. Cette technologie demande de l’énergie, mais elle pollue moins que l’utilisation de solvants chimiques. » D’autres procédés devraient se développer dans les prochaines années. Le marché des actifs naturels a explosé depuis troisans, mais les lois évoluent plus lentement que les demandes de la clientèle. « La législation actuelle est encore trop laxiste, mais elle évolue dans la bonne direction, constate le cofondateur de Codif. L’indice de naturalité doit notamment prendre en compte les processus de transformation qui sont utilisés pour extraire un actif.» Définir une réglementation claire et stricte est nécessaire pour éviter une méance accrue des consommateurs. L’avenir s’annonce radieux pour les industriels. Car tous les spécialistes sont d’accord sur un point : la popularité des ingrédients verts va durer. «Je suis très, très, très confiant quant à l’essor des actifs naturels dans les prochaines années », prédit Romuald Vallée, directeur et cofondateur de Codif. Jean-Marc Seigneuret ne dit rien d’autre, «ce n’est pas une mode, mais une tendance irréversible, renchérit le directeur technique et R&D d’Alban Muller. Tous les grands groupes rachètent d’ailleurs des sociétés spécialisées dans ce domaine a n d’accélérer leur transformation. » De tels investissements montrent bien que les actifs naturels sont là pour rester.

Frédéric Therin

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