Puig, objectif 2 milliards d’euros

© Toni Mateu / puig

Cette année consacre le plan à trois ans du groupe espagnol avec un objectif ambitieux de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Alors que se prépare notamment la relance de Jean Paul Gaultier, Marc Puig, son CEO confirme cette ambition.

L’année commence bien pour Puig avec un premier trimestre dont la croissance se monte à 13 %. Si celle-ci se maintient à ce rythme annuel, l’entreprise atteindra ces fameux 2 milliards d’euros, objectif fixé en 2014, lors du centenaire de l’entreprise qui affichait alors un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros. Cette hausse doit donc être supérieure à celle de 2016 même si l’année dernière, l’entreprise espagnole a fait mieux qu’un marché à environ plus 3%. Avec un chiffre d’affaires de 1,79 milliard d’euros réalisé à 44 % dans les pays émergents, elle a en effet progressé de 9 % et de 5 % à périmètre comparable et taux de change constants avec un bénéfice avant impôts de 215 millions d’euros (+19 %) et un résultat net de 155 millions à 23 %. « Nous cueillons les fruits des efforts réalisés depuis deux ans », assure Marc Puig.  « Nous avons parié sur les pays émergents il y a une dizaine d’années car nous pensions que la croissance passerait par là. Ainsi notre pénétration en Amérique latine avec des marques comme Carolina Herrera, Paco Rabanne ou Antonio Bandera est relativement forte par rapport à nos concurrents. » ajoute-t-il.

2017 est une année aux lourds enjeux, notamment pour les marques dont Puig possède également la couture. En effet Puig relance Jean Paul Gaultier dont il a acheté la mode en 2011 et repris les parfums en direct en 2016. Après avoir nettoyé le portefeuille de la marque en ne gardant que le Mâle et le Classique, l’entreprise lance son nouveau grand féminin après avoir travaillé avec le couturier qui joue de son image de mauvais garçon.  « Un projet qui ne laissera personne indifférent », assure son patron, mais qui arrive dans une année record en lancements féminins (Guerlain, Chanel, Hermès…). Autre projet majeur, Paco Rabanne qui « continue à attirer les jeunes en maintenant cette capacité à être excitant ». Par ailleurs, Carolina Herrera peut se féliciter d’avoir réalisé en 2016 avec Good Girl, son meilleur lancement en Espagne depuis dix ans selon NPD. Depuis la reprise en 2015 de Penhaligon’s, la plus établie de ces deux marques, et L’Artisan Parfumeur, une des spécificités de Puig est de couvrir l’ensemble de l’offre, du masstige à la niche. Cette dernière était aussi un nouveau métier pour l’entreprise et qui lui réussit. « Nous sommes satisfaits de leur évolution. Au premier trimestre, elles font mieux que la croissance de Puig », conclut le CEO.

Les incursions américainesEn 2016, Puig a réalisé deux acquisitions, plus précisément des prises de participation minoritaires et inattendues. La première est EB Florals, jeune marque de niche encore à ses débuts et créée par Eric Buterbaugh, fleuriste à Los Angeles. « Nous allons l’aider à se développer », assure Marc Puig. La seconde est la brésilienne Granado. « Nous croyons au potentiel de l’Amérique latine et nous pouvons aider à son développement parfum et hors du Brésil », ajoute le CEO. Cette marque historique, en son temps fournisseur de la famille impériale, gère en direct une cinquantaine de points de vente, une activité nouvelle pour Puig qui en est encore à ses débuts dans ce domaine avec Penhaligon’s et L’Artisan Parfumeur. Granado possède également Phebo, champion local de la cologne.

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