Les acteurs / Saga : jean-Louis Scholler et Olivier Vinot, CED Cosmetics

© Laurent Mayeux

Oh K !, OGX, Formula 10.0.6 ou encore Johnny’s Chop Shop… : ces marques présentes dans les linéaires français ou belges, ont été dénichées par CED Cosmetics. Depuis 2010, cette entreprise fait venir des marques différenciantes en partenariat avec des enseignes.

De l’aménagement sur-mesure de yachts à la distribution de produits cosmétiques, il n’y a qu’un pas ! Ou presque : si Olivier Vinot était jusqu’alors étranger à l’univers des shampooings et des crèmes pour le visage, Jean-Louis Scholler, lui, fait partie du circuit depuis de nombreuses années. L’entrepreneur a en effet fait ses armes chez Guerlain durant dix-sept ans jusqu’à finir à la direction France au début des années 2000. « J’ai toujours eu un projet d’entreprenariat… Mais à chaque fois que je voulais me jeter dans le bain, je recevais de la part de LVMH des propositions que je ne pouvais pas refuser ! », s’amuse-t-il. C’est en 2004 qu’il quitte le groupe et rachète une entreprise lilloise. Un raté dans lequel il laisse « beaucoup de plumes et d’énergie », mais loin de le décourager, l’expérience lui offre de solides enseignements. C’est dans un groupe de travail organisé par le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD) qu’il rencontre quelques années plus tard Olivier Vinot, tout droit venu du monde du yachting donc, qui deviendra son associé dans CED Cosmetics en 2010.

 Tout de suite, le duo a défini les catégories de cosmétiques qu’il ne voulait pas distribuer :  « Pas de maquillage car ce sont des produits trop éphémères et sur lesquels il est difficile de dégager la moindre marge, ni de parfum. Si ce sont des grands noms, il faut généralement investir des fortunes », explique Jean-Louis Scholler. Ainsi, à part Adopt au Benelux, CED Cosmetics ne distribue à ce jour ni de fragrance ni de make-up. Le chef d’entreprise préfère se concentrer sur des produits plus simples et les achats d’impulsion à l’image de la marque coréenne Oh K! aux packagings aussi irrésistibles que régressifs vendus chez Monoprix depuis début 2017. Dans son portefeuille figurent aujourd’hui près de vingt-cinq marques comme les soins pour le visage Formula 10.0.6, les produits dérivés des minéraux de la mer Morte Alma K ou encore la gamme pour homme Johnny’s Chop Shop. Les produits capillaires OGX ont quant à eux représenté un tournant pour l’entreprise : « Grâce à la marque distribuée depuis fin 2014 chez Monoprix, nous avons une croissance de 50% tous les ans », précise le cofondateur de CED Cosmetics qui devrait atteindre les 7M€ de chiffre d’affaires fin 2017.

La clé du succès pour entretenir un portefeuille de marques dans l’air du temps et rentable ?  « Une part d’intuition », estime-t-il. Mais aussi et surtout une question de feeling avec le fournisseur. Enfin, la condition sine qua non que, tel un filet de sécurité, qu’une chaîne majeure accepte de distribuer la marque. Pour dénicher les pépites de demain, le tandem arpente les allées de deux événements incontournables selon eux : Cosmoprof à Bologne et l’ECRM qui organise dans différentes villes des speed-meetings mettant en relation distributeurs et fournisseurs. « En 2018, la tendance sera toujours aux produits coréens. Il y aura aussi une grande part de naturalité ! », prédit Jean-Louis Scholler.

 



 

 



 

Il était une fois ManchesterSi CED Cosmetics gère la distribution de près de vingt-cinq marques en France et en Belgique aujourd’hui, il en est une qui a une place particulière dans le portefeuille du distributeur : la toute première. Celle qui va ouvrir le bal, c’est I Love Cosmetics que Jean-Louis Scholler et Olivier sont allés chercher dans son berceau britannique, à Manchester. « Pour notre premier contrat, c’est la parfumerie Douglas qui avait repéré la marque et avait exprimé son souhait de la distribuer dans ses boutiques », se remémore Jean-Louis Scholler. La marque de soins pour le corps avait à peine un an d’existence à l’époque et n’était distribuée que dans la chaîne de supermarchés Morrisons, alors quand le duo a annoncé que Douglas était intéressé, l’affaire a presque été signée sur le champ !  « Nous n’avons pas eu de mal à obtenir l’accord de distribution, l’idée leur a très vite plu » explique-t-il. La collaboration a pris fin lorsque le groupe allemand a racheté Nocibé en 2014.

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