Les acteurs/influenceurs : Chafik Gasmi, l’architecte caméléon

©Jean-Marc Perret

Designer, architecte, directeur artistique pour des maisons de luxe, Chafik Gasmi, auteur du dernier stand Lancôme au Printemps Haussmann, crée un département retail au sein de sa société, Chafik Studio.

Co-auteur du Sephora Champs-Elysées

C’est grâce à une chaise de jardin colorée qui se trouve à Times Square, à New York, dessinée pour Moulin-Galland (Fermob) et récompensée du prix du Nombre d’Or, et grâce à un fauteuil installé dans les salons du Premier ministre réalisé avec le fabricant Hugues Chevalier que Chafik Gasmi, issu de l’École d’architecture de Paris, se fait remarquer. Au milieu des années 1990, Dominique Mandonnaud, fondateur de Sephora, le contacte pour l’aider à dessiner son flagship des Champs-Élysées. «Je ne connaissais rien au retail, confie Chafik Gasmi, Dominique m’a tout appris.» Le jeune homme lui souffle l’idée d’un magasin conçu comme une cathédrale, servi par un lieu tout en longueur, sans vitrine. Dominique Mandonnaud le nomme «directeur du beau», soit directeur artistique. Bernard Arnault, qui rachète Sephora, lui confie des missions chez Dior, Kenzo, Givenchy, Dom Pérignon, Ebel ou Guerlain. Une lui tient particulièrement à cœur : la réalisation d’un hôtel de luxe. Mais le projet avorte avec le 11 septembre 2001.

 

À l’aise dans tous les secteurs

Il réalise son rêve avec les frères Sternlicht (Starwood Capital), qui lui confient la direction artistique de Baccarat en 2007 avec la réalisation, entre autres, d’hôtels. Parallèlement, en 2004, le designer architecte qui a toujours souhaité garder une respiration créative plus personnelle crée son affaire, Chafik Studio. L’Algérie, son pays natal, lui offre de grands projets, il y conçoit notamment le tout nouveau musée d’Art moderne d’Alger.

 

Une vision pragmatique du luxe

Chafik Gasmi se nourrit des rencontres : «Les entrepreneurs ont été mes pygmalions. Ils m’ont donné les clés de leur secteur tout en respectant ma personnalité, mon indépendance». Le groupe L’Oréal, pour lequel il ne pensait pas un jour travailler, le contacte à plusieurs reprises pour moderniser la marque Lancôme. Il finit par accepter : «J’ai été pris au dépourvu : Sue Nabi m’a concocté un rôle sur mesure et accepté un plan à cinq ans qui a été confirmé par son successeur, Françoise Lehmann». L’architecte a conçu le stand au Printemps Haussmann (voir CosmétiqueMag n°165, p. 83), qui sera dupliqué sous forme de boutiques et de shops-in-the-shop en Chine dès cette année. «La force de Chafik est de très vite cerner l’ADN d’une marque et de savoir le traduire. Il est par ailleurs capable de s’intégrer rapidement aux équipes internes pour travailler avec elles, déclare Patricio Walburg-Smith, directeur général adjoint de Lancôme monde. Nous avons conçu le futur modèle retail de la marque de concert avec les équipes France. Nous avions des collaborateurs issus du design, de l’animation, de la formation et du marketing-communication.»

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