La gare, un centre commercial comme les autres

©Nathalie Oundjian/klepierre

Toutes les rénovations de gares s’accompagnent d’une offre commerciale renouvelée et étendue. Tant et si bien qu’à Paris elles se transforment en de véritables malls. Cette valorisation attire de nouveaux acteurs, notamment des enseignes de beauté. Celles-ci sont de plus en plus nombreuses à s’installer dans ces zones de flux consommateurs.

«Le développement du commerce en gare ne répond qu’à une seule chose : la demande des clients. La majorité des personnes qui passent dans les gares sont des travailleurs du quotidien. Elles jugent très pratique de trouver des services et du commerce sur leur chemin», explique Nicolas Douce, directeur des études d’A2C, filiale de SNCF Gares et Connexions. De fait, l’opérateur public, qui a engagé il y a quelques années une politique de rénovation et d’extension, a des milliers de mètres carrés commerciaux supplémentaires dans les tuyaux. Ainsi à l’horizon 2040, la gare du Nord à Paris pourrait compter jusqu’à 45 000 m² de commerces, de services et de points de restauration en plus. «Il n’existe pas une gare où l’on n’augmente pas le nombre de mètres carrés commerciaux», souligne Nicolas Douce. Après Saint-Lazare avec le succès que l’on connaît, d’autres parisiennes ont entamé leur mutation comme Austerlitz et Montparnasse dont la partie commerciale est développée par Altarea Cogedim.

Les concepts les plus demandés par les consommateurs ? La restauration qui affiche de belles performances tant pour la vente à emporter que pour la restauration assise. Le prêt-à-porter et les chaussures se développent bien également, notamment à Paris. Quant à l’hygiène-beauté, «c’est un secteur très demandé par les clients, même dans les petites gares, précise le directeur des études. Ce créneau est très porteur pour nous».

 

Saint-Lazare Paris, concept gagnant

La commercialisation de la gare Saint-Lazare à Paris n’a pas forcément été facile. Quelle était la pertinence d’une offre de cette importance dans un quartier déjà très commerçant ? Plus de trois ans après son ouverture, plus personne ne se pose la question. Et les enseignes font la queue pour y dénicher une cellule. Il faut dire que le succès est au rendez-vous. Un exemple ? Burger King y a fait un carton à ses débuts fin 2013, réalisant là le deuxième meilleur rendement de la chaîne au niveau mondial.

 

Lush sur les rails

Le spécialiste des produits cosmétiques naturels ne regrette pas son choix. Dans sa boutique de Saint-Lazare ouverte en avril 2012, Lush réalise un chiffre d’affaires de 1,78 M€ HT, contre… 717 000€ en moyenne pour ses boutiques françaises. Il est vrai que Saint-Lazare, avec plus de 400 millions de voyageurs par an, est la deuxième gare la plus fréquentée de France. Convaincue du potentiel de ces hauts lieux parisiens, Lush a dans le viseur celles de Lyon et de Montparnasse. Des boutiques qui viendraient s’ajouter à la dizaine de magasins qu’elle exploite déjà dans des gares à l’étranger.

 

La mue prochaine d’Austerlitz et de Montparnasse

Mixer des opérateurs grand public comme Sephora, Yves Rocher ou Kiko avec des enseignes telles que L’Occitane, Lush ou Rituals afin d’attirer non seulement les voyageurs pendulaires, les usagers des grandes lignes, mais aussi les résidents du quartier, c’est le mix merchandising que vise Altarea Cogedim sélectionnée par SNCF Gares et Connexions pour déployer l’offre commerciale à Austerlitz et Montparnasse.

 

Des rendements au rendez-vous

Le chiffre d’affaires par mètres carrés d’une enseigne de cosmétique dans une gare parisienne est à peu près le double de celui généré dans les grands centres commerciaux régionaux franciliens comme Les Halles ou Les 4 Temps. En région, les rendements sont du même ordre que ceux réalisé dans un centre commercial local.

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