Antoine Gédouin, Phytomer

DR

Ce financier a fait de l’affaire familiale un spécialiste des biotechnologies marines. En juin prochain, le centre de recherche Phytomer accueillera une nouvelle entité pour répondre aux exigences de certains marchés.

Jean Gédouin aurait-il créé Phytomer s’il n’avait apprécié les bienfaits de l’eau de mer lors de ses crises de goutte ? Travaillant dans l’import-export de céréales, cet autodidacte décide de faire partager sa découverte en lyophilisant de l’eau de mer riche en minéraux et en oligo-éléments : Oligomer est née. Ce concentré est intégré dans tous les produits de la marque, compléments alimentaires d’abord, puis soins du corps. En 1973, la première crème visage est lancée. Très vite, Jean Gédouin se rend compte de la nécessité de disposer d’un laboratoire. Son fils Antoine, qui le rejoint dans les années 1980, poursuit dans cette voie.

Priorité à l’innovation

Dans le laboratoire, situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, à Roz-sur-Couesnon, le village natal du fondateur, les chercheurs découvrent un extrait laminaire d’algue brune aux propriétés hydratantes et améliorant la cohésion cellulaire au niveau de la couche cornée. Ils mettent au point un programme de production de cette algue, sur corde, en pleine mer. Cette dernière est introduite, en 2011, dans le soin du visage Hydra Originel, Crème fondante désaltérante. «Nous travaillons beaucoup sur la culture d’algues rares en photo-­bioréacteurs et sur l’extraction de molécules au CO2 supercritique», indique Antoine Gédouin, PDG. «À l’exception d’Oligomer, toujours présente dans tous nos soins, nous renouvelons très souvent nos actifs. Aujourd’hui, si nous tirons notre épingle du jeu, c’est grâce à l’innovation», ajoute Mathilde Gédouin, directrice marketing et communication, fille d’Antoine. Dès les années 2000, une équipe est dédiée aux biotechnologies. Le premier produit issu de ce process, Pionnière XMF Crème perfection jeunesse, sort en 2012. «Le recours aux biotechnologies a marqué un tournant pour l’entreprise», ajoute la manager. Elles amorcent la montée en gamme de la marque : les protocoles de soin sont conçus avec un ostéopathe, les packagings sont revus, une plateforme de e-learning est lancée, ainsi qu’un site marchand qui propose le paiement et le retrait des produits dans l’un des 500 instituts et spas agréés en France pour créer du trafic, un Spa & Wellness (500 m²) est inauguré à Saint-Malo (celui construit dans les années 1990 abrite le centre de formation).

Dans deux mois, le centre de recherche sera agrandi de 1 500 m² – pour un investissement de 1,6 million d’euros – en vue d’accueillir un laboratoire aux normes pharmaceutiques. «En Amérique du Nord, il est devenu impossible de vendre des soins dotés d’un SPF qui ne soient pas fabriqués dans ce type de laboratoire», explique Antoine Gédouin. Les États-Unis sont le plus grand marché de Phytomer. La marque a ouvert une filiale dès les années 1980 et a fait partie des pionnières du spa. Vient ensuite la Corée, qui devance depuis peu le Japon. L’international représente 75% du chiffre d’affaires (10 000 portes agréées) du groupe breton. D’où l’importance de ce nouveau laboratoire. Pour Antoine Gédouin, «c’est aussi une tendance lourde de l’industrie cosmétique. Nous assurons ainsi la pérennité de l’entreprise».

Son parcoursTitulaire d’un doctorat en finance, Antoine Gédouin a rejoint la société familiale dès les années 1980. Aujourd’hui PDG, il s’est attaché à développer la recherche et l’expansion internationale. Il est épaulé par sa fille Mathilde, diplômée d’HEC, directrice marketing et communication de Phytomer depuis six ans.

Facebook
Twitter