Comment décoder les familles olfactives

©Lucile Prache pour CosmétiqueMag

Oriental, hespéridé, fleuri… le plus souvent pas, ces qualificatifs du parfum n’évoquent pas grand chose au consommateur, surtout quand un mari ou un enfant hésitent à la veille de la Fête des mères. Pourtant, les marques vous tiennent ce discours professionnel. Comment le décrypter ? Premier volet, avec l’aide du centre de formation Savoir & Sentir : les fragrances féminines.

Qu’est-ce qu’une famille olfactive…

C’est un ensemble de parfums partageant les mêmes caractéristiques olfactives dominantes. Pour les féminins, l’exemple le plus connu est celui de la famille fleurie qui regroupe les jus renfermant principalement des notes florales telles que la rose, le jasmin mais aussi le lilas ou la violette.

 

… et des notes dominantes ?

Elles sont liées à des matières premières et à un vocabulaire sensoriel particulier qui vont permettre de positionner le parfum dans une famille ou dans une autre.

 

À quoi servent les familles olfactives ?

Dans les années 1970, des maisons de composition ont créé des systèmes de classement des parfums pour mieux se repérer dans le marché et pressentir les évolutions de la création. La notion de famille olfactive a donc été imaginée par les professionnels. Dans le point de vente, la classification va servir à orienter le conseil vers un type ou un style de parfum, sans être pour autant un argument de vente. Il s’agit plutôt d’un outil qui permet de gagner du temps.

 

Quelles sont les familles olfactives féminines ?

On en utilise traditionnellement quatre pour classer les parfums féminins et leurs piliers (voir tableau ci-contre) : hespéridée, fleurie, orientale et chyprée. Cependant, il n’existe pas réellement de classification olfactive de référence. Certaines maisons de composition ou marques ont leur propre vocabulaire pour décrire les parfums. Il est donc difficile de s’y retrouver.

 

Comment utiliser efficacement une classification ?

«Le meilleur moyen de comprendre comment fonctionne une famille est… de sentir ses fragrances les plus représentatives, souligne Juliette Faliu, directrice générale de Savoir & Sentir. Les grands classiques le sont pour une bonne raison. Au-delà de leur succès commercial, les parfums de légende ont et continuent d’influencer la parfumerie d’aujourd’hui.» Il est donc utile de sentir régulièrement certains grands piliers, pour saisir ce qui relie les parfums d’une même famille et ce qui distingue une famille par rapport à une autre. En fixant dans sa propre mémoire ces «repères» olfactifs, on s’approprie les singularités et les variations de chacune. Cela permet d’être plus à l’aise pour rapprocher une nouveauté de ce qui existe déjà, et d’être mieux armé pour la proposer aux clients.

 

Comment expliquer le parfum ?

Mais cette première étape, pour être efficace, doit impérativement s’accompagner d’une seconde étape, qui consiste à décrire le parfum sur le plan sensoriel et imaginaire. En effet, les termes des pros – chypré, patchouli, ambré… – sont utiles dans une certaine mesure mais, à l’image d’une peinture qui n’est pas qu’une apposition de couleurs, une fragrance n’est pas qu’une succession de matières. Un bon conseil passe donc par une expérimentation personnelle et le développement d’un vocabulaire propre qui peut, bien sûr, reprendre certains termes incontournables associés à l’une ou l’autre des familles. Ainsi, pour parler d’un fleuri, on utilisera les adjectifs rosé, solaire, suave…, qui évoquent des images au consommateur. Attention cependant à ce que Juliette Faliu appelle les «mots-valises, comme frais ou lourd», très fréquents dans la bouche du client. «Frais veut dire que le parfum lui plaît et lourd, l’inverse. Souvent, cela n’a rien à voir avec les notes olfactives elles-mêmes», ajoute Juliette Faliu.

Quoi qu’il en soit, la parfumerie n’est pas une science exacte : elle fait appel à l’odorat, un sens profondément lié à l’expérience. Autrement dit, sentir, se faire un avis (en dehors des goûts personnels) sur les parfums du marché en apprenant à les connaître, petit à petit, est ce qui permet d’acquérir de l’aisance et de la fluidité dans le conseil. Alors n’hésitez pas à sentir et re(s)sentir les fragrances !

Savoir & Sentir, le parfum différemmentCe centre de formation agréé a été fondé en 2015 par Constance Deroubaix (créatrice des Ateliers Parfums par Thierry Mugler) et Juliette Faliu (à l’origine d’un blog francophone sur les parfums, Poivre bleu, devenu Le Nez bavard). Il s’adresse aux équipes marketing, commerciales, créatives et de communication de l’univers du parfum. Au programme : Culture & art (gammes olfactives, mœurs et époques de la parfumerie…), Sémantique & olfaction (matières essentielles, langage du parfum, évaluation olfactive…), Marché de la parfumerie (lancements et tendances, grands groupes…). Constance Deroubaix anime également des conférences avec une historienne d’art, Carole Couturier, aux musées du Louvre, d’Orsay et du Quai Branly à Paris. Les familles olfactives mot à motFamilleVocabulaire sensoriel et imagé fréquemment associéParfums de référence, par ordre chronologiqueHespéridéeDynamisant, pétillant, rafraîchissant, naturel, limpide, la plupart des colognesEau d’Orange Verte, HermèsEau Sauvage, DiorCologne, Thierry MuglerFleurieDélicat, fin, romantique, tendre, roséeN°5, Chanelet/ouJoy, Jean PatouSuave, généreux, solaire, crémeuxDiorissimo, Dior Paris, Yves Saint Laurent L’Air du Temps, Nina Ricci J’adore, Dior Jour, HermèsOrientaleChaud, rond, présence, enveloppant, voluptueux, volumineuxShalimar, GuerlainHabanita, MolinardMust, CartierClassique, Jean Paul GaultierAngel, Thierry MuglerAmbre Sultan, Serge LutensChypréeProfond, structuré, fourrure, présence, contrastéMitsouko, GuerlainMiss Dior Originale, DiorAromatics Elixir, CliniqueCoco Mademoiselle, ChanelFor Her, Narciso Rodriguez

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