NCOLAS BONNEVILLE, PARFUMEUR CHEZ FIRMENICH

Avec son look d’étudiant en philo et son enthousiasme contagieux, cet amoureux des odeurs (celle du pain qui cuit ou de la confiture d’abricot en tête), qui vient de rejoindre Firmenich, n’aime rien tant qu’apprendre encore et toujours des matières premières. Il vient de signer les deux parfums Sakura et Yuzu Acqua di Parma avec François Demachy.

Ses sources d’inspiration

Je pars le plus souvent de la matière elle-même, c’est d’elle que je tire l’essentiel de mon inspiration. Mon dada, c’est de cultiver sur mon balcon plein d’ingrédients de la parfumerie pour développer un rapport quotidien avec eux. J’ai fait pousser comme ça de l’osmanthus, du géranium, de l’iris, du muguet, un bergamotier et du chèvrefeuille, dans lequel j’ai décelé une note fraise à force de le fréquenter. Le Street Art m’inspire beaucoup aussi dans sa démarche qui consiste à surprendre par une forme de poésie de quotidien.

Les personnes qui ont compté

Mon père, qui était cuisinier, nous emmenait mon frère et moi sur les marchés : il nous a inculqué l’amour du bel ingrédient. Par la suite, le parfumeur Jacques Maurel a été mon mentor. Nous allions avec mes parents passer des vacances à Grasse, visiter les musées Fragonard et Galimard. C’est là que j’ai rencontré, à l’âge de douze ans, Jacques Maurel qui cherchait un jeune à former. Je descendais le voir à toutes les vacances ; il m’a transmis son amour du métier, m’a offert ses livres et ses formules. En 2006, Francis Kurkdjian installait son activité de parfum sur-mesure. Je lui ai envoyé un mail, à ma grande surprise, il m’a répondu, me proposant d’être son élève pendant cinq ans : il m’a appris la formulation, une méthode de travail rigoureuse et une vision de la parfumerie moderne. Les matières qu’il préfère

J’ai une passion pour l’essence de sauge sclarée, sophistiquée et sensuelle. J’y trouve pas mal de portes d’entrée, notamment une belle filiation avec l’ambrox. La sauge, l’ingrédient qui fait le mieux le lien entre la nature et la synthèse, la parfumerie d’hier et d’aujourd’hui. Je ne peux pas non plus me passer de cèdre, si texturé : j’en fait souvent une sorte de colonne vertébrale de mes parfums comme une matière neutre sur laquelle je bâtis une formule. Et j’ai eu un coup de coeur pour un captif Firmenich, le Salviac, qui développe une fraîcheur aromatique entre la sauge et la cardamome avec un effet « feuille froissée ». Je l’utilise pour donner du bloom comme l’hédione.

Les parfums qu’il porte

J’ai dû porter un Hugo Boss comme tout le monde, pas forcément par goût. Mais le parfum qui m’a marqué, c’est Dior Homme, une merveille ! Une vraie révolution, ce floral au masculin chaud et sensuel avec l’iris au coeur. Été comme hiver, c’est une odeur qui m’est familière. Il y a aussi Bois d’Argent (Dior encore), une formule ultracourte de huit lignes, cette pureté incroyable continue de me fasciner. D’une manière générale, je ne porte pas de parfum par automatisme, c’est un geste de plaisir assez rare, lorsque je sors en soirée par exemple.

Son parcours

2005 Formation de préparateur en cosmétique à l’ISIPCA.

2006 Il est formé par Francis Kurkdjian et Françoise Caron chez Takasago.

2014 Parfumeur en fine fragrance chez Fragrance Resources.

2018 Il intègre Firmenich.

Lionel Paillès

Facebook
Twitter
LINKEDIN

Cher(e)s abonné(es),

Dans ce contexte de crise sanitaire, nous avons pris la décision de ne plus imprimer nos éditions jusqu’à la sortie de cette période difficile. Afin que nous puissions continuer à vous fournir votre magazine par email, merci de renseigner votre adresse email ci-dessous.