Un pic antipollution

Soin et maquillage. Les études qui prouvent les méfaits de la pollution sur la peau se multiplient. Les marques s’emparent de cette question grandissante et une nouvelle vague de soins luttant contre ses effets nocifs fait son apparition dans tous les circuits de distribution.

La pollution est en passe de devenir l’ennemi numéro un de la peau. D’abord considérée comme une problématique propre aux grandes villes asiatiques, elle concerne aussi le monde occidental. En France, lorsque le soleil pointe le bout de ses rayons et que le vent se fait discret, elle s’accumule dans les zones urbaines. À Paris, les pics se répètent… et la pollution devient une préoccupation majeure. Ses effets sur la santé sont connus depuis longtemps. Aujourd’hui, les études révélant son impact sur l’épiderme prolifèrent. Mais de quoi parle-t-on au juste ? Le terme se réfère aussi bien aux gaz qu’aux particules fines (inférieures à 2,5 micromètres). Ces agents génèrent des radicaux libres dans l’épiderme, perturbant son fonctionnement en surface comme en profondeur. Ce stress oxydatif conduit à différentes dégradations. Les microparticules, essentiellement issues du trafic routier et des installations de chauffage, provoquent des réactions allergiques. L’ozone ainsi que l’oxyde d’azote sont responsables d’inflammations. Le monoxyde de carbone empêche l’oxygène d’atteindre la peau. Résultat : elle manque d’éclat, les taches et les rides apparaissent plus rapidement.



Pour décrire ce phénomène de vieillissement cutané accéléré, Garancia parle de «pollu-ageing». La marque lance un Soin de teint transparent multifonction. Il combine quatre actifs brevetés pour sublimer le teint sans pigments et pour lutter contre les rides. «Les consommatrices sont de plus en plus sensibilisées à ce thème, déclare Savéria Coste, fondatrice de Garancia. Savoir qu’un soin contient une protection contre la pollution peut apporter une satisfaction supplémentaire.»



La Roche-Posay (L’Oréal Cosmétique active), qui s’est aussi penchée sur la question du vieillissement environnemental, a récemment réuni un comité d’experts pour établir des recommandations. Meilleure stratégie selon eux : utiliser des produits à texture anti-adhérente ou des soins nettoyants à rincer, des crèmes hydratantes et un écran solaire. La marque s’est appuyée sur ces conseils pour élaborer Redermic R, son nouveau soin anti-âge. Sa galénique légère a été mise au point pour éviter que les polluants ne s’y déposent. Ce soin contient un antioxydant (la carnosine), du rétinol en quantité adaptée aux peaux sensibles ainsi qu’un complexe photoprotecteur, anti-UVA et UVB.



Certaines marques se sont emparées plus tôt de la problématique. C’est le cas de Chanel, qui a lancé UV Essentiel en 2013 contre les effets néfastes des UV et de la pollution. Elle reformule à présent ces soins pour y intégrer un extrait de fleur de tiaré, qui stimule les mécanismes cellulaires en période de stress intense. Cet actif intelligent permet d’adapter le bouclier à l’agression car le soleil accroît le potentiel nocif des polluants. Comme pour les UV, il vaut mieux appliquer une protection plusieurs fois par jour.



SVR a tenu compte de ces recommandations pour créer sa brume nomade Hydracid. Transparente, elle se diffuse sur le visage à n’importe quel moment. Les filtres UV et la fleur de camélia en font un écran antioxydatif. Également précurseur sur le soin antipollution, Clarins a créé un concept de bouclier végétal, constitué d’extraits de lampsane et de thé blanc. On le retrouve aujourd’hui dans diverses références et jusque dans des formules de maquillage. Parmi les plus récentes, une BB cream SPF 25 qui corrige les irrégularités du teint. De son côté, Rimmel propose un primer qui, malgré sa transparence, assure une protection contre l’environnement.



Le démaquillage aussi est une phase essentielle dans la lutte contre les particules qui brouillent le teint. La fonction antipollution trouve ainsi sa place dans cette partie du rituel. Biotherm (L’Oréal Luxe) vient de commercialiser des huiles gélifiées spécifiques. Elles incluent un actif qui empêche les particules de s’agglomérer. Et Dior (LVMH) complète sa gamme One Essential avec une Mist-lotion brume dépolluante et détoxifiante présentée comme un «booster de pureté». Sa texture huile-en-eau doit capter les particules de pollution à la surface de la peau. Soleil, particules et bientôt écrans ? Des études commencent à montrer des liens entre la lumière bleue, qui provient notamment des ordinateurs et smartphones, et l’apparition de taches brunes. Un nouveau défi pour les marques.

Garancia, soin de teint transparent HallucinogèneContenance : 30 mlPrix : 31,50€Distribution : pharmacie, Sephora, en juin La Roche-Posay Redermic RContenance : tube 40 mlPrix : 39€Distribution : pharmacie, depuis avril Chanel, UV Essentiel, soin quotidien multiprotection SPF 50Contenance : 30 mlPrix : 53€Distribution : sélectif, en juin SVR, Hydracid SPF 30, brume éclatContenance : 50 mlPrix : 19,90€Distribution : pharmacie, en juin Dior, Mist-lotion brume dépolluante et détoxifianteContenance : 125 mlPrix : 59,50€Distribution : sélectif, en mai ExergueLa pollution engendre un phénomène de vieillissement cutané: la peau manque d’éclat, les taches et les rides apparaissent plus rapidement.        

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