Le parachèvement s’achève en beauté

Dans la multitude d’offres, les artifi ces ne manquent ni aux parfums ni aux cosmétiques pour se singulariser. Les fournisseurs modernisent leurs lignes pour réduire les délais de fabrication t proposer des solutions plus respectueuses de l’environnement. Bref, le parachèvement est multitendance.

Aujourd’hui, le parachèvement n’est pas seulement un décor du packaging, il est un élément essentiel du mix produit. « La tendance s’est accélérée depuis deux ans, souligne Mélina Weinman, directrice du développement Pochet du Courval. La notion de collection ou le lancement simultané de plusieurs références – donc d’autant de parachèvements différents – a fortement participé à cette accélération. » Louis Vuitton (LVMH) s’est lancé sur le marché du parfum avec pas moins de sept jus en même temps et autant de fl acons colorés. Le parachèvement met aussi en exergue la demande de personnalisation. Il n’est plus rare de proposer à la cliente d’ajouter sa touche via une inscription ou son initiale, par exemple sur un fl acon, un coffret ou un gift, dans les magasins. « Cette demande est d’autant plus importante quand on passe au digital. Les marques et les distributeurs doivent recréer une expérience shopping différenciante et ces questions de parachèvements et de customisations sont parties prenantes de la démarche globale », raconte Céline Pierret, directrice commerciale beauté Cosfi bel. Enfi n, les industriels n’oublient pas les impératifs du time to market. Nombre d’entre eux confi ent travailler à l’automatisation de process de parachèvements, « notamment sur de la maind’oeuvre répétitive », souligne Stanislas Péronnet, directeur général adjoint Cosfi bel. L’objectif, réduire le temps de développement et de production sur des quantités revues à la hausse. Le parachèvement, connu pour être une activité plutôt polluante car gourmande en produits peu recommandables pour la nature, reste au coeur des questions environnementales. Les initiatives sont nombreuses même si leur mise en oeuvre prend du temps. « Les questions écologiques sont toujours un enjeu sur lequel les marques challengent leurs fournisseurs. Wauters n’a jamais attendu les demandes de ses clients, ni les obligations environnementales pour s’améliorer : nous savons travailler sur des étuis éco-conçus imprimés sur le carton bagasse, c’est-à-dire de résidus de cannes à sucre, de lin et de chanvre, explique Frédéric Ansart, directeur commercial Wauters. Nous venons également de mettre en place un partenariat avec le groupe Sun qui fournit des encres bio-sourcées à base végétale que nous testons en ce moment même pour des grands noms de la parfumerie. En fonction des couleurs, le pourcentage de liant bio-sourcé peut atteindre jusqu’à 70 % contre seulement 10 % dans une encre UV classique », se félicite-t-il. Le développement durable sera l’un des prochains défi s des spécialistes du parachèvement.

Le verre se frotte à la métallisation
Les fl ankers et autres déclinaisons ont placé le parachèvement des fl acons de verre en première ligne. « Le brief décor est abordé dès les prémices des projets, confi rme Étienne Gruyez, PDG de Stoelzle Masnières Parfumerie et Stoelzle Masnières Décoration. La complexité du parachèvement n’est en aucun cas développée au détriment du poids de verre, les deux étant complémentaires. » Le laquage et le marquage à chaud ont le vent en poupe avec une forte tendance à la métallisation notamment pour les noms des parfums ou des marques. Par exemple, pour Pure XS [1], Paco Rabanne a opté pour un laquage en dégradé et un marquage à chaud sur les arêtes de son fl acon en verre déjà complexe. « Une technique maîtrisée sur les spiritueux que nous avons déclinée à la parfumerie », se félicite Étienne Gruyez. Autre exemple, pour les sérums antioxydants Capture Youth de Dior [2], Pochet a réalisé une métallisation partielle des épaules du fl acon. « Les avantages sont multiples : cette technique permet de ne pas développer une pièce en plastique additionnelle donc favorise le packaging monomatériau », explique Mélina Weinman. De véritables attentes aux exigences de design, mais aussi aux considérations écologiques. « Le marquage à chaud habituellement réservé aux packagings du soin se développe aussi sur le verre grâce à l’automatisation », ajoute-t-elle. Pour les fournisseurs, les demandes se complexifi ent pour justifi er aussi le prix de vente conseillé. D’ailleurs, l’accessoirisation revient sur le devant de la scène, afi n d’en donner au client pour son argent. À l’image de Twilly d’Hermès ou de Mademoiselle Rochas [3].

Le carton ne manque pas de créativité
Sur les étuis et les coffrets, on peut agréger tout ce qui est connu pour une créativité maximum : contrastes, 3D, les effets n’ont plus de limite. « Il n’y a pas de vraie révolution, mais des évolutions qui montrent que le marché est très créatif », admet Stanislas Péronnet. Sur les coffrets, on observe une premiumisation empruntée au marché des spiritueux. « Nous oeuvrons pour notamment mettre en place des systèmes de collages automatiques », déclare le directeur général adjoint Cosfi bel. Le fournisseur relève aussi une demande croissante d’accessoires comme des pompons, rubans, pop-up ou encore des pièces en métal. Pour le coffret fête des mères 2018 Scandal de Jean Paul Gaultier (Puig), trois patchs accessoirisent la boîte par exemple. « Il y a une forte demande à la valeur ajoutée », souligne Céline Pierret, Concernant les étuis, même tendance. Et Frédéric Ansart d’ajouter : « Les marques de luxe vendent du rêve, il y a une course à la sophistication. Celui-ci se dévoile aussi d’ailleurs dans les détails comme le parachèvement des parties cachées du packaging, c’est le cas de l’étui Gabrielle de Chanel, pour lequel nous avons appliqué sur la face intérieure du carton une dorure sur toute la surface. Sauvage Dior (LVMH) utilise en parachèvement la peinture de tranche, ce qui permet de simuler l’effet d’un carton teinté masse en dissimulant la tranche blanche de l’étui. C’est d’ailleurs une fonction que nous avons automatisée en interne chez Wauters. » Le soft touch a toujours autant de succès à l’image de Luna Rossa Carbon Prada [5] (Puig) pour lequel il a pour objectif de renforcer le noir profond, le densifi er par la matière et donner tout son sens au nom de l’é dition. Pour Jimmy Choo Man Ice [4] (Interparfums), le challenge était d’obtenir un toucher soyeux, doux, pour accompagner le visuel de la peau de python.

Le métal tout en fi nesse
Le métal a le vent en poupe. « Nous avons beaucoup de demandes pour des pièces ajoutées et surtout de la gravure, dit Marc Pivaudran, PDG de g.pivaudran. L’atout du métal : sa capacité à être parachevé avec des coûts maîtrisés. » La fi nesse est rendue possible par le développement de la gravure laser qui permet un souci de détail très important. Les exemples récents ne manquent pas : J’adore L’Or [6] est décoré d’une fi ne chaînette gravée sur la coiffe et la fret. « Ce process a été développé spécifi – quement pour Dior », précise Marc Pivaudran. Toujours de la fi nesse pour le dernier mascara de Chanel, Révolution. Le décor brossé par gravure mécanique a demandé un détail et de la fi nesse extrême pour obtenir un rendu visuel et tactile sur la pièce avec des zones réservées. Sur le métal, l’anodisation est toujours de mise. Elle offre une richesse et de la valorisation grâce à des effets et des teintes très larges. « Cela permet de jouer sur les contrastes et des rendus de surface surprenants », conclut Marc Pivaudran.

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