(Tendance Packaging) : parachèvement haute couture

Réussir à gagner du temps en proposant des produits uniques et originaux c’est possible. En intégrant des process, les fournisseurs de packaging promettent aux marques de coller au plus près des tendances.

« Quel que soit le type de décoration, aujourd’hui les marques veulent un résultat rapide. Elles souhaitent des partenaires qui peuvent travailler vite, de manière flexible, offrant des solutions standards et des capacités de décoration intégrées pour singulariser leurs produits », explique Cécile Ghesquière, experte décoration et traitement de surface chez Albéa résume très bien la tendance. La demande croissante des consommateurs pour des articles inédits pousse les marques à imaginer des collections uniques, des séries limitées et toujours plus pour animer leur gamme. Cela passe en partie par la décoration. Le rythme soutenu de collections, que l’on parle de parfum, de maquillage et même de soin, oblige les fournisseurs de packaging à intégrer des solutions de parachèvements. L’objectif : « Réduire le délai de mise sur le marché – le fameux time to market – et surtout bien maîtriser la prestation », insiste Philippe Crau, directeur des opérations industrielles d’Axilone (groupe Iléos). Et Isabelle Lallemant, directrice marketing, Innovation et RSE Groupe Pochet, d’ajouter :  « Pour cela, on travaille plus le parachèvement que le volume structurel en cherchant des techniques classiques sophistiquées par des astuces. » Axilone ou Albéa ont réalisé ces dernières années des investissements de taille dans leur outil de production pour leur permettre d’intégrer un certain nombre de process de parachèvement. Attention, ils n’intègrent pas tout et n’importe quoi.  « Certains, comme pour la galvanisation qui consiste à injecter deux matières, va être soumise à de nouvelles contraintes environnementales donc encore trop aléatoires pour être mises en œuvre dans nos usines », signale Philippe Crau. Pourtant cette technique comme d’autres ont le vent en poupe. Petit tour d’horizon des tendances en matière de customisation.

 

 

Tout ce qui brille

« Les packagings pailletés ont la cote, déclare Cécile Ghesquière (Albéa). L’or et le métal sont des tendances intemporelles. Ils continueront à être synonymes de prestige. » One Million de Paco Rabanne a définitivement démocratisé le bling-bling qui n’a plus de limite. Les techniques sont nombreuses et bien intégrées : la métallisation (sous vide par pulvérisation cathodique) qui confère à l’objet un effet chromé dont l’avantage est sa bonne tenue dans le temps notamment sur un flacon de parfum où le parachèvement peut être altéré par la base alcoolique ; le laquage permet de colorer en partie ou en totalité et même en dégradé et différentes finitions (mat, brillant, etc.). Encore l’anodisation rend possible le traitement de pièces en aluminium. Ces techniques peuvent être réalisées sur des bases en verre pour la parfumerie, en plastique pour le maquillage et même en métal.

 

Comme une seconde peau

« Il y a un énorme engouement pour l’habillage secondaire des flacons notamment, constate Isabelle Lallemant chez Pochet. Cette pièce lui confère une personnalité et même une fonction de protection qui lui donne encore plus de sens. » Nœuds, pièces en textiles comme du ruban ou du simili cuir, breloques en zamak, les réalisations sont nombreuses et particulièrement appréciées des marques couture.  « Nous sourçons et garantissons la qualité de cette seconde peau », insiste Isabelle Lallemant. Le col du parfum Mademoiselle, petite dernière de la famille Rochas, est ceint d’un ruban en satin. Mon Paris Yves Saint Laurent est habillé d’un noeud en dentelle. Ces habits de soirée ne sont pas uniquement réservés aux féminins. Mr Burberry aussi porte un ruban noir comme une cravate de dandy. Diesel Bad est entouré, comme une seconde peau, d’une combinaison de cuir noir. La tendance n’épargne pas le maquillage. Givenchy se laisse toujours séduire par une pièce de textile pour envelopper les fourreaux de ses rouges à lèvres : Rouge Interdit et sa pièce de satin ou Le Rouge et son habit de cuir.

 

Faire dans la dentelle

La gravure laser est dans l’air du temps car elle rend possible l’incision partielle et surtout extrêmement précise de la couche support.  « Cette tendance va perdurer puisqu’elle est associée à d’autres techniques comme la tampographie, la gravure laser qui apporte du relief à un décor personnalisé », explique Philippe Crau, directeur des opérations industrielles d’Axilone. Cette technique nécessite une machine laser robotisée capable de mener à bien ce processus qui reste complexe mais qui offre des perspectives de parachèvement très valorisant. Chanel qui cultive l’art de la précision s’est – en pionnier – emparé de cette technique pour décorer les capots de ses flacons masculins. Le double « C » est ainsi entremêlé et centré à la précision puis tampographié de blanc. Plus récemment, Azzaro a offert à Wanted, une pièce de choix pour son capot en aluminium anodisé. Ici, la gravure est intégrée dans le process d’emboutissage pour encore une fois améliorer le time to market

Tout ce qui brille : visuels groupe 1 : Mascara Albéa, Liner Grandiose Lancome, Touche éclat cushion YSL, parfum BossComme une seconde peau : visuels groupe 2: Mademoiselle Rochas, Mon Paris YSL, Diesel Bad, Mr Burberry, Givenchy le rouge et Rouge InterditFaire dans la dentelle : visuels groupe 3: Chanel capot de Bleu par exemple, Wanted d’Azzaro.

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