Influenceurs : selectionnist, l’achat flash

©Adrien Levinger

Né en 2014 et enrichi d’une appli mobile en 2015, Selectionnist permet d’acheter des produits cités figurant dans les magazines, catalogues, flyers grâce à un ingénieux logiciel de reconnaissance visuelle.

Le « Shazam des magazines »

 

Lorsque Selectionnist se lance en 2014, elle est très vite qualifiée de « Shazam de la mode », en référence au très populaire logicielle de reconnaissance musicale. Un compliment auquel Tatiana Jama, cofondatrice, tient à préciser : « On ne va pas reconnaître un vêtement dans la rue, on préfère plutôt être appelé le Shazam de l’image ou des magazines ! ». Le concept : flasher la page d’un magazine, d’un catalogue ou encore d’un flyer pour que l’appli la reconnaisse aussitôt et fournisse un lien pour acheter les produits présentés. Une prouesse technique rendue possible, sans QR Code souvent inesthétique, grâce à une technologie, entre reconnaissance et tagging, codéveloppée avec l’Inria – Institut national de recherche en informatique et en automatique – de Grenoble.

 

De lectrice à consommatrice 

 

« Avant, on déchirait la page ou on la prenait en photo quand on voulait se rappeler d’un produit qui nous plaisait », raconte Tatiana Jama. L’idée, c’est donc de prendre une image a priori figée pour la rendre intelligente et de faciliter ainsi l’acte d’achat. Un coup de pouce aux lectrices, donc, mais pas que : convaincue que la presse papier reste un média prescripteur, Selectionnist pourrait en effet dynamiser à son échelle un marché qui a besoin d’être digitalisé. Aujourd’hui, la start-up collabore avec une trentaine de magazines féminins et reconnaît les produits de cinq univers différents : mode, beauté, déco, lifestyle et enfants. « Pour l’instant, on se concentre sur ces secteurs, mais nous nous intéressons aussi à la presse masculine », précise-t-elle.

 

Data précieuse pour les marques

 

En parallèle de l’appli de reconnaissance visuelle, Selectionnist, c’est aussi un logiciel nommé Spotted. C’est d’ailleurs le mode de rémunération de la start-up qui précise ne toucher aucun pourcentage sur les ventes générées. « La plateforme permet aux marques d’obtenir de nombreuses informations à partir des magazines comme les produits qui ont généré des ventes et le nombre de fois où tel lancement a été cité. Le but est de viraliser un média traditionnel assez statique », explique Tatiana Jama. À la fois B2B et B2C, Selectionnist permet ainsi d’amplifier une parution et de collecter presque autant d’informations que pour un article paru sur Internet.

 

Un duo d’entrepreneuses

 

Avocates de formation, Tatiana Jama et Lara Rouyrès se sont rencontrées à HEC en 2008. L’année suivante, les deux jeunes femmes lançaient Dealissime devenu par la suite LivingSocial, un site de bons plans éphémères spécialisés dans le haut de gamme qu’elles ont revendu en 2011. « Après avoir monté notre première entreprise avec Lara, nous étions frustrées du manque de data et d’information en temps réel », précise Tatiana Jama. Le duo lance alors Selectionnist sur Internet en 2014. En 2015, la start-up lève deux millions d’euros auprès d’Elaia Partners et Conegliano Venture pour développer leur appli mobile de reconnaissance visuelle. Elle emploie en 2016 une dizaine de personnes.

Chiffre :300 000 utilisateurs ont déjà réalisé plus d’un million de flashs avec l’appli mobile de Selectionnist.

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