Dossier olfaction : les notes qui donnent le « la »

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Certaines matières se sont démarquées cette année et offrent de nouvelles directions olfactives aux grandes tendances de la saison.

La note verte

Souvent la note verte se dessine dans une fragrance grâce à la sensation fusante fraîche du galbanum, effet que l’on retrouve par exemple dans Viper Green d’Ex Nihilo. Elle peut aussi prendre un côté délicat floral dans les tons muguet, comme dans l’eau florale de L’Air du Temps de Nina Ricci. Enfin, le plus déconcertant est sûrement l’oriental vert signé Mugler : Aura mêle un départ composé de liane fauve, ingrédient inédit de Firmenich, à une structure gourmande rhubarbe et orientale vanille. De quoi réinventer le genre en lui apportant un twist.

 

L’amande

C’est le fil rouge sur lequel s’appuie la série de la Petite Robe Noire et L’Homme Idéal, tous deux chez Guerlain. L’amande est donc encore présente dans les dernières déclinaisons de ces jus : Black Perfecto pour le premier, Sport pour le second. L’amande permet d’obtenir un aspect addictif gourmand tout en ayant une facette poudrée plus chic :  tout va dépendre de l’intensité choisie. Pour Girl of Now d’Elie Saab, destinée aux millennials, les parfumeurs Dominique Ropion et Sophie Labbé (IFF) poussent le curseur à fond en choisissant pour l’accompagner des notes proches comme la pistache et la fève tonka.

 

La menthe

Associé au citron, c’est le cocktail gagnant de l’année. Un mojito olfactif que l’on retrouve dans de nombreux masculin, surtout les cibles jeunes comme Hugo Iced d’Hugo Boss. Il s’agit la aussi d’une nouvelle façon de renouveler la fraîcheur, sans passer par la case dihydromyrcenol. C’est aussi le cas dans le très éloquent A Men Kryptomint de Thierry Mugler.

 

Le gingembre et la cannelle

Les épices ont le vent en poupe, mais le gingembre se distingue par son utilisation dans certains blockbusters, comme Pure XS de Paco Rabanne ou Only the Brave High de Diesel. Les épices froides permettent de renouveler aussi le thème de la fraîcheur. De l’autre côté du spectre, la cannelle réchauffe instantanément toutes les compositions avec beaucoup de douceur. On la devine par exemple dans l’accord boisé de Bourreau de Fleurs de Serge Lutens.

 

L’ambrette

Un peu vintage, l’ambrette donne un effet alcoolisé et poire à des compositions souvent niche ou voulant sortir des sentiers battus. Une option choisie par Terre de Lumière de L’Occitane qui se revendique comme un gourmand aromatique mis au point par un trio de parfumeurs de Givaudan : Calice Becker, Shyamala Maisondieu et Nadège Le Garlantezec. Les graines d’ambrette y accompagnent le miel de lavande, la fève tonka, les amandes… Même idée chez Byredo et son Velvet Haze : marié à l’eau de coco en tête il est ramené sur terre par du patchouli et du cacao. Des gourmandises d’adulte en somme.

 

Le géranium

C’est une alternative à la rose, surtout dans les masculins. Sa note rosée aromatique est à la mode puisque « des fournisseurs en présentaient des qualités en provenance de Madagascar lors du dernier Simparr », remarque Aurélie Dematons, fondatrice de l’agence Le Musc & la Plume. Dans Savoy Steam de Penhaligon’s, le géranium apporte la touche florale à une composition mixte. De façon plus traditionnelle, il est marié à la lavande et à la sauge dans Wave 2 For Him d’Hollister.

 

La fleur d’oranger

C’est la madeleine de Proust, encore à la mode cette année. Elle se scinde en deux versions, donnant aux colognes une facette florale ou un aspect solaire dans des compositions plus exotiques. Fer de lance de sa nouvelle collection d’extraits de colognes, Néroli Facétie de Roger & Gallet boxe dans la première catégorie avec ses alliances de petit grain et d’immortelle. Entre deux, Sole di Positano de Tom Ford joue aussi sur un départ cologne, mais se teinte rapidement d’ylang. Enfin, inspiration marocaine avec Histoire d’oranger de L’Artisan Parfumeur qui fait cohabiter la fleur d’oranger avec la fève tonka, des muscs et de l’ambrox. 

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