Bien s’alimenter l’hiver

©Mélanie Masson/Lila Pik

Changer son alimentation en hiver n’est pas nécessaire. Comme le reste de l’année, il faut privilégier la diversité, la juste répartition des lipides-protéines, tout en n’omettant pas de consommer légumes et fruits de saison.

1 Stop aux a priori. Encore bien ancrée dans les esprits, manger plus l’hiver est une croyance populaire qui prend sa source dans des temps immémoriaux, lorsque les hommes des cavernes ne connaissaient pas le feu. Pour se prémunir du froid, manger et s’engraisser était une simple technique de survie. Le corps luttait contre le froid permanent en puisant dans les réserves de lipides (graisses), produisant alors du glucose (mécanisme de néoglucogenèse) qui se transformait en chaleur et maintenait donc la température corporelle du corps à 37°C. Mais nous ne sommes plus à l’âge de pierre ! Habitations, lieux de travail, moyens de transport… sont chauffés. Les vêtements sont performants, même par très grand froid. Donc il n’y a aucune raison logique à ce que vos apports en calories augmentent.

 

2 Privilégier la vitamine C. Lorsqu’il fait froid, les gens se regroupent dans des espaces clos et les virus se transmettent plus facilement. Se prémunir des rhumes est possible, en favorisant une alimentation riche en vitamines C : oranges, clémentines, mandarines, pamplemousses. « Alors qu’en hiver les envies se portent plus sur le duo pommes de terre-reblochon, sourit Damien Galtier, nutritionniste et diététicien(*). Les choux sont intéressants également car ce sont d’excellents antioxydants. Beaucoup de gens n’en mangent pas car ils sont effrayés par les désordres digestifs. Mais si les choux sont bien cuits, ils ne fermentent pas dans les intestins ! N’oubliez pas non plus les potirons et courges, riches en oligoéléments. »

 

3 Noix, noisettes, amandes, pistaches, pignons, noix de cajou. Ces fruits à coque sont riches en graisses mono et polyinsaturées qui diminuent le taux de cholestérol. Riches également en fibres, en consommer pour se caler donc très vite. Il ne s’agit pas de les acheter grillées et salées (alors ultra-caloriques), mais natures, tout simplement. En avoir une dizaine sous la main est un parfait en-cas, qui vous rassasiera vraiment si vous n’avez ni vraie pause déjeuner ni horaires fixes. Une poignée de noix (50 g) apporte plus d’oméga 3 que l’équivalent en poissons des mers froides (sardines, maquereaux, anchois ou harengs). Si vous n’avez pas envie de les consommer nature, mettez-les dans une salade ou dans un yaourt. L’idée est de varier, de mixer. « Sinon, on absorbe toujours les mêmes vitamines. »

 

4 Boire est essentiel. L’hiver, le corps a aussi besoin d’éléments liquides. L’oublier engendre vite maux de tête et fatigue. D’autant que dans un endroit surchauffé comme l’est parfois un magasin, la déshydratation peut guetter plus vite que l’on ne l’imagine. « Boire des infusions, du thé, un potage de légumes de saison ou un bouillon est essentiel, rappelle Damien Galtier. Préparez-vous une thermos. Si votre corps est sensible au phénomène des jambes lourdes, misez sur les infusions drainantes, type vigne rouge qui favorisent le retour veineux. » Pour celles qui ont de veines abimées, la phytothérapie et l’ingestion de marron d’Inde en gélules complètera l’action de la vigne rouge.

 

5 Restauration rapide. Si vous pouvez préparer un bento chez vous, les conseils de diététique sont simples : protéines, féculents et légumes également répartis. Les légumes de saison sont excellents : carottes, endives, courges… Si vous mangez à la cantine, privilégiez les assiettes sans sauce. « Et si vous vous nourrissez de sandwichs, alors variez les pains, conclut Damien Galtier. Blanc, complet, avec des graines de pavot, wrap… L’idée est de diversifier et surtout de privilégier la couleur dans le sandwich, vert de la salade, orange de la carotte, rouge de la tomate ».

Il déconseille les plats préparés « trop salés. Lisez les étiquettes, valorisez les plats qui ont un taux de protéines élevé. Les végétariennes associeront légumineuses et féculents : lentilles et riz, pois chiche et coucous, maïs et haricots rouges pour pallier l’absence de viande. »

(*) Auteur de nombreux ouvrages, dont Maigrir pour les Nuls, Maigrir en Famille, Mes recettes anti-inflammatoires…

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