« Je suis un grand fervent de l’open innovation »

A l’occasion de ‘inauguration du nouveau siège R&D Fragrance de la division Luxury de Coty à Versoix (Suisse), Sumit Bhasin, Senior Vice President R&D, revient sur la place de la recherche au sein du groupe.

Quels sont les sujets d’innovation parfum chez Coty Luxury ?
Sumit Bhasin : Après la fusion de Coty et P&G, les équipes de R&D dedieées à l’innovation en parfum, pour la division Coty Luxury, se retrouvent à Genève. Situé près des fournisseurs et des maisons de composition, ce campus se compose d’un nouveau laboratoire et d’un Sensory Science Institute. L’objectif est de réaliser la recherche en amont et le dévelop- pement final sur place. Pour les parfums, l’innovation réside dans la personnalisation des fragrances. La premiumisation est aussi l’une des directions que suit notre R&D car il faut pouvoir proposer des fragrances comme des packs à la hauteur de l’exclusivité. Eé. Et enfin, la naturalité eé et le développement durable sont des enjeux sur lesquels nous travaillons. Pour nous, cela signifie faire l’usage d’une chimie verte, mais aussi de se concentrer sur le sourcing durable par exemple.

Quelles collaborations avez-vous ?
S. B. : Je suis un grand fervent de l’open innovation. Je crois beau- coup à la collaboration dans le domaine de la recherche. Nous travaillons avec des maisons de composition, des start-up et des universités sur plusieurs sujets. Nous appliquons cela à toutes les R&D. Pour la recherche en soin, basée à ée à Monaco, nous axons sur la biodégradabilité des composants. Nous travaillons sur la prochaine génération de filtres UV. En skincare et en solaire, ce sont les formules anti-pollution qui nous préoccupent, dont la pollution de la lumière bleue. L’enjeu étant, pour des groupes comme Coty, de concevoir des produits pour un consommateur global dont les attentes diffèrent en fonction des continents.

Quels sont les autres axes de dévelop- pement de la R&D ?
S. B. : Avec l’accélération du time-to-market, nous concentrons nos efforts sur ce que nous appelons la « stretch innovation ». Grâce à notre R&D, nous arrivons à faciliter la production de nos produits et le processus même d’innova­tion. En tant que leader de cette industrie, c’est notre rôle de changer les codes. La R&D nous permet de fournir des produits et des expériences pour soutenir nos marques. Nous voulons être des leaders innovants qui créeéent de l’expérience alors nous investissons considéra- blement dans notre R&D.

Comment mettez-vous en valeur la R&D auprès du grand public ?
S. B. : Il est important de montrer qu’un produit de beauté eé est le résultat d’une recherche scientifique. La science n’est pas seu- lement une succession de formules, mais couvre des problématiques plus larges. Par exemple, la gestion des datas relève aussi de la science donc de la R&D. Beaucoup plus d’innova- tions sont donc possibles. C’est dans cette optique que je siège au board du NBSI (National Beauty Science Institute), un organisme américain en charge de la promotion des sciences dans la beauté auprès des étudiants en filières scientifiques. Chaque année ée nous organisons une journée ée de conférences. La Science & Sustainability of Beauty Mas­terclass et nous présentons notre démarche auprès des futurs cher- cheurs. Cette anneée, l’édition s’est tenue à l’Institut Pasteur de Paris (voir CosmétiquemagHebdo n°824), l’an prochain elle aura lieu en Chine à Shanghai.

SON PARCOURS
2017 Senior Vice President R&D Coty.
2013 Vice President, Global Prestige and Flavor & Fragrances Global Capability Organization Procter & Gamble.
2012 Director, Global Prestige and Global Innovation (Singapore) Procter & Gamble.

PROPOS RECUEILLIS PAR ANAIS ENGLER

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