Sophim a montré la voie à suivre

Sophim produit depuis plus de 25 ans des ingrédients naturels à destination de l’industrie cosmétique issus majoritairement de l’olive. Le développement durable a toujours été dans l’ADN de cette entreprise familiale basée près de Manosque dans les Alpes-de-Haute- Provence comme nous l’explique son directeur général Alexis Margnat.

 

Comment avez-vous intégré les enjeux du développement durable dans votre société ?

ALEXIS MARGNAT: Le développement durable fait partie de l’ADN de notre entreprise car nous avons toujours utilisé des déchets en provenance de l’industrie agroalimentaire afin de les transformer en ingrédients pour l’industrie cosmétique. Notre principal produit, le squalane, est un ingrédient issu de l’olive mais nous n’utilisons pas d’huile de qualité alimentaire pour la produire car cela ne serait pas durable ni rentable. Nous avons identifié des résidus issus de la production d’huile d’olive qui nous servent de matière première depuis plus de vingt ans. Notre modèle est circulaire car nous utilisons des déchets et durant notre fabrication, nous générons d’autres résidus qui sont à leur tour valorisés notamment pour la production de biodiesel. Cette activité génère près de 30 % de nos revenus.

 

Comment tentez-vous de réduire vos emballages ?

A.M.: Nous n’utilisons pas d’emballages intermédiaires. Le seul packaging que nous produisons nous sert à conserver nos produits finis et nous avons abandonné le métal qui était lourd pour le PEHD. Nous avons aussi réduit notre consommation de bois en introduisant des palettes consignées.

 

Tentez-vous également de limiter les déplacements d’affaires de vos salariés afin de réduire leur empreinte carbone ?

A.M.: Tout à fait. La crise sanitaire a transformé nos habitudes. Dans le passé, nous voyagions dans le monde entier pour rencontrer nos clients et nos distributeurs mais le Covid a stoppé du jour au lendemain ces périples. Cette expérience nous a appris que nous pouvions économiser beaucoup d’argent et mieux protéger la planète sans voyager autant. Alors même, s’il est aujourd’hui possible de se déplacer, nous avons décidé de moins le faire. Nous faisons beaucoup plus de formations et de rendez-vous sur des plateformes de visioconférence comme Teams et Zoom. Il est toujours très important de rencontrer ses clients, mais nous avons réalisé qu’il n’était pas essentiel de le faire aussi fréquemment.

 

Quels sont les principaux challenges que vous allez devoir relever durant les prochaines années ?

A.M.: L’énergie est un énorme challenge lorsque vous faites de la chimie, principalement lorsque les coûts énergétiques explosent. Pour l’agrandissement de notre usine que nous préparons actuellement, nous prévoyons d’adopter plusieurs solutions comme l’installation de panneaux solaires et le recyclage des eaux de pluie. Nous utilisons principalement de l’énergie durant notre fabrication et c’est sur ce dossier que nous devons travailler. Le gouvernement français a demandé aux entreprises de réduire de 10 % leur consommation énergétique mais nous pensons pouvoir approcher les 20 % de baisse. Nous avons déjà fait beaucoup d’efforts dans ce sens lors des vingt dernières années car même lorsque les coûts énergétiques étaient bas, nous souhaitions limiter notre empreinte carbone. Nous voulons aujourd’hui aller encore plus loin car nous pourrions subir des pénuries d’énergie à l’avenir. Cela représente des coûts supplémentaires, mais nous sommes persuadés que les retours sur investissement seront de plus en plus rapides. Réduire sa consommation d’énergie est un challenge, mais nous avons toujours adoré les challenges. L’industrie chimique a également cette formidable habilité d’innover sans cesse. Des solutions qui étaient inabordables il y a quelques années à peine sont aujourd’hui facilement disponibles. L’automatisation nous permet, par ailleurs, de dégager de nouvelles économies.

 

L’éco-conception de vos futurs produits est-il un sujet sur lequel vous travaillez ?

A.M.: Bien évidemment. L’éco-conception commence dès le choix des matières premières que vous allez utiliser et elle inclut une réflexion sur vos process de fabrication et la biodégradabilité de vos produits. Notre entreprise a toujours considéré le développement durable comme un élément majeur de sa stratégie. La RSE et l’upcycling font partie de notre ADN et je suis heureux de constater que l’industrie s’implique de plus en plus autour de ces sujets.

Pour en savoir plus : https://www.sophim.com/

 

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