Saga : giorgos Korres

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Doubler les ventes d’ici à cinq ans, tel est l’objectif de Giorgos Korres, pharmacien grec, fondateur de la marque éponyme, qui mise sur un développement international.

Malgré ses 20 printemps, la marque Korres (C.A. 2015 total : 54,5 M € ; + 8%) est encore en phase de décollage. Son fondateur, Giorgos Korres, 47 ans, estime que le plus difficile est derrière lui. Sa marge de manœuvre notamment à l’étranger est importante. Puisque la marque grecque présente dans une trentaine de pays (Chine, Corée, Brésil, Afrique du Sud, Russie…) y réalise 46 % de ses ventes. Il a donc l’international en ligne de mire avec comme bagages des cosmétiques naturels. Les herbes aromatiques et les plantes médicinales grecques, Giorgos Korres est tombé dedans petit grâce à une maman pharmacienne et un grand-père adepte de remèdes naturels. Devenu à son tour pharmacien-homéopathe et propriétaire de son officine en 1996, il bannit les composants de synthèse de ses préparations. Cela tombe bien, la Grèce, berceau de la médecine, regorge de plus de 6 500 variétés de plantes naturelles, les mêmes qu’à l’époque antique. « Le bouche à oreilles fonctionne, raconte Georges Bakas, directeur général de Korres en France et proche du fondateur, les clients sont réceptifs. Leurs critiques sur l’odeur, la texture, l’efficacité ou l’innocuité des produits testés servent de curseur pour les améliorer. Et d’insister : « Ce lien avec les clients, c’est l’atome qui a créé la fusion nucléaire ». Le pari est alors de développer à grande échelle les produits concoctés individuellement. Si bien que tout est investi dans l’usine. La complice et compagne de Giorgos Korres, Lena – chimiste – l’aide depuis le début à maîtriser de bout en bout les actifs des plantes médicinales ainsi que leurs différents processus d’extraction. La R & D pèse aujourd’hui 7 % à 10 % des investissements. In fine c’est ce cocktail de quatre différentes sources d’ingrédients naturels – des espèces protégées cultivées à l’identique par des ingénieurs agronomes de Korres dans ses propres champs, des plantes médicinales fournies par des coopératives agricoles, des extraits végétaux (thym, huile d’olive, sauge…) et même des ingrédients alimentaires comme le yaourt grec – qui constituent la base et la force des produits Korres. Sa marque de fabrique repose aussi sur la formula fact, liste des composants utilisés ou bannis, mentionnée sur le packaging des quelques 400 références du catalogue. En pratiquant une telle intégration verticale des procédés de fabrication, Korres réduit ses coûts. Dès 2000, sa réputation grandit en Grèce. Puis l’aventure internationale démarre au gré de rencontres fortuites. Aux États-Unis, puis à Londres avec l’installation de la première boutique en 2002. « La stratégie de distribution est d’ouvrir un point de vente permettant ainsi de communiquer et d’ajuster le catalogue à la clientèle locale. Ensuite, la voie royale, c’est la pharmacie », indique Georges Bakas. L’arrivée en France, pays stratégique est plus tardive, en 2008. « Il fallait qu’on teste, qu’on valide tous nos procédés sur d’autres marchés », ajoute-t-il. Résultat, trois boutiques : Clermont-Ferrand, Paris et Perpignan, un partenariat avec Monoprix, une diffusion au Bon Marché et dans 160 pharmacies via le groupement Giphar et le réseau Pharmavie. Objectif, atteindre les 800 à 1 500 pharmacies au maximum. 

Son parcoursÉtudiant en pharmacie, Giorgos Korres effectue son stage dans une officine du quartier de Pangrati, à Athènes, qu’il a l’opportunité d’acquérir en 1992. Peu à peu, il achète des bureaux autour de la pharmacie pour y installer ses équipes et son laboratoire. Puis il tisse des liens avec des coopératives agricoles et associations de producteurs bio. Président du directoire de son groupe, avec 44 % du capital (37 % en Bourse et 19 % détenus par l’entreprise chypriote Arneta Ltd et la société grecque d’investissement Damma Holdings), il continue d’incarner sa marque.

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