L’entraide, source de motivation

©Mélanie Masson pour CosmétiqueMag

Correctement dosée, l’entraide entre collègues permet d’instaurer une ambiance de travail positive, appréciée des clients et favorable à l’activité du point de vente.

Dynamique d’équipe

Objectifs mensuels, challenges… Bien sûr, la compétition fait partie du commerce. « Mais la dynamique de la victoire est une dynamique d’équipe », affirme Yvon Berl, coach de dirigeants et ancien cadre commercial. Vous faites des merveilles avec les clientes timides ? Vous seule savez rediriger celles dont le choix était très arrêté avant même d’entrer dans la boutique ? Personne ne vante mieux que vous les produits de l’enseigne ? Vous ne perdrez rien à faire profiter vos collègues de votre expérience, ni à partager vos techniques. « Si tout le monde progresse, chacun gagnera davantage, y compris le meilleur », résume Yvon Berl. Qui ose un parallèle avec le vélo : « Au Tour de France, même le meilleur grimpeur n’est rien sans son équipe. »

 

Plaisir au travail

L’entraide entre collègues constitue un facteur de motivation et d’engagement professionnel. « L’une des principales sources de plaisir dans le travail, c’est la relation », rappelle en effet Sylvaine Pascual, coach et consultante en bien-être au travail. Bien sûr, il y a le contact client. « Mais ce n’est pas un contact durable, contrairement à la relation avec les collègues, dont la qualité est capitale pour s’épanouir sur le long terme. » Difficile en effet de se lever avec enthousiasme, si l’on est confronté toute la journée au rapport de force et à la compétition… « A l’inverse, une forme de bienveillance réciproque contribue à souder une équipe et à instaurer une ambiance positive. » Pensez aussi aux clients : quelle que soit la qualité du conseil, le public fuira le magasin s’il ressent des tensions ou des conflits.

 

Cercle vertueux

Le manager terrain a son rôle à jouer : à lui de se montrer exemplaire en proposant de l’aide aux conseillères en difficulté et en valorisant les comportements positifs pour motiver l’équipe. Mais chacune peut initier un cercle vertueux. Un client s’est montré particulièrement désagréable avec une collègue ? A moins que l’échange ne dégénère, n’intervenez pas sur le moment, au risque qu’elle perde la face. Allez plutôt la trouver après coup pour lui proposer de reparler de l’incident, et réfléchissez ensemble à la façon dont elle aurait pu désamorcer la situation. Une autre sollicite un changement de planning parce qu’elle souhaite accompagner une sortie scolaire ? Si cela ne présente pas d’inconvénient pour vous, portez-vous volontaire pour échanger une journée. « Il y aura toujours des gens qui ne rendent pas la pareille, reconnaît Sylvaine Pascual. Mais pour une personne qui ne joue pas le jeu, dix renverront l’ascenseur. » Un retour sur investissement largement positif !

 

Echange équitable

Attention, pas question pour autant de tenir les comptes. « Il faut éviter de considérer l’autre comme redevable, conseille la coach. Car si l’on attend des contreparties immédiates et qu’elles ne viennent pas, on se sentira forcément lésé et cela créera du ressentiment. » Si vous êtes dans une équipe stable, vous savez sur qui vous pouvez compter. Si vous êtes moins sûre de la réaction de la collègue qui vous sollicite, proposez d’emblée un échange équitable : d’accord pour t’aider à installer la nouvelle PLV avant l’ouverture du magasin, mais ce soir, on s’y met à deux pour ranger la réserve. « Ainsi, on évite de se sentir la bonne poire dont les autres profitent. » Marché conclu ?

 

Respect du cadre

Enfin, n’hésitez pas à dire non, qu’il s’agisse de décliner un soutien que vous n’avez pas sollicité, ou de refuser un service que vous n’êtes pas en mesure de rendre. Vraiment, vous voudriez pouvoir aider la collègue à assembler son présentoir. Mais vous devez encore ouvrir la caisse. Ce sera pour une autre fois… De même, acceptez que vos appels au secours ne soient pas toujours suivis d’effets. « Nos demandes ne sont pas des caprices ou des exigences, insiste Sylvaine Pascual. L’autre a parfaitement le droit de refuser, même si vous lui avez rendu service auparavant. » A fortiori si la situation déborde manifestement du cadre : par exemple, si une collègue a prolongé sa pause déjeuner et vous demande de la couvrir. Si votre manager l’apprend, vous pourriez être sanctionnée avec elle. Après quoi, difficile de renouer des relations de confiance et d’entraide !

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