Quentin Bisch

DR

Passionné par les fragrances et la création, le nez du récent Angel Muse de Thierry Mugler a fait preuve de détermination pour accéder à son rêve, être parfumeur, réalisé chez Givaudan.

Les personnes qui ont compté

«Attiré par les odeurs depuis toujours, j’étais malheureusement mauvais en sciences, d’où la difficulté d’intégrer une école par la voie classique. Je me suis réorienté en art du spectacle et j’ai même dirigé une compagnie pendant six ans. L’appel du parfum était trop fort et j’ai fini par écrire à Jean Guichard (photo du haut), directeur de l’école Givaudan. Il a trouvé mon parcours intéressant et m’a recommandé de commencer comme assistant parfumeur. Puis Michel Almairac (photo du bas) m’a recruté chez Robertet. Avec lui, j’ai découvert les matières, travaillé mes premiers accords… L’année suivante, Givaudan m’a recontacté et j’ai été reçu au sein de la prestigieuse école ! Par la suite, j’ai intégré la parfumerie fine, travaillant avec Louise Turner et Jacques Huclier, mes mentors. Mais beaucoup d’autres personnes ont aussi compté dans mon parcours.»

 

Les matières qu’il préfère

«Toutes les matières ont leur mot à dire, leurs couleurs à nuancer. En ce moment, je suis en grande conversation avec le vétiver ! J’aime beaucoup l’osmanthus (photo) : un absolu de fleur qui évoque l’abricot et le daim. Je suis dingue des matières fumées comme le bois de gaïac et j’adore le costus, aux effluves de troupeau de moutons et de lait de chèvre. Souvenirs d’enfance des campagnes où j’ai grandi… Il y a aussi le Shisolia, un captif de Givaudan très puissant, multifacette, qui sent la feuille de shiso avec ses accents cannelle verte et cumin. J’essaie encore de l’apprivoiser.»

 

Les sources qui l’inspirent

«J’aime partir d’un détail, créer à partir d’une singularité. C’est probablement une influence venue de mes études théâtrales. J’y ai appris que tout ce qui est mis sur scène produit du sens. Et qu’à tout vouloir y mettre, on ne dit plus rien. Et bien sûr, la lumière a une grande importance : comment va-t-on éclairer notre propos ? Du coup, absolument tout m’inspire, car en déplaçant un tant soit peu mon projecteur, je déplace ce que je veux dire. Un zoom sur la tubéreuse qui ne retiendrait qu’un détail ? Un clin d’œil malicieux comme point central d’une nouvelle fragrance ? J’aime déconstruire pour recréer. C’est passionnant !»

 

Les parfums qu’il porte

«J’ai longtemps porté Opium pour homme d’Yves Saint Laurent puis Kelly Calèche d’Hermès dans sa version eau de toilette.»

Son parcours2001. Deug de biochimie.2007. Master II arts du spectacle à Strasbourg.2008. Il devient assistant parfumeur chez Robertet, à Grasse.2009. Il intègre l’école Givaudan.2012. Il rejoint l’équipe de parfumerie fine à Paris.2013. Il compose La Fin du Monde, d’État Libre d’Orange.2014. Fleur Narcotique, Ex Nihilo.2015. Ambre Impérial de Van Cleef & Arpels et Missoni de Missoni.2016. Angel Muse, Mugler.

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