PACKAGING : les fournisseurs restent confiants

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Réunis au salon Luxe Pack, les professionnels du packaging de luxe n’ont pas cédé à la morosité. Même si la tendance est à la baisse des marges, et au ralentissement des ventes de parfums.

L’édition 2016 du salon Luxe Pack s’est déroulée dans une ambiance mi-figue, mi-raisin. Si les fournisseurs de packaging pour le maquillage se félicitaient d’une année positive grâce à l’accroissement des ventes de make-up, et la multiplication des marques ayant recours au full service, les verriers s’inquiétaient d’un recul du marché du parfum dans le monde. Les lancements de fragrances sont nombreux, mais leur durée de vie continue à être très courte. Rien à voir avec les soins, qui eux s’inscrivent dans le temps et constituent des commandes plus stables pour les spécialistes de ces emballages notamment les verriers.

 

 

Ilan Schinazi, CEO Cosfibel Premium: vers un développement des projets sociétaux

« L’année 2017 s’annonce bien. Nous envisageons une progression de 10 % de notre chiffre d’affaires (C.A. 2016 : 75 millions d’euros). Nous connaissons une croissance à l’international notamment aux États-Unis où la conjoncture économique est meilleure. Par ailleurs, nous avons diversifié notre activité en mettant l’accent sur des marques plus orientées maquillage, segment en progression. Nous avons développé des trousses et des accessoires (pinceaux, miroirs…). Nous avons aussi lancé des coffrets connectés pour répondre à la demande des jeunes consommateurs. Toujours pour répondre à ces millennials, nous multiplions les packagings naturels. Nos clients nous demandent de travailler sur des projets sociétaux. Comme nous l’avons fait sur une offre de coffret Noël 2016 Lancôme avec une ONG d’Asie. Sinon le groupe collabore de plus en plus avec des usines situées au nord de la Chine pour réduire la migration de la main d’œuvre féminine obligée de quitter son foyer pour rejoindre le sud du pays, où sont concentrées la plupart des industries. »

 

Tristan Farabet, directeur général de Groupe Pochet : investissement massif sur les savoir-faire

« Notre enjeu est de devenir la meilleur société mondiale du packaging pour le parfum et la beauté sur des marchés, notamment les fragrances qui progressent moins vite. Pour ce faire, nous nous appuyons sur quatre axes : allier les savoir-faire, innover, accompagner la croissance de nos clients dans le monde, être un partenaire responsable. En ce qui concerne le premier point, 2016 a été la plus grosse année d’investissements depuis 1971, centrés sur le renforcement de nos capacités de production avec l’inauguration d’une nouvelle ligne de galvanoplastie à l’usine Auriplast et la rénovation du Four 4 à Guimerville (76). Pour suivre nos clients à l’international, nous avons investi 10 millions d’euros pour remettre aux normes un site Qualipac en Chine. Au Brésil, nous faisons construire une unité de production au nord de São Paulo (20 millions d’euros). Elle réunira entre autres les activités de Qualipac do Brasil et de Solev do Brasil, sous le nom unique de Pochet Brasil. Elle sera livrée au troisième trimestre 2017. Dans le pays, nous sommes leaders sur le packaging maquillage. En matière d’innovation, nous avons mis en place des solutions par exemple pour réduire les délais de fabrication. Nous devons aussi allier excellence et responsabilité. Nous venons d’ouvrir une plateforme RSE. »

 

Pierre-Antoine Henry, global director business development & full service Texen-PSB Industries : des solutions clés en main

« Le marché change drastiquement. La révolution numérique a permis à des petites marques d’avoir accès très vite à un marché global. Les barrières à l’entrée sont tombées. Avant, entre l’idée et la mise sur le marché du produit fini, il fallait vingt-quatre mois à trente-six mois. Aujourd’hui il faut de six  à neuf mois à ces nouvelles marques dynamiques. Elles développent le marketing et font appel à des partenaires en formulation et en packaging. Elles peuvent donc agir plus rapidement qu’une société qui doit planifier sa production dans ses usines. Grâce au savoir-faire de Topline Products – repris début 2016 –, nous pouvons élargir le champ d’action de Texen au full service. Le Texen Lab créé en 2013, jusqu’alors très orienté solutions technologiques sur nos compétences, sera aussi une force de propositions de produits finis aux marques. Pour accompagner ce nouvel élan, nous nous sommes entourés d’experts du métier comme Daniel Saclier, ex-directeur des achats et du développement de la maison Guerlain (Parfums et Cosmétiques, Groupe LVMH), et Michel Limongi, architecte designer beauté (ex-directeur de création de Lancôme et Alcan Packaging Beauty). »

 

François-Xavier Chéru, directeur commercial Verreries Brosse (groupe Zignago Vetro) : miser aussi sur les soins

« L’année 2017 s’annonce similaire à 2016. Les résultats entre les clients (les marques, NDLR) sont assez disparates. En règle générale, ils préfèrent capitaliser sur leurs produits piliers que lancer une vraie création. Nous misons beaucoup sur la cosmétique car le segment est plus stable en volume, la durée de vie du packaging est plus longue. Alors que sur les parfums, les lancements sont nombreux, mais très peu arrivent à s’installer durablement sur le marché. »

 

Jean-Marc Bodineau, responsable de marchés Nortier Emballages : relancer les réassorts

« Le marché est variable notamment en parfums. Certaines marques connaissent une augmentation en volume car elles viennent d’être rachetées par un groupe et cela leur ouvre des perspectives de déploiement. D’autres s’essoufflent faute de moyens financiers. Il y a encore beaucoup de lancements, mais très peu durent. Ce n’est pas l’idéal pour les fournisseurs. Nous comptons beaucoup sur le réassort. »

 

Jonathan Mihy, président-fondateur de MR Cartonnage Numérique : investir dans des machines

« La société que j’ai lancée en 2009 dans l’impression numérique d’étuis carton en petites séries – moins de 30 000 exemplaires pour les cosmétiques – terminera l’année 2016 sur un chiffre d’affaires de 3,6 millions d’euros dont 92 % réalisés pour le marché de la beauté. Depuis que nous avons acquis une nouvelle machine HP 30 000 à 1,6 million d’euros et avons fait entrer dans notre capital Bpifrance, nous pouvons imprimer de plus grandes boîtes. Cet investissement nous a aussi permis d’être plus productif et réactif : nous faisons 65 % de maquettes (étape préalable à la production en plus grande quantité confiée cette fois à une autre prestataire, NDLR) et 35 % de productions d’étuis en petite série. En octobre, nous avons investi dans une imprimante 3D particulièrement indispensable à la production des étuis avec vernis sélectif. »

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