Anne et Valérie Vausselin, Aroma-Zone

©Raphael Demaret/Aroma Zone

Passionnées d’aromathérapie, les deux soeurs ont mis sur orbite une marque de cosmétiques naturels sur un modèle participatif, aux antipodes des règles classiques du marketing. Un OVNI dans la galaxie beauté.

«Nous n’avons jamais transformé notre projet de cœur en projet mercantile», promet Anne Vausselin, directeur général d’Aroma-Zone. Et pourtant, la société qu’elle a créée avec son père, Pierre, et sa sœur, Valérie, réalise aujourd’hui 42 millions d’euros de chiffre d’affaires. Leur projet au départ était bien dénué de toute ambition financière, passionnés par le pouvoir des huiles essentielles, c’est un simple site d’information sur l’aromathérapie qu’ils lancent en 1999. Sollicitée par des producteurs du monde entier, cette famille de scientifiques le convertit très vite en e-boutique. Une quarantaine d’huiles y est vendue à des prix attractifs : 3 € les 10 ml de lavandin par exemple, soit trois fois moins chers que les prix habituellement pratiqués sur le marché. «Un pavé dans la mare, reconnaît Anne Vausselin. Nous achetons directement aux fournisseurs, sans passer par des grossistes. Cela assure aussi une meilleure traçabilité et de la qualité.» Si les premiers clients sont des experts, dès 2004 la cible s’élargit avec la démocratisation de l’aromathérapie. Anne et Valérie abandonnent alors leurs postes respectifs à la direction générale technique pour les projets qualité de L’Oréal et au sein du projet Airbus A 380, pour se consacrer à l’entreprise familiale à temps plein. En 2009, elles ouvrent un atelier boutique de 20 mètres carrés rue de l’Arbalète à Paris puis un deuxième de 60 mètres carrés, boulevard Saint Germain. S’offre une opportunité en 2014, 500 mètres carrés près de la place de l’Odéon, une adresse de premier choix. Mais pas sans risque. «C’était un gros investissement en travaux et pour le bail. Même si nous nous sommes séparés des deux précédents, rappelle Anne Vausselin qui ne regrette rien. Nous avons pu développer des ateliers, un spa et l’offre (1700 références dont 200 d’huiles essentielles, NDLR).» Plus visible, l’enseigne gagne des clients notamment des jeunes attirés par sa transparence, son côté communautaire. Depuis 2005, Aroma-Zone vend aussi des ingrédients pour composer soi-même des cosmétiques. Tout est conçu par et pour les clients. «Ils sont notre service marketing et commercial. Mais avec un million de consommateurs, il devient difficile de les écouter. Nous nous apprêtons donc à développer des outils afin qu’ils participent davantage à la création.» D’autres projets sont bien avancés : l’ouverture d’un deuxième magasin rive droite à Paris et en province, l’extension du site de production de Cabrières d’Avignon (plus de 6 000 mètres carrés), la robotisation de la plateforme logistique de 18 000 mètres carrés, de nouveaux partenariats avec des producteurs européens pour sécuriser les approvisionnements et les prix des huiles essentielles (Aroma-Zone fait partie des cinq plus gros acheteurs dans le monde). «Tout est financé en propre ou par emprunt», affirme Anne Vausselin. Les deux sœurs tiennent à l’indépendance de la société (90 salariés), malgré les nombreuses propositions d’achat ou de prise de participation venues de groupes cosmétiques ou de fonds. «Notre modèle collaboratif est peu compris des financiers», explique la directrice générale.  Mais il l’est des consommateurs.

ParcoursIngénieur, Pierre Vausselin est à la tête de sa société Hyteck (1986) spécialisée dans les diagnostics environnementaux de bâtiments industriels et de maisons quand il lance Aroma-Zone en 1999. Ses filles, Anne, chimiste, et Valérie, ingénieur en mécanique, participent au développement de la marque. Elles intègrent complètement l’entreprise familiale, en 2005. Leur père leur a récemment confié la direction générale. Et leur sœur cadette, Laurence, également ingénieur, les a rejointes sur les achats et le partenariat avec les producteurs.  

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