Business/ Oscars 2017 : o2 Wall, le tube d’Albéa

Aussi résistant et protecteur que de l’aluminium, esthétique comme du laminé, fruit de cinq années de collaboration avec le groupe L’Oréal, le tube d’Albéa développé pour de la coloration reçoit l’Oscar prestataires 2017 de cosmetiquemag.

Quoi de plus banal pour la consommatrice qu’un tube de coloration ? Et pourquoi donner un Oscar de la rédaction à l’un d’entre eux ? Celui pour lequel nous avons voté, un produit Albéa, a permis en, 2016 de réduire de 136,3 tonnes la consommation de packaging de Casting Crème Gloss (source L’Oréal). Casting Crème Gloss de L’Oréal Paris, puis Nutrisse et 100% Color de Garnier partagent la technologie O2 Wall qui s’étend peu à peu dans le monde entier. « Nous travaillons avec L’Oréal depuis plus de trente ans. Nous avons l’habitude de réfléchir conjointement sur le développement de packagings de maquillage, de pompes et de tubes, rappelle François Luscan, Président et CEO d’Albéa. Le numéro un de la beauté challenge toujours beaucoup ses fournisseurs. Et là, nous sommes allés encore plus loin. » Le défi était de taille : créer un tube à la fois esthétique c’est-à-dire offrant des possibilités de décorations infinies comme le laminé et résistant, protecteur comme l’aluminium pour faire un effet barrière à la coloration sensible à l’oxydation. Le tout avec une empreinte carbone la plus faible possible (en l’occurrence inférieur à 80%; 5 g de matière en moins par tube). « Imaginé avant même Sharing Beauty with All, ce tube s’inscrit parfaitement dans les objectifs de ce programme avec une meilleure empreinte environnementale due notamment à une moindre consommation d’énergie à la fabrication, précise Philippe Thuvien, directeur Packaging et Développement de L’Oréal. Par ailleurs, en étant laminé, ce tube n’a pas besoin d’être verni à l’intérieur pour protéger la formule. C’est un vrai plus. Enfin, il apporte un bénéfice au consommateur : un tube plus souple avec des décors plus attractifs. » Ce nouveau pack laminé, objet de brevets Albéa et L’Oréal, protège intégralement la formule depuis la tête (membrane de protection) jusqu’à la soudure. « Pour réaliser un tel codéveloppement, il faut un fournisseur qui a la volonté et les ressources pour une aventure à long terme. On rencontre forcément des difficultés, il y a des moments de doute… La confiance réciproque est impérative », reconnaît Philippe Thuvien.

 

L’industrie 4.0.

O2 Wall est bien plus qu’une prouesse technique. Il illustre les nouveaux rapports entre les marques et les fournisseurs. « Il y a d’autres groupes cosmétiques avec qui nous nouons des partenariats, déclare François Luscan, nous avons traversé une période très dure durant laquelle la pression des marques sur les prix était forte. Elle existe toujours, mais de plus en plus de clients considèrent maintenant qu’elle est loin d’être une fin en soi. Il y a aujourd’hui un éco-système plus favorable à la réussite de chacun. Ainsi, nous signons des contrats sur plusieurs années que nous n’avions que rarement fait depuis trente ans. » Cette collaboration n’est pas sans conséquence sur le modèle industriel du spécialiste du packaging. « Il faut être capable de proposer du standard et du sur-mesure, des grandes comme des petites séries, être innovant, dans des délais toujours plus courts. Nous faisons énormément de progrés, c’est un vrai défi », poursuit-il. Cette évolution oblige en effet des moyens de production flexibles, agiles, rapides. La plupart des groupes de packagings sont aujourd’hui confrontés à cette évolution vers l’industrie 4.0. « Nous avons un programme d’automatisation. Nous travaillons sur des moules modulaires, des systèmes intelligents de vérification et de conditionnement des produits, cite François Luscan. En trente ans, les métiers de designer, de technicien… ont beaucoup évolué. Nous voyons les usines autrement. De plus en plus de nos clients ont besoin d’accélérer leurs développements et d’augmenter la réactivité de leurs approvisionnements. La proximité entre nos usines et les leurs, partout où ils en ont besoin, peut y contribuer. C’est un enjeu auquel nous pouvons répondre grâce à notre réseau mondial de 38 sites dans quinze pays. C’est ce que nous appelons « Made here. Made responsibly ». Il faut regarder le coût du transport. Quand tout le monde faisait du pack en Asie, nous avons tenu bon en maintenant des sites industriels en France et en Europe tout en développant notre plateforme en Chine pour servir aussi le marché local. » En Bretagne, le site de Plouhinec est l’une des rares unités de production de tubes de rouges à lèvres de l’Hexagone automatisée rapidement, précise François Luscan, « Dans le tube, la fabrication est vraiment locale. En Slovaquie, nous avons même une usine wall to wall – accolée – à celle de l’un de nos clients. Notre priorité : aider nos clients à aller plus vite. » Cela passe aussi par le full service. Le groupe qui a des accords avec des formulateurs, veut là aussi monter en puissance. « Nous voulons devenir un acteur reconnu sur le full service, comme sur les systèmes de distribution (pompes), les tubes et les packagings rigides (compacts, rouges à lèvres, mascaras…). » Un refinancement de 816 M$ a été réalisé en avril dernier par Sun Capital. Ce fonds américain qui à défaut de vendre sa participation, décide d’ouvrir des usines en France.

Exergue :Albéa figure dans le top 50 français des entreprises déposant des brevets.    François Luscan, un spécialiste du packIl a commencé sa carrière à la R&D du groupe alors Pechiney, en 1985. Quatre ans après, il rejoint la branche Emballages tubes, Cebal comme responsable de la production à l’usine de Vienne-le-Château. En 1999, il est nommé directeur général des aérosols de Cebal. En 2004, après l’acquisition de Pechiney par Alcan (lui-même revendu à Rio Tinto en 2007), il est chargé de l’intégration de toutes les activité emballages cosmétiques pour créer Alcan Packaging Beauty. C’est lui qui gère l’acquisition par Sun Capital en 2010 et la transformation en Albéa. Depuis ce pilote qui sait résister aux tempêtes du changement, a racheté Betts (2010), Eyelematic (2011), Tex China (2012), les tubes Scandolara Tub-Est sro (2016). Les chiffres clés1,4 Md$ : C.A. 2016 de Albéa à +2,7% en comparable40% : la part des tubes, spécialité de l’entreprise depuis 195635% : poids des packagings maquillagen°1 des pompes parfums en sélectif et des mousses, n°3 dans les pompes pour les soins (objectif devenir numéro deux)Inférieur à 100 M$ : chiffre d’affaires de l’activité Beauty Solutions (comprenant le full service).15 000 : le nombre de salariés dans le monde(Source Albéa)

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