Simon Pascual, Pascual Cosmétiques

Spécialiste du pliage de coffrets et d’emballages, le patron de Pascual Cosmetiques a pris un virage vers la formulation du maquillage qui lui réussit.

Habiller un événement pour une agence de communication toujours pressée, fabriquer de la PLV en un temps record, Simon Pascual sait faire. C’est naturellement que celui-ci a proposé ses services aux grandes marques de la beauté pour emballer, conditionner, blisteriser des petites puis des moyennes séries, jusqu’à formuler désormais des produits complets.  

En moins de vingt ans, cette petite main des imprimeurs et agences de pub, qui a notamment fait travailler des détenus, est devenue un façonnier reconnu. Mieux, l’activité initiale, que Simon Pascual a lancée seul à son domicile en 1994, ne représente plus que 15% du chiffre d’affaires (4,8M€ en 2016). C’est son épouse, Véronique Pascual, qui l’a rejoint en 2001, qui a glané les premières commandes des marques de beauté. Un segment qui a constamment progressé, incitant la PME à investir, puis à modifier le nom de l’entreprise, rebaptisée Pascual Cosmétiques. En 2017, elle s’attend à 33% de croissance.

Un virage dans le full service

Venant en appui des marques lors des pics de production, à l’occasion des lancements par exemple, la PME a pris le virage du full-service dans le maquillage en 2014. « Je me suis vite aperçu qu’être sous-traitant capacitaire comportait des risques, énonce Simon Pascual. Mieux vaut être force de propositions que de dépendre des soubresauts du marché. » La PME a donc monté un laboratoire et une ligne de production, investissant dans la foulée 50 000€ dans le matériel et recrutant deux ingénieures. « J’ai rencontré des candidats sur des salons professionnels, quelques jeunes prêts à soulever des montagnes », se souvient-il. Dès l’année suivante, la PME présente trois produits aux salons professionnels Make’Up. « Sur nos trois innovations sélectionnées, l’une est primée à Paris, les trois à New York », raconte Simon Pascual, qui voit ainsi son virage stratégique salué par la profession. « J’ai voulu m’appuyer sur des expertes qui n’étaient pas formatées, et je leur ai laissé des marges de manœuvre », commente le dirigeant. Pascual Cosmétiques renouvelle l’exploit en 2016 à Make’Up in New York avec un gloss translucide qui rosit à l’application, puis à Paris cette année avec une crème poudre pour les lèvres.

Un nouveau site

Pour répondre à cette croissance, l’entreprise composée d’une trentaine de salariés permanents, a emménagé dans une nouvelle usine à Ferrière-en-Brie (Seine-et-Marne). Pascual Cosmétiques a investi 12 M€ pour acheter et aménager un bâtiment industriel de 20000 mètres carrés. Les trois quarts du site sont loués à Eiffage, le propriétaire n’occupant  « que » 5.000 m². « Nous avons pu donner de l’espace à nos lignes de production, et surtout au laboratoire de R&D, qui est passé d’un petit bureau de 12 m² à 50 m² », explique Simon Pascual. Dans l’atelier, une nouvelle ligne de rouges à lèvres à moules souples dispose d’une capacité d’1,8 million de pièces par mois, contre 1 million auparavant. « C’est la première du genre en France. Elle fonctionne en froid négatif et nous l’avons développée avec un fournisseur français, Citus Kalix », clame Simon Pascual, ravi, qui envisage toujours de nouveaux investissements.

Un ancien footballeurCe fils d’une famille modeste d’immigrés espagnols, suit le sports-études football à Troyes, sans devenir professionnel, obtenant un BEP comptabilité en 1982. Il démarre sa vie professionnelle l’année suivante, dans une usine de canapés à Bar-sur-Aube, avant d’intégrer l’armée où il devient pilote de char. En 1984, Simon Pascual passe un concours administratif au sein du ministère de la Justice à Paris, où il va reprendre ses études. En 1986 il obtient le bac en six mois, puis BTS action commerciale, suivi de deux ans à l’école des cadres supérieurs de vente du CNAM. Chassé par une SSII de marketing client, Siletech, il quitte la fonction publique en 1990. Il se lance dans l’entrepreneuriat en 1994, à la suite d’une étude de marché sur les agences de pub.

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