La sensorialité au cœur d’In-Cosmetics

Sergio Flores Manzano

L’édition parisienne du salon des ingrédients a fait la part belle aux formules les plus créatives. Côté matières premières, la pollution a été au centre des attentions tandis que les acteurs commencent à évoquer le microbiome ou l’épigénétique.

«Paris sera toujours Paris», les mots de Maurice Chevalier ont à nouveau pris tout leur sens lors de la dernière édition du salon In-Cosmetics, du 12 au 14 avril, porte de Versailles. L’édition parisienne est réputée pour être la plus importante, même si les exposants regrettent des annulations de clients étrangers, peut-être effrayés par les événements de novembre 2015. Toutefois, les industriels estiment que le salon a tenu ses promesses, accueillant de nombreux visiteurs de qualité. Justement, qu’a-t-on pu y voir ? De la mousse façon chantilly, de la crème fouettée légère comme un nuage, des gels chauffants…

Des nouveautés à tester en direct.

Les fournisseurs ont rivalisé de créativité pour capter l’attention en misant sur la sensorialité des formules. Les organisateurs du salon ne s’y sont pas trompés puisqu’ils ont inauguré un espace dédié, le Sensory bar, présentant de nombreuses applications à tester en direct, et la création d’un Sensory award. Ce premier prix a été remis à Capsum pour ses galéniques brevetées issues de la microfluidique. Une tech-nologie qui a déjà séduit Chanel pour sa ligne Hydra Beauty.

«Le consommateur final veut être surpris et nos clients cherchent de nouvelles inspirations», explique Arnita Wofford, directrice marketing EMEA du distributeur d’ingrédients Univar. Celui-ci a présenté de nombreuses formulations regroupées autour de deux tendances, Safari urbain et Embellie sucrée. Être un distributeur présente des avantages pour imaginer des concepts complets, notamment en ayant accès aux catalogues des fournisseurs clients. Toutefois, les visiteurs recherchent en priorité la qualité et la quantité n’est plus vraiment de mise. «Les marques rationalisent leurs achats et leurs fournisseurs, poursuit Arnita Wofford. Elles recherchent de plus en plus des ingrédients multifonctionnels.»

Xavier Fabre, sales manager personal care du distributeur Copci (groupe NRC), remarque par ailleurs que «les molécules ne cessent de se sophistiquer, avec de nombreux tests en appui même pour des émulsifiants. Et elles doivent apporter une sensorialité nouvelle sur les segments les plus connus». Il cite en exemple les silicones CareSil de NuSil. «Le CareSil ES, pour “encapsulated silicone”, va donner aux formules un effet aqueux et un fini siliconé doux totalement inédit», explique Xavier Fabre.

La pollution ne manque pas d’air.

Les formules restent avant tout des écrins pour les actifs, qui sont les stars du show. D’autant que les avancées en matière de microbiome et d’épigénétique, évoquées dans les conférences ou sur les stands, laissent entrevoir de nouvelles façons d’aborder la beauté. La valeur sûre, l’anti-âge, est elle aussi traitée différemment, avec pour objectif de combattre et réparer les dommages dus à la pollution. «C’est une tendance forte, surtout en Asie où l’on s’inquiète des effets de la pollution sur la peau et la santé. Mais le phénomène se mondialise, assure Olga Gracioso, directrice marketing de Sederma (Croda). Il y a de plus en plus de publications scientifiques sur le sujet, on parvient donc à mieux cerner son “ennemi”.» L’entreprise a lancé sur ce créneau le Citystem, qui joue un rôle protecteur sur la peau.

Un bouclier a également été développé chez IBR, tandis que chez Codif, ce sont les taches induites par la pollution qui sont ciblées avec l’EPS White… Des nouveautés qui prennent en compte les nouvelles habitudes de vie du consommateur final que les fournisseurs étudient au plus près. Chez DSM, par exemple, «nous avons quelqu’un en interne qui ne travaille que sur des consumer insights, affirme Frédéric Boned, senior director global marketing and innovation. C’est encore assez nouveau pour ce secteur». Reste que cela devrait bientôt être la norme, comme c’est le cas dans les maisons de composition.

En vert et contre tousLe green n’est plus une tendance mais un prérequis, chacun essayant de se démarquer. «L’attrait pour le vert se vérifie sur tous les marchés», souligne Nelly Michel, directrice de la business unit cosmétique de Seppic, qui lance deux émollients d’origine naturelle, les Emogreens. Naturex met en avant son expertise high-tech avec ses extraits NaDes, pour soutenir le lancement de sa nouveauté, le Cherry Blossom Eutectys. «On couvre de plus en plus de besoins avec le naturel», affirme Antoine Dauby, directeur marketing de Naturex. Enfin, le géant BASF a choisi le salon pour tenir son premier Palm dialog autour de la durabilité de l’huile de palme. Cet enjeu fait partie des priorités du groupe qui gère près de 800 ingrédients issus de cette ressource menacée par la déforestation et sans substitut. L’entreprise a ainsi annoncé ses objectifs en la matière : la traçabilité complète de tous ses ingrédients d’ici à 2020 ou encore la certification de ses sites.

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