La pause déjeuner, à ne pas négliger

©Mélanie Masson/Lila Pik pour CosmétiqueMag

Les contraintes de la vie courante n’empêchent pas de déjeuner correctement, avec un peu d’organisation. Quel que soit votre style d’aliments, la seule règle est de manger lentement.

Temps compté

Longtemps, la pause déjeuner (12-14h) est restée sacrée. Même si ce schéma fonctionne encore dans certaines régions et entreprises, il est loin d’être la règle. En France, 58% des salariés s’arrêtent pour une pause moyenne de 52 minutes (1). Cet exemple contraste avec le reste du monde, où 60% des salariés ne prennent pas de pause-repas (2). Aux Etats-Unis par exemple, seuls 30% des travailleurs s’arrêtent. Si 59,3% des Français arrivent à déjeuner chez eux ou chez des amis, près de 11% à la cantine/restaurant d’entreprise, 14,3% prennent leur repas sur leur lieu de travail (hors cantine) et 11% ont recours à la restauration commerciale (fast-food, sandwicherie) (3).

 

Dans un monde idéal

Le repas permet de discuter entre collègues, d’établir des relations, de se détendre. On est plus apte à déguster quand on est assis. De surcroît, les vendeuses qui sont debout 8 heures par jour ont besoin de se délasser. Être assis permet de se consacrer sur l’unique tâche de prendre son repas. Durant cette pause, on ne lit pas ses mails, on ne répond pas au téléphone, on n’écrit pas de SMS. On mange lentement, en pleine conscience. L’estomac et le cerveau communiquent bien. Le rassasiement physiologique (immédiat) et la satisfaction psychologique (plus longue à intervenir) se déroulent en harmonie.

 

Dans la vie réelle

On fait tout en même temps, on mange debout, en écrivant un SMS tout en écoutant la copine raconter ses soucis de garde d’enfants. Les maux de ventre et le coup de barre risquent fort d’apparaître dans l’après-midi. Comment les éviter ? «Le manque de temps est un handicap, reconnaît Nicolas Rouig, diététicien-nutritionniste, consultant en santé au travail. Mais il ne doit pas être un prétexte pour mal manger.» Dans cette routine de course contre-la-montre, mieux vaut oublier définitivement le sucre (pâtisseries, boissons sucrées, pain blanc). «En assimiler trop, trop vite, engendre un pic de glycémie qui va redescendre rapidement, générant un sentiment de faim et un coup de barre.»

 

S’arrêter pour manger quoi?

On s’arrête quand on peut, s’il n’y a personne dans le magasin, si on a le droit de sortir…, diront certaines. «Dans ce cas, il faut fractionner les repas, affirme Nicolas Rouig, créateur de l’application pause-repas www.sooz.co sur Iphone. Fractionner n’est pas synonyme de grignotage. L’idée est de séparer en plusieurs parties des petits repas, qui seront mieux digérés. Il vaut mieux couper en deux un sandwich et le manger assis en deux fois plutôt que l’avaler debout en trois minutes.»

 

Organisation en amont

Courir acheter un snack à la dernière minute n’est pas idéal. Préparer un en-cas la veille et l’apporter sur son lieu de travail est la solution idéale qui permet de choisir de manière rationnelle des aliments qui vont maximiser la satiété. «On oublie le plat unique, souligne le diététicien. Ce qui prime, c’est de varier tous les jours ce qu’on mange. Féculents, fibres et légumes sont à privilégier, en portions raisonnables.» Le sandwich n’est pas à bannir, à condition qu’il soit en pain semi-complet, qu’il contienne des «vraies crudités» et pas juste une feuille de salade et qu’il fasse un cinquième de la taille d’une baguette. La pomme reste un fruit pratique, le laitage est une valeur sûre, comme les légumes à croquer (carottes, radis, tomates en saison). «Quand on manque de temps, plus que ce qu’on mange, ce qui importe est de manger en ayant conscience de son acte. On pose le sandwich ou la fourchette entre deux bouchées.» Enfin, le sacro-saint café (sans sucre), «est un coupe-faim naturel mais il augmente le rythme cardiaque. Il faut donc limiter sa consommation à deux tasses par jour.»

(1) Étude Moneo Resto et CHD Expert, novembre 2015.(2) Étude Monster 2010.(3) Enquête Credoc, CCAF 2010. Déjeuners (lundi-vendredi) des actifs 18-65 ans.

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