Comment expliquer les mots qui ont mauvaise presse ?

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Bien qu’extrêmement sûrs, les produits de beauté sont parfois sujets à controverse. Et certains mots suscitent polémique ou inquiétude. Que répondre – avec l’aide du cabinet Clear – à la consommatrice sensible à ces différents débats ?

Avec ou sans conservateurs ?

Ils sont aussi controversés qu’ils sont indispensables. Sans eux, que deviendrait un soin après ouverture ? Ces substances actives incorporées aux formules cosmétiques empêchent le développement de micro-organismes durant toute la vie du produit après ouverture (d’où le mini-logo qui indique une durée en nombre de mois) et leur permettent de conserver leurs qualités. Ils sont donc essentiels. Leur efficacité est évaluée durant le développement de la formule pour déterminer la quantité strictement nécessaire. Il existe une liste de conservateurs autorisés en cosmétique. Leur sécurité d’utilisation est validée par un comité scientifique indépendant sous tutelle de la Commission européenne. Certains produits peuvent indiquer «sans conservateur» mais c’est jouer sur les mots. En fait, cela veut dire que le produit en question ne contient aucun des conservateurs recensés sur cette liste. Pour autant, il comprend très probablement d’autres ingrédients utilisés pour leurs propriétés antibactériennes – et donc conservatrices – mais non listés comme tels par le comité scientifique européen. Évidemment, le parfum est sans conservateur, l’alcool faisant l’affaire.



Les parabènes sont-ils les nouveaux ennemis publics ?

Cette famille de conservateurs présentant de réelles propriétés antibactériennes a alimenté la polémique ces dernières années, suscitant un emballement médiatique disproportionné. Pourtant, certaines de ces substances existent à l’état naturel et sont présentes dans le corps humain et dans le miel… Bien que les parabènes disposent d’un retour d’expérience significatif en cosmétique, le comité scientifique a restreint ou interdit l’usage de certains d’entre eux en estimant que les données scientifiques disponibles ne permettaient pas de garantir un niveau de sécurité suffisant par rapport à leur intérêt pratique. Dans le même temps, le comité scientifique a confirmé la sécurité d’utilisation d’autres types de parabènes. Il ne faut donc pas généraliser.



Les tests sur animaux et les amis des bêtes

Vous pouvez rassurer sans hésiter ceux qui s’inquiéteraient du sort des souris et des lapins : la réglementation impose qu’aucun des produits cosmétiques mis sur le marché européen n’ait fait l’objet de tests sur animaux. C’est une obligation réglementaire. Par conséquent, une allégation du type «non testé sur animal» est interdite en France car trompeuse. Elle laisse supposer une qualité supérieure, un avantage par rapport à la concurrence alors qu’il s’agit d’un prérequis commun à tous les produits.

 

Le bio et le naturel sont-il gages de sécurité ?

Si les origines «naturelles» et «synthétiques» s’opposent, tout cosmétique, quelle que soit l’origine de ses ingrédients, doit satisfaire à des obligations de sécurité. Il est erroné de penser qu’un produit naturel est plus sûr ou que ce qui est bio est forcément sans risques. D’ailleurs, où s’arrête le naturel ? Où commence la chimie ? Ainsi, les huiles essentielles sont des mélanges naturels de substances chimiques. Et les plantes sont des organismes qui, par essence, réalisent des synthèses complexes. Du fait de leur variabilité intrinsèque (en relation avec la zone géographique, la saison, le terroir…), ces synthèses ont des compositions variables. À l’inverse, une synthèse chimique, souvent fruit d’un long travail des laboratoires, se doit d’être reproductible. Il est donc plus aisé d’en connaître la nature chimique et les impuretés potentielles, et d’en maîtriser la sécurité. Là encore, il ne faut pas généraliser. Il y a du bon et du mauvais dans les deux domaines. Les marques cherchent à s’inspirer de la capacité de la nature à concevoir, à s’adapter à son environnement (qui évolue constamment) et à la transposer dans une réalité technique permettant d’en assurer à la fois la composition et la qualité, et donc la sécurité.

 

Sans… est-ce vraiment mieux ?

Revendication étrange que celle du «sans» (silicones, parabènes, phénoxyéthanol, etc.), davantage utilisée par les marques de grande distribution ou de pharmacie que par celles du sélectif. Cela augmente-t-il la valeur du produit d’enlever un ingrédient ? Cela se veut souvent rassurant mais peut être troublant. Que valait le produit quand il était «avec» ? Le défi est de savoir expliquer ce qu’il contient, un discours nettement plus positif !

Clear, garant de la mise en conformitéSi la plainte d’un consommateur prend de l’ampleur, le dossier aboutira chez la «personne responsable». En effet, le règlement cosmétique de 2013 impose qu’une personne (physique ou morale) assume la responsabilité de la mise sur le marché d’un produit et, par conséquent, les éventuelles contestations. Certaines marques délèguent cette responsabilité à une entreprise extérieure. Le cabinet Clear, créé par Franck Chevasson et Jean-Louis Fiacre, respectivement toxicologue et juriste, en ont fait leur métier. Autant dire que leur job est de veiller à la sécurité du consommateur, d’éviter les pièges réglementaires et de répondre aux questions. D’où leur capacité à répondre aussi à celles qui fâchent.

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