Coty-Procter, les fiançailles

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La naissance de Procty, prévue pour le mois d’octobre, a retenu l’attention des analystes début mai. Plus que les résultats en demi-teinte du troisième trimestre de l’exercice 2016 de Coty.

Un chiffre d’affaires (janvier-mars 2016) de 950,7 millions de dollars à -1% en comparable (+2% à données publiées et +5% à taux constants), un résultat opérationnel en recul de 80% à 23 millions de dollars et une perte nette de 27 millions de dollars… Mais ce n’était pas ce qui intéressait les analystes de Wall Street. Ce qu’ils attendaient, c’était les détails de l’intégration de 41 marques de beauté de Procter & Gamble dans le groupe Coty. Ce mariage à 12,5 milliards de dollars annoncé en juillet dernier devrait être consommé au mois d’octobre. Les analystes, semble-t-il, n’ont pas été convaincus à court terme, ce qui a entraîné une chute du titre de 9% le 3 mai, jour de la présentation du plan de Coty. «Au bout d’un certain temps, les marques seront intégrées et la chaîne d’approvisionnement sera optimisée, explique Bill Schmitz, expert de la Deutsche Bank, mais il faut d’abord traverser la période de transition.»

Bart Becht, chairman et CEO par intérim de Coty, se veut optimiste. Il évoque un géant aux 9 milliards de dollars de CA, troisième du secteur derrière L’Oréal et Estée Lauder. Il voit Coty en numéro 1 mondial du parfum devant L’Oréal, numéro 3 des cosmétiques et numéro 2 des capillaires dans le circuit professionnel. Mais pour cela, la direction de Coty doit imprimer sa marque. Patrice de Talhouët, directeur financier, annonce 1,2 Md$ de coûts d’intégration sur quatre ans et, parallèlement, des économies annuelles de 780 M$ grâce aux synergies. «Coty a revu les synergies à la hausse», note Mark Astrakan, analyste de la société de Bourse Stifel Nicolaus. Le non-transfert de la totalité des effectifs de Procter & Gamble est jugé positif, tout comme le refus de suivre les licences parfums Christina Aguilera et Dolce & Gabbana. L’équipe Coty pensait s’en sortir pour 500 M$ mais la réorganisation, l’investissement dans l’informatique et la chaîne d’approvisionnement sont plus chers que prévu. Et les stratèges de Coty estiment qu’ils doivent «rationaliser» le portefeuille. Patrice de Talhouët prépare une suppression de 6 à 8% des marques. Les parfums de célébrités à la croissance la plus faible seront sans doute éliminés, estime Mark Astrakan. Patrice de Talhouët évoque de même une réduction du nombre de magasins. Parmi les lignes qui marchent bien, Bart Becht cite Rimmel, les vernis Sally Hansen en dehors des États-Unis, les parfums Marc Jacobs et Miu Miu. En revanche, les colorations Clairol sont à la peine. Mais le groupe rassure les investisseurs en annonçant une hausse des dividendes après la clôture de la transaction.

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