Philippe D'ORNANO

Philippe d’Ornano, président du directoire de Sisley et digne héritier de son père Hubert, poursuit l’aventure familiale, ouvrant de nouveaux territoires, comme celui du capillaire de luxe avec Hair Rituel.

Passionné par l’écrit, Philippe d’Ornano pensait faire carrière dans la presse. Après des études de droit et d’économie, ainsi qu’un stage dans un journal en Caroline du Nord, il s’apprêtait à aller travailler pour le groupe New York Times à Atlanta lorsqu’un drame familial, la mort de son frère en 1986, le retient à Paris. C’est là, dans une nouvelle entreprise créée il y a moins de dix ans, Sisley, qu’il fait ses « classes » au côté d’un père entrepreneur génial décédé en 2015, Hubert, et d’Isabelle, sa mère, élégante au charme fou et à l’intuition cosmétique rare. « Ce sont eux qui dans les années 1990 ont imaginé une crème antiâge unique, aux actifs suffisamment efficaces pour être un soin complet convenant à toutes les peaux », raconte-t-il. Une promesse que bien d’autres laboratoires ont depuis lors reprise, mais qui fait de Sisleÿa un soin rupturiste au succès jamais démenti. À ces débuts, Philippe d’Ornano sillonne les routes, « 1 500 km par semaine » précise-t-il. Il visite les parfumeries et les villes de France, faisant seulement une pause pour son service militaire comme officier dans l’infanterie, avant de reprendre ses tournées en les élargissant à l’Europe. « C’était une aventure passionnante et la découverte d’un beau métier », se rappelle-t-il. Il comprend ce qu’attendent les clientes de la parfumerie : efficacité, beauté, mais aussi cette confiance en soi qui construit la relation avec les autres. Le challenge est exaltant, construire des filiales, recruter du personnel international professionnel. « Nos équipes, sont très attachées à la marque, à Sisley et les consommatrices le sentent. Et nous sommes très attachés à elles, elles sont formidables », analyse-t-il. Et il n’est pas rare de voir certaines employées partant à la retraite revenir quelques semaines plus tard pour demander à poursuivre une activité à mi-temps !

Conseil et innovation.
La marque, et lui-même, sont des ardents défenseurs du conseil en parfumerie : « La cosmétique haut de gamme a un potentiel énorme pour autant qu’on offre des conseils personnalisés et de qualité sur les points de vente. » Être une entreprise familiale soudée est un véritable avantage, sa soeur Christine rejoint l’entreprise à son tour et Sisley grandit rapidement. « Nous étions cent environ en 1986, aujourd’hui cinq mille personnes travaillent pour nous, avec 92 % de femmes et plus de cent nationalités différentes. C’est un enjeu que de grandir et de conserver l’âme de la maison », explique celui qui est aujourd’hui président du directoire. Les d’Ornano sont personnellement impliqués dans le travail avec leurs chercheurs et leurs équipes marketing. « La haute qualité des produits est la condition sine qua non d’un succès durable, justifie-t-il. Nous bâtissons Sisley sur le long terme, travaillons soigneusement chacune de nos nouveautés et construisons ainsi notre réputation. Nous avons mis dix ans avant de sortir Sisleÿa car nous trouvions toujours des points à améliorer pour obtenir une formule absolument parfaite. C’est notre grande liberté. » Pour lui, « Sisley est toujours une marque jeune et pleine de projets ». En 2018, la marque franchit une nouvelle étape : Hair Rituel by Sisley. Comme toujours, tout est parti de la recherche et du savoirfaire cosmétique. Les laboratoires ont travaillé plus de sept ans sur cette première gamme capillaire pour proposer une ligne très courte de six produits. Le produit vedette, le sérum, a été testé par le Centre Sabouraud à l’Hôpital Saint Louis, à Paris, et les résultats ont confirmé les espérances au point de donner lieu à une publication. « Il est extrêmement efficace, a une très bonne innocuité, et est très agréable et facile d’utilisation », confirme Philippe d’Ornano, qui assure aussi que les premiers résultats sont au rendez-vous.

L’engagement artistique : une tradition familiale.
« Art is a part of the pleasure of life », estime Isabelle d’Ornano, une valeur à laquelle adhère son fils. « Ma mère, pour notre premier parfum, l’Eau du Soir, avait confié à l’artiste Polonais, Bronislaw Krzysztof le dessin du bouchon du flacon, une sculpture représentant un visage de femme. Elle orne tous nos flacons de collection depuis 1998 », raconte-t-il. Aussi lorsque s’est ouvert en janvier 2017 le nouveau siège social de Sisley au Trois Cinq Friedland, à Paris, un superbe les d’Ornano ont voulu y créer un superbe espace culturel. « Nous avons imaginé y faire vivre cet esprit Sisley et partager nos coups de coeur avec un public varié. Nous favorisons des rencontres inédites entre l’art, la culture, exposons des artistes, ou donnons une tribune à de belles causes caritatives soutenues par la Fondation Sisley », ajoute-t-il. Au programme de cette prochaine saison, des conférencesdébats, des projections en avantpremière, des expositions de photo ou de street art. Au milieu de toutes ces activités, Philippe d’Ornano réserve néanmoins une place privilégiée à sa femme, Mina, artiste, metteur en scène et comédienne de théâtre, à ses trois fi lles, et à ses sports préférés : le rugby et le surf.

La défense des entreprises familiales.
Philippe d’Ornano est aussi l’un des fondateurs en 1995 aux côtés d’Yvon Gattaz du METI (Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire), qu’il copréside avec Frédéric Coirier. Ce Mouvement qui rassemble 600 chefs d’entreprise est destiné à promouvoir ces entreprises, essentiellement familiales, qui comptent de 250 salariés à 5 000 salariés. Le METI est à l’origine des Pactes Dutreil en 2002 et de la catégorie ETI en 2008. « En France 18 % seulement des entreprises sont transmises à la génération suivante, c’est trois fois moins qu’en Allemagne, dénonce-t-il. La fi scalité sur le patrimoine a bloqué à partir des années 1980 les transmissions d’entreprises, poussant à la vente de fl eurons le plus souvent à des groupes étrangers. En conséquence, les ETI sont de moins en moins nombreuses en France, 5 800 contre 12 500 en Allemagne. Aujourd’hui la suppression de l’ISF et la baisse des droits sur la transmission d’entreprise vont permettre à ces entreprises familiales de poursuivre leur développement. C’est un objectif essentiel car elles sont une véritable force pour notre pays. Elles portent le made in France à l’instar de Sisley qui fabrique l’essentiel de ses produits à Blois (41). La cosmétique française reste en effet l’un des secteurs où la France est au premier rang mondial. Un vrai motif de fierté. »

SON PARCOURS
1986 Après des études de droit, d’économie et sciences politiques à Paris, il entre dans l’entreprise familiale.
1989 Prend la direction du marché français.
1991 Dirige et développe le marché européen.
2001 Nommé directeur général et poursuit le développement à l’international.
2013 Devient président du directoire de Sisley.

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