Boris Gratini Un créateur épris de liberté

©Iris Hatzfeld pour CosmétiqueMag

Fondateur de Nailmatic, la marque de vernis vendue en distributeurs automatiques, ce joyeux passionné s’amuse avec sa start-up pour tester ses idées qu’il a foisonnantes. Ce jeune quadra s’appuie sur ses nombreuses expériences choisies au sein d’une multitude de griffes de maquillage.

«Des idées, de l’énergie à revendre… Rien n’est impossible pour Boris, il fonctionne en mode solution. J’ai toujours senti en lui une âme d’entrepreneur», prévient Elisabeth Sandager, directrice générale internationale de Helena Rubinstein, Shu Uemura, Yue Sai chez L’Oréal, qui l’a connu du temps où il travaillait chez Deborah. «J’ai toujours eu dans un coin de ma tête l’idée de monter une boîte», acquiesce-t-il, un carnet constamment dans sa poche pour noter ses idées. Voilà trois ans qu’il s’est ainsi lancé dans l’aventure Nailmatic, la société qu’il a créée avec Lilian Monnier, dont, il est, après deux levées de fonds, toujours l’actionnaire majoritaire. Son concept ? «L’idée du siècle» a tweeté Inès de la Fressange alors qu’elle découvrait, par hasard, le premier distributeur automatique de vernis installé au Citadium. «En allant à la rencontre du client autrement, Boris a osé bousculer les codes de la distribution», témoigne Isabelle Masson-Mandonnaud, présidente fondatrice de Sabé Masson-la Maison du soft perfume. «C’est un vrai créatif doté d’un flair animal pour saisir les tendances», confirme Anne Challe, directrice générale de Chromadurlin. Jeune acheteur beauté au Printemps, il va ainsi percevoir le début de la vague du maquillage ethnique au point de s’embarquer dans l’aventure de la marque Black up qu’il parviendra à faire référencer chez Sephora.

Mais  Boris n’est pas un créateur solitaire, il aime s’entourer, faire rebondir ses idées. «C’est un vrai manager, il sait prendre toutes les énergies positives et mobiliser autour de ses projets», dit de lui, Lilian Monnier. En parallèle du lancement de Nailmatic, il créé un collectif de créateurs de start-up, designers, photographes… pour cogiter ensemble. C’est dans ce contexte que nait l’idée de vendre des vernis comme des accessoires de mode dans un distributeur automatique pour contrer la démarque inconnue. Avec une vision au-delà du produit, trouver un modèle rémunérateur de distribution intégrée. À trois ans, rentable, le temps est venu pour lui d’accélérer le développement de Nailmatic, avec dans le viseur l’idée d’atteindre le seuil symbolique des 10 millions d’euros… Il mise sur la diversification, notamment via le cadeau (coffret en co-branding), l’offre enfant avec ses vernis formulés à l’eau et ses pochettes surprises, et en préparant le lancement d’Aqua Nail, une ligne de vernis sans solvants pour adulte. Une stratégie qui passe également par l’internationalisation. La marque est depuis septembre distribuée dans une quarantaine de pays et prévoit d’ouvrir une filiale aux Ètats-Unis au début de l’année prochaine. À la rentrée, c’est sa boutique en ligne qui sera lancée. Un plan bien huilé qui ne l’empêche pas de tester sans relâche de nouveaux concepts de distribution, du kiosque XXL avec services, aux petites machines prêtes à l’emploi, à poser en boutique.

Boris sait où il va. Depuis toujours, il ose suivre sa route au-delà des plans de carrière. «Il est gonflé, il ose quitter des jolis postes pour se lancer dans de nouvelles aventures», témoigne Isabelle Masson-Mandonnaud. «Je suis joueur, je sais que rien n’est jamais gagné, mais le risque se pèse et je crois qu’on apprend de ses échecs». Des choix dictés par des rencontres et des envies qui lui correspondent parfaitement. «La liberté est primordiale pour moi». Un homme libre tombé dans la marmite de la beauté par hasard, à l’occasion d’un job étudiant pour payer son école de commerce. C’est en blouse blanche de démonstrateur Clinique, dans les grands magasins parisiens, qu’il apprend à connaître les clientes. Diplômé, il part comme chef de secteur chez un brasseur arpenter les Franprix et Carrefour de la région parisienne. C’est le parcours idéal de tout jeune diplômé d’école de commerce, mais cet univers n’est pas en phase avec sa valeur. «Je n’aime pas la médiocrité». Il repart dans l’univers de la beauté, comme acheteur au Printemps, une période idyllique de sa vie professionnelle sous la direction de Béatrice de Réals. Voyager aux Etats-Unis, en Asie, rencontrer les acteurs du secteur, se faire raconter leur histoire et leur stratégie le passionne. «Je suis une éponge», confesse-t-il. C’est l’époque où le Printemps fait rentrer des nouvelles marques de maquillage surfant sur la veine américaine des make up artist, Mac, Make up Forever, Urban Decay…

Ca passionné, qui se régale à raconter des histoires autour des marques, va aussi apprendre à structurer, organiser, rentabiliser les business. «Il a complètement rajeuni et repositionné les marques chez Deborah, ce qui m’a intéressée quand j’étais patronne de la beauté chez Monoprix», témoigne Anne Challe. Autre marqueur de son parcours, il aime travailler dans des PME, avec des créateurs. «Terry me bluffe par son talent à détourner les produits, son intuition, son sens des couleurs, j’ai toujours cela en tête». La création revient toujours dans ses propos. Jeune quadra, nul doute que son énergie le conduise demain vers d’autres aventures. «Il a plein de possibles, peu de limites et il est dans la force de l’âge», prédit Elisabeth Sandager. Boris, un jeune homme à suivre donc.

SON PARCOURS1997. Diplômé de l’Inseec, école de commerce.1999. Acheteur beauté au Printemps.2001. Directeur général associé de Black Up Paris.2002. Prend la direction générale de By Terry-LAB.2003. Directeur général de la filiale française de Deborah Group.2009. Directeur général associé de Gade Eden, il pilote la fusion de Deborah France et Gade (fabricant et distributeur de marques sous licences).Février 2012. Cofondateur de Un bureau à paris, conseil en stratégie de marques dans l’univers  de la mode et de la cosmétique.Septembre 2012. Lance Nailmatic dont il est le président et le cofondateur.

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