Kenzo, poétique féminine

Depuis 1988, la marque luxueuse et cool (entrée dans le giron LVMH en 1993) a construit pas à pas l’image d’une féminité naturelle, heureuse et bariolée, teintée de poésie urbaine.

 

1996 : L’EAU PAR KENZO

Ce floral aquatique, signé Olivier Cresp (Firmenich), prend le contre-pied des eaux traditionnels (plus hespéridées). L’eau n’ayant pas de couleur, Kenzo Takaga imagine une eau tout en couleur qui aurait charrié des fruits, des fleurs, de la fraicheur et du bonheur. Ici, la sensualité de la fleur de lotus blanc se marie à merveille à une pêche juteuse pour donner naissance à une eau fraîche et sensuelle à la fois. Le flacon, Bloc d’Eau Vivante, est signé par le designer Fabien Baron : il épouse la version masculine à la perfection.

 

1996 : KENZO JUNGLE (L’ÉLÉPHANT)

Souvenez-vous de cette femme aux traits asiatiques et aux cheveux blonds. Souvenez-vous de ces éléphants dorés lâchés dans une cyber-nature… Surprenante et audacieuse cette jungle d’épices (cardamome en surdose, cumin, clou de girofle) sur un lit crémeux imaginée par Dominique Ropion (IFF) ! Un oriental-épicé au caractère bien trempé, sensuel et gourmand, où l’ylang côtoie le réglisse, la mangue et l’héliotrope qui se démarque immédiatement sur un marché qui privilégie toujours la sagesse.

 

2000 : FLOWER BY KENZO

Un jus poétique, abstrait, qui fait penser au baiser d’une grand-mère qui laisse sur la joue un peu de sa poudre à maquillage. Ce floral-poudré est construit par Alberto Morillas (Firmenich) autour de la violette de Parme (l’effet poudré!) baignée de muscs et d’amande vanillée. L’idée géniale : imaginer une odeur qui n’existe pas, une interprétation du coquelicot, une fleur qui ne sent rien et qui meurt dès qu’on a le malheur de la cueillir. Le flacon : un vase soliflore sculpté par Serge Mansau resté comme l’un des plus célèbres de l’histoire de la parfumerie.

 

2006 : KENZO AMOUR

Inspiré des sensations du voyage amoureux en Asie, ce floral-fruité joue une partition de sensualité douce et gaie (morceau de l’ADN de la marque). Il fait la part belle aux effluves de riz, de fleur de cerisier et de frangipanier, de thé blanc et de vanille. Quant au flacon (rose, blanc ou orange au choix) à la douce verticalité signé Karim Rashid, il évoque pour les uns les bouteilles de saké et pour les autres un élégant oiseau stylisé (celui de Brancusi ?). 

 

2016 : KENZO WORLD

La maison parisienne n’avait plus lancé de « vrai » nouveau parfum féminin depuis Kenzo Amour en 2006. Carol Lim et Humberto Leon, les nouveaux directeurs artistiques américains ont choisi de revenir aux racines de la marque avec ce flacon qui joue sur le motif de l’œil, icône de la maison. Le nez Francis Kurkdjian (pour Takasago) a composé un jus très pop et plein de peps : un bouquet de fleurs abstraites (pivoine-jasmin d’Egypte) baigné d’ambroxan, qui fait écho à la formule de Ça Sent Beau, tout premier parfum de la maison.

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