Déjouer la crise ou les formules gagnantes

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Depuis des années, on annonce l’explosion des activités liées au bien-être de la personne. Pourtant, ce boom des services se fait attendre dans les instituts-spas et salons de coiffure. 5 660 centres de beauté ont déposé le bilan ces trois dernières années, selon la Cnep (Confédération nationale de l’esthétique parfumerie). La situation n’est pas meilleure du côté des coiffeurs dont le volume d’affaires a reculé de 1,1 % en 2015 (source fabricants). Certes, le contexte économique oblige les Français à faire des arbitrages budgétaires. Mais les soins esthétiques et la coiffure font encore partie de ces plaisirs qu’ils ne sont pas tous prêts à sacrifier. La cause de cette baisse du marché est principalement structurelle. Le numérique précipite «la chute d’un pan entier de la structure traditionnelle composée d’instituts avec une seule esthéticienne», regrette Régine Ferrère, présidente de la Cnep, qui constate néanmoins «qu’il y a toujours autant d’entreprises.» Certaines ont réussi à se maintenir grâce à un mode de distribution bien rôdée, la franchise (Esthetic Center, Body Minute, Citron Vert, Carlance…). Ces chaînes continuent d’avancer leurs pions et de développer leur business, au point d’intéresser d’autres intervenants comme Beauty Success (C.A. TTC 2015 : 250 M€), premier franchiseur de la parfumerie qui a repris le réseau Esthetic Center. Dans la coiffure (90 % d’indépendants pesant 65 % du chiffre d’affaires), les enseignes tirent leur épingle du jeu. Autre modèle en plein essor chez l’un comme chez l’autre, les prestations à domicile (1). «C’est le retour à l’esprit Tupperware qui correspond à un recentrage sur soi-même», déclare Régine Ferrère. Elles répondent également à un besoin d’accès plus facile à des prestations de beauté. Sur ce principe, les services de réservation en ligne se sont multipliés tout comme les plateformes du type Balinea permettant de combler les périodes creuses du spa, de l’institut ou du salon de coiffure via des tarifs attractifs. Stéphane Abouaf, directeur général d’Ella Baché (groupe Thalgo) reconnaît travailler avec Balinea pour accroître la fréquentation de l’institut parisien de la marque, le week-end. Satisfait des résultats, il conseille la plateforme aux esthéticiennes dépositaires. «Beaucoup d’instituts traditionnels n’ont pas compris l’importance de ces outils», constate Régine Ferrère pour qui «les spas et des instituts seront, à l’avenir, moins nombreux mais plus qualitatifs et experts. Parallèlement des modèles économiques plus flexibles, qui vont chercher le consommateur, se déploieront.»

(1) L’ubérisation sera l’un des thèmes abordés lors du Beauty Congress, les 9 et 10 octobre à Paris.

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