Thibaut de Malézieux, Les Ateliers Elba France

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En dix ans à peine, il a su construire un groupe français capable de réaliser de la PLV et des installations permanentes dans n’importe quel matériau, à coup de créations d’entreprises et d’acquisitions.

Les Ateliers Elba France sont déjà prêts pour équiper les points de vente du futur. Ce spécialiste du merchandising et de la PLV de luxe comprend désormais un incubateur de start-up, qui planchent sur les objets connectés adaptés aux boutiques. «Nous disposons d’une dizaine de technologies, déclare Thibaut de Malézieux, fondateur du groupe. Cette structure nous a permis de prendre de l’avance sur le marché.» Un objectif qu’il garde en tête constamment.

Une large palette de métiers.

Lorsqu’il crée Elba France en 2006, il s’agit d’une agence commerciale qui met en contact les marques de beauté avec des fournisseurs et assure le suivi des projets. Dix ans plus tard, le groupe compte treize sociétés, organisées par métier (design, merchandising beauté, vins et spiritueux, aéroportuaire…), dont quatre sites de production. «Nous avons ouvert notre première usine en 2009 et à partir de ce moment-là, le développement s’est accéléré», raconte le dirigeant. Créations et acquisitions se sont enchaînées. «Notre stratégie consiste à reprendre des entreprises en bonne santé, qui ont une spécificité et qui bénéficient d’une bonne image», précise-t-il. Fidèle à cette politique, il a déjà racheté certaines des jeunes pousses de son incubateur pour les intégrer au groupe. Celui-ci dispose à présent d’une large palette de métiers. De quoi répondre aux différents besoins de sa clientèle. Même s’il n’est pas issu de l’univers de la beauté (voir encadré ci-contre), Thibaut de Malézieux a su cerner le secteur. Les aléas qui lui sont propres aussi. Sa forte saisonnalité se répercute sur les fournisseurs. La demande de PLV connaît des pics importants lors des périodes de fêtes. Un constat qui a poussé le président à diversifier ses clients. En 2013, il s’est ainsi tourné vers les vins et spiritueux. L’an dernier, il a démarré une activité de muséographie.

La beauté, principal client.

La cosmétique reste le marché numéro un du groupe. Elle représente aujourd’hui près de la moitié de son chiffre d’affaires. Celui-ci a dépassé les 30 millions d’euros (hors opérations de croissance externe) en 2015, pour 130 employés. Objectif pour 2016 : atteindre 35 millions d’euros. Un défi pour les quatre usines de l’entreprise, situées en Île-de-France. «Nous devons trouver des méthodes de production pour rester en France», affirme Thibaut de Malézieux. Depuis deux ans, il a ainsi lancé un processus d’automatisation. Chaque année, au moins 5% du chiffre d’affaires est investi dans l’outil industriel.

Prochain grand mouvement : la réunion du site de plasturgie, à Pierrelaye (Val-d’Oise), et de celui de carton, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), en un seul, éco-conçu et lui aussi situé en région parisienne. Le déménagement devrait avoir lieu en septembre. Cela représente un investissement de 4 millions d’euros. L’usine devrait suivre les recommandations de la norme ISO26000 sur la responsabilité sociétale. Car il ne s’agit pas seulement de produire plus. Thibaut de Malézieux souhaite d’abord «produire bien».

Son parcoursSes études ? Il les considère classiques. Après une prépa HEC, Thibaut de Malézieux intègre l’Institut supérieur de gestion. Entrepreneur dans l’âme, il crée sa première société, spécialisée dans l’équipement automobile, peu après l’obtention de son diplôme. Il reste à sa tête pendant quelques années, puis la cède. En 1997, il rejoint l’aventure Smart. Les premières voitures viennent de sortir et il est chargé de mettre en place les Smart Centers. Il devient directeur général d’Absolu en 2001, une imprimerie spécialisée dans le luxe, qu’il doit restructurer. À cette époque, il repère la PLV comme un secteur porteur. Les Ateliers Elba France voient le jour dans un petit bureau, début 2006.

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