Maisons de composition : Cap sur l’Orient

Pour capter les nouveaux marchés en croissance, les maisons de composition s’installent en Asie et au Moyen-Orient pour servir au plus près les clientèles locales et s’adapter à leurs goûts.

C’est à Singapour que Cosmo Fragrances a installé son dernier site. En janvier, la maison de composition suisse a inauguré une usine (photo) dans la ville de Tuas, comprenant une espace de production de 700 m² : de quoi permettre au fournisseur, qui n’avait jusqu’alors qu’un réseau d’agents et de distributeurs dans cette zone, d’accroître sa présence dans la région. « L’objectif premier de cet investissement est de répondre à la demande des clients internationaux qui souhaitent une production locale pour des raisons de transport et de rapidité. À terme, cette adresse va aussi nous permettre de travailler toute l’Asie, à la manière de notre usine en Floride à partir de laquelle nous desservons tout le continent américain, explique Marc Blaison, vice-président de Cosmo Fragrances. Dans un deuxième temps, nous souhaiterions installer une équipe de développement sur place pour nous adapter aux attentes des consommateurs locaux », poursuit-il.

Il faut dire que le potentiel asiatique, qui est à la taille de sa population toujours en croissance, ne cesse d’intéresser les acteurs du marché. « Dans quinze ans, l’Inde sera le plus gros marché de la parfumerie au monde, pressent Patrice Rouan, directeur général de Technicoflor. En nombre, les Indiens vont dépasser la population chinoise, avec une classe moyenne qui se développe et qui a les moyens. De plus, c’est un pays où il y a une vraie culture du parfum », estime-t-il. Pour l’instant, la maison de composition travaille avec des distributeurs, mais compte s’y implanter localement avec un bureau commercial puis une unité de développement et, in fine, de production. Un investissement dans la lignée de la stratégie de Technicoflor tournée vers l’international, avec 70 % de son chiffre d’affaires issu de l’export. « À l’étranger, on peut avoir des retours assez rapidement sans fournir forcément de gros moyens. Cela nous permet de nous développer plus vite et de nous donner les moyens d’approcher ensuite les clients importants sur le marché européen », explique Patrice Rouan.

C’est aussi pour cette raison que la maison de composition a accentué sa présence à Dubaï en avril avec l’agrandissement de bureaux commerciaux et un centre de développement. L’adresse accueillera d’ici à la fin de l’année un parfumeur pour retravailler les produits déjà existants du catalogue sur place et les adapter à la clientèle moyen-orientale. La nouvelle structure permettra de servir l’Afrique, le proche et le Moyen-Orient. Ce dernier constitue une région-clé pour Technicoflor qui y réalise 17 % de son chiffre d’affaires et connaît une croissance comprise entre 15 et 20 % par an, « supérieure à nos performances en Europe », précise Patrice Rouan. Chez Givaudan aussi, la croissance de sa division Fine fragrances a aussi en grande partie été portée par le Moyen-Orient, grâce à la combinaison de nouveaux clients et d’une hausse des commandes. Pour autant, le Vieux Continent n’est pas en reste. Pour asseoir sa position de challenger en France, Technicoflor a investi 12 millions d’euros dans la construction d’une usine verte à Marseille qui va lui permettre de doubler sa capacité de production. La fin des travaux est prévue pour l’été 2019. La solution ne semble pas résider dans une destination en particulier donc, mais dans la diversification de ses marchés.

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