Estée Lauder, timing gagnant

À l’occasion de l’interview exclusive du Français Cédric Prouvé, président du groupe Estée Lauder à l’international (p. 14), Cosmétiquemag fait un point sur le groupe, ses derniers résultats (p. 13), la perception Une année exceptionnelle, c’est ainsi que Fabrizio Freda, président et CEO d’Estée Lauder Companies qualifie l’exercice fiscal décalé 2017-2018 du groupe américain. Le chiffre d’affaires de 13,68 Md$ (11,77 Md€) a bondi de 13% à taux de change constant et 16% à taux de change courant. L’entreprise confirme son statut de numéro deux mondial de la beauté derrière L’Oréal (C.A. 2017 : 26,02 Md€) et devant le groupe Coty (C.A. 2017-2018 : 9,4 Md$). Et quand L’Oréal accueille Giorgio Armani et Kiehl’s dans le club de ses marques milliardaires, Lauder en intègre une quatrième : La Mer. Après une période de turbulences – en 2016, la suppression de 1200 emplois dans le monde est annoncée et plus de 100 M$ de charges de restructuration sont inscrites dans l’exercice fiscal du quatrième trimestre -, Lauder retrouve des couleurs. « Nous avons généré des ventes plus élevées dans toutes les régions et catégories de produits et avons gagné des parts de marché mondiales, indique Fabrizio Freda, c’est l’une de nos meilleures performances au cours de la dernière décennie. » Fondée en 1946 par une passionnée de la beauté, Estée Lauder, société familiale dont une partie du capital est cotée à New York, a toujours su surfer au bon moment sur les changements de consommation. Ainsi pour séduire les plus jeunes, elle rachète ou prend des participations dans des jeunes pousses (Too Faced, Becca, Deciem, Dr Jart+ et Do the Right Thing…), investit « davantage dans la publicité numérique. Ce qui accélère notre croissance », souligne Fabrizio Freda. Estée Lauder suit le consommateur là où il est, en décidant par exemple, d’élargir la distribution de ses marques historiquement dans les department stores américains, dans les chaînes spécialisées Sephora et Ulta Beauty. Le groupe développe l’e-commerce et le travel retail… Bref, il s’inscrit dans son époque, comme le faisait sa fondatrice, Madame Estée Lauder, pionnière dans le cadeau contre achat, dans l’application quotidienne du parfum avec l’huile Youth Dew, dans le choix d’égéries pour la communication. « Je n’ai jamais rêvé du succès. J’ai travaillé pour l’obtenir », déclarait-elle.

MARYLINE LE THEUF

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