Tim Eaves, Quadpack

©Mireia Navarro

En une dizaine d’années à peine, il a transformé son agence commerciale espagnole en groupe industriel international. Une success-story peu courante dans le milieu du packaging.

Et de trois ! Quadpack vient de racheter une usine supplémentaire, dédiée à l’injection plastique. Elle est située en Espagne, tout comme sa menuiserie Technotraf et son spécialiste du parachèvement Quadpack Colour, respectivement acquis en 2013 et 2014. En moins de quinze ans, la petite agence commerciale s’est complètement transformée, sous l’impulsion de l’un de ses fondateurs, Tim Eaves. «Nous nous sommes rendu compte que le trading n’était pas une activité durable et que nous devions devenir un industriel, affirme-t-il. À l’époque, on nous disait que nous ne saurions pas faire tourner un site de production, mais les ventes de Technotraf sont passées de 4 à 8 millions d’euros entre 2013 et 2016.»

L’humain d’abord

L’histoire de Quadpack est un peu particulière. L’entreprise est née en 2003 de l’alliance entre le français Lenglart Packaging, l’anglais Gadbrook Packaging et l’espagnol créé par Tim Eaves, Belcos Packaging. «Il est important de trouver des partenaires qui pensent de la même façon mais qui ont des compétences complémentaires. Cela nous a beaucoup aidés à nos débuts», se rappelle le dirigeant. En 2010, la joint-

venture s’est transformée en groupe… qui n’a cessé de croître. À ses débuts, il comptait une quinzaine de personnes et réalisait 2,7 millions d’euros de chiffre d’affaires. En 2016, on parle de 190 employés pour 62 millions d’euros de chiffre d’affaires, d’une présence commerciale dans neuf pays répartis entre l’Europe et l’Asie. «Les bénéfices financiers montrent que nous allons dans la bonne direction mais le plus satisfaisant c’est de voir les gens évoluer au sein de l’entreprise», lance le CEO. Il n’hésite pas à dire que, avant ses produits, c’est dans ses équipes qu’il croit en premier lieu.

Donner de l’autonomie

Cette croissance a imposé des changements en termes de management. «Quand nous sommes devenus une entreprise globale, nous avons d’abord beaucoup contrôlé, cela a ralenti les process, admet le CEO, qui a depuis changé sa méthode. Il faut avoir une vision claire et la partager, il faut donner de l’autonomie.» Aujourd’hui, un category manager est à la tête de chaque division. Le soin (flacons, tubes) représente 60% de l’activité, le maquillage (boîtiers, pinceaux) 20% et le parfum (capots, étuis) 12% (autres, 8%). À terme, l’objectif est de les équilibrer. Car Tim Eaves n’entend pas s’arrêter là. Il compte plus que doubler son chiffre d’affaires pour atteindre 150 millions d’euros en 2020. Pour cela, la croissance externe devra soutenir l’organique. Et qui dit rachat, dit capital. Quadpack se prépare à entrer en Bourse, au marché libre de Paris, dès cette année. Objectif : lever des fonds en vue de reprendre une ou plusieurs entreprise(s). Le dirigeant aimerait étendre la présence géographique du groupe ou intégrer de nouveaux savoir-faire. Il garde l’œil ouvert.

Son parcoursÀ l’université de Huddersfield, en Angleterre, il choisit d’étudier une discipline nouvelle pour l’époque : le marketing technique. Avant d’être diplômé, il fait ses premiers pas dans l’univers du packaging, au sein d’une entreprise spécialisée dans la fabrication de pièces en métal. Il la quitte en 1991 pour s’installer en Espagne. Quelques années plus tard, il lance son agence commerciale, Belcos Packaging. En 2002, lors d’un salon, il rencontre trois anciennes connaissances qui tiennent des business similaires dans d’autres pays européens. Ils décident de s’unir et créent Quadpack. Par la suite, l’un des partenaires se retire du projet. Tim Eaves en prend la tête.

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