Les protocoles de tests à la poursuites des préoccupations actuelles

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Si l’anti-âge reste une thématique persistante, d’autres sujets émergent, révélateurs de l’évolution de la société. Anti-lumière bleue, pollution ou action sur le microbiote sont les nouvelles revendications qui demandent à être prouvées.

Ce sont les nouvelles attentes des consommateurs, et par extensions des laboratoires de tests. Si ceux-ci vont moins vite que les allégations arketing, ils se mettent à la page.
À commencer par la lumière bleue, nouvel ennemi de la beauté. Les écrans, omniprésents, posent de nombreux problèmes sociaux et sanitaires. « La protection contre le spectre solaire complet (UVB, UVA, IR, lumière bleue et lumière visible) génère beaucoup de discussions », selon Anne Sirvent, responsable communication scientifique, R&D de Dermscan. Mais qu’en est-il de la lumière des écrans ? Peuvent-ils influer sur le vieillissement cutané ? « Pas à l’usage que nous en faisons », assure Francis Vial, CEO France de Spincontrol, pour qui l’anti-lumière bleue des écrans serait une revendication marketing plus que scientifique. « L’impact de la lumière bleue sur la rétine provoque un recul de l’endormissement, d’où la fatigue et le teint gris. Mais celle que l’on reçoit devant un écran est 250 fois moins importante que celle de l’extérieur », précise Anne Sirvent. La lumière bleue émise par le soleil serait bien, quant à elle, nocive. CIDP teste différentes sources de lumière et leurs effets. « Celles proches des UVA provoquent de la pigmentaà tion. Celles proches de la lumière des écrans beaucoup moins, mais l’induction de radicaux libres, d’inflammation et de vieillissement cutané est la même », explique Véronique Newton, responsable de l’activité in vitro et ex vivo du CIDP. Résultats que partage Dermscan, qui réalise des tests in vivo : « Les effets de la lumière bleue sont surtout visibles sur les phototypes 4 et plus sur lesquels la pigmentation post-inflammatoire persiste », confirme Anne Sirvent. Marketing ou pas, au vu de ces résultats et des discussions qui agitent le monde scientifique, les formules devraient bientôt intégrer des filtres anti-lumière bleue.

La pollution, vrai problème sanitaire.
Particules fines, métaux lourds, ozone, fumée de cigarette : la pollution mène naturellement à s’interroger sur ses effets sur la peau. Les laboratoires analysent son impact ou l’efficacité des produits en termes de prévention de dépôt. Certains à l’aide de protocoles indoor innovants. C’est le cas de CIDP qui a développé, avec une société américaine spécialisée dans les aérosols et la nébulisation, un appareil de tests permettant d’exposer la peau à des polluants à des taux contrôlés, dans des conditions standardisées, non soumises aux variations que l’on observe en ville. Avec sa Pollubox, procédé exclusif prenant la forme d’une chambre étanche, le laboratoire BIO-EC applique les polluants, séparément ou simultanément, sous forme de nuage sur de la peau humaine maintenue en survie, un modèle d’explant de peau rare. Il peut ainsi vérifier si le produit testé permet de réduire ou d’inhiber complètement l’action des polluants, tout en maîtrisant leur concentration et le temps de contact et sans devoir exposer des volontaires.

Le microbiote cutané, encore confidentiel.
Le microbiote cutané est une préoccupation récente aussi importante que complexe. L’équilibre entre bonnes et mauvaises bactéries, désormais bien connu pour les intestins, révèle au niveau cutané de grandes variations entre les individus et les zones de la peau. Ce que l’on sait, c’est que son déséquilibre joue un rôle dans l’occurrence de pathologies telles que l’eczéma, le psoriasis, la transpiration excessive, les dermites atopiques ou encore les pellicules. Mais il reste difficile de savoir ce qu’est un bon microbiote. Difficile, dans ce cas, d’évaluer un produit censé l’améliorer. Les laboratoires s’attellent donc à analyser dans quelle mesure un microbiote sera modifié ou perturbé au contact d’un produit. Les tests sont principalement réalisés par écouvillonnage. À ce jour, les acteurs de la cosmétique souhaitent revendiquer que leur produit respecte la flore cutanée ou la rétablit. À quand les crèmes de jour aux probiotiques ? « Aux États-Unis, elles existent déjà. En France, où la réglementation limite à 100 UFC par gramme – ndlr : unité pour dénombrer les bactéries vivantes – , c’est inenvisageable. Cela finira par arriver, mais il faudra du temps et soit changer les réglementations, soit la classification des produits », conclut Elian Lati, directeur de BIO-EC.
Quid des autres revendications cosmétiques ? Le haircare prend de l’ampleur depuis environ deux ans et n’est plus réservé aux mastodontes historiques du cheveu. Les demandes explosent auprès des laboratoires de tests, dont une bonne part concernant l’aspect anti-pollution des formules. Tout comme le multilayer : cette tendance visant à raccourcir les gammes et à proposer des produits multifonctions. Les labos testent plusieurs propriétés, les marques retiennent les plus probantes. Enfin, la dimension plaisir du produit prend de plus en plus d’importance dans les claims des marques de cosmétiques, à l’instar de l’alimentaire et du transport.

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