Le peel off tombe pile

À base d’alginate ou de polyvinyl alcool les masques peel off, ludiques et sensoriels, ont le vent en poupe. Ils sont parfois pointés du doigt, mais ils sont aussi des soins redoutablement efficaces.

En avril dernier, la Fédération des entreprises de la beauté (Febea) a émis un avertissement à l’encontre des black masks. Provenant pour la plupart d’Asie, ces soins ont rapidement fait le buzz sur Internet : avec sa couleur noire qui donne à son utilisateur des airs de ninja, le black mask promet d’éradiquer tous les points noirs… Tout en causant, selon de nombreux avis d’utilisateurs, irritations et rougeurs. La Febea, qui n’a pas étudié leur composition, pointe toutefois du doigt des étiquettes non conformes à la législation et des incohérences entre la liste des ingrédients et les informations liées à la durée de conservation du produit. L’occasion pour la Fédération de rappeler quelques règles et réflexes à avoir avant d’acheter des produits cosmétiques. Preuve que le peel off est une texture bien délicate à travailler. « Leur spécificité réside dans leur composition à partir de polymères, diluants et gélifiants qui permettent la formation d’un film pelable ergonomique. La complexité de leur formulation réside dans le juste équilibre à trouver entre la formation de ce film et le temps de séchage », explique Emmanuelle Couval, responsable R&D et Technologies Innovantes de Strand Cosmetics Europe. En termes de formulation, il existe deux grandes familles de peel off : les masques à base d’alginate et ceux à base de polyvinyl alcool.

Dérivés principalement des algues rouges reconnues pour leur résistance face au courant marin, les premiers peuvent prétendre à une plus grande naturalité, mais doivent être mélangés à de l’eau avant utilisation. Une étape supplémentaire qui peut aussi être un avantage : « Les alginates ouvrent tout un champ d’actions. On peut par exemple mixer la poudre avec l’eau florale de son choix selon les effets recherchés. Cela correspond bien à une tendance de cosmétique maison », décrit Frédéric Boucly, directeur de la R&D de MS Swiss Cosmetics. Les seconds, quant à eux, permettent de former un film plus fin sur la peau avec des effets immédiats. Ils sont prêts à être utilisés, mais leur pouvoir desquamant peut être aussi plus élevé, ce qui peut causer des sécheresses dans le cas d’applications trop fréquentes.

Usage nomade.

Mais, si le masque peel off est bien formulé, il constitue un soin à l’efficacité redoutable. Outre son aspect ludique, sa texture évolutive accroît les résultats du masque :  « Pendant le processus de gélification, le masque forme un film occlusif et les actifs ont le temps de diffuser dans la peau », explique Mickaël Larnicol, responsable du laboratoire cosmétique de Lessonia. « L’efficacité est réelle sur le plan mécanique. Le pouvoir désincrustant est un résultat que l’on peut constater visuellement. De plus, l’avantage de ces masques, c’est que l’on peut les utiliser n’importe où puisqu’ils ne nécessitent pas de rinçage », complète Florence Lefeuvre, en charge des ventes, du marketing et de la communication d’Alkos. Pour guider le consommateur, il est aussi possible d’ajouter des ingrédients pour lui indiquer lorsque le temps de séchage est écoulé : « Pour faciliter ce contrôle et ajouter un aspect ludique et qualitatif, on peut ajouter des ingrédients colorés dont la teinte et parfois la texture évoluent au fur et à mesure, pour obtenir un effet nacré par exemple », présente Stéphanie Reymond, responsable Marketing opérationnel de Strand Cosmetics. Ce dernier n’est d’ailleurs pas le seul formulateur à rendre le peel off plus sensoriel puisque Alkos a mis au point Peel and Reveal, un soin peel off en deux étapes avec du gel à effet lissant tandis que Lessonia a développé un masque transparent auquel il est possible d’ajouter des inclusions de fleurs.

Facebook
Twitter