Les ambitions durables de Givaudan

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Fort de ses résultats en matière de développement durable, le leader des parfums et arômes a relevé les objectifs qu’il s’était fixés pour 2020.

Début novembre, alors que la COP 21 ouvrait ses portes, le groupe suisse annonçait les derniers résultats de sa politique de développement durable. Givaudan a ainsi intégré le Climate A List du CDP (Carbon disclosure project) pour ses efforts dans la réduction de gaz à effet de serre et a obtenu un score de 100 pour la qualité de ses rapports sur le changement climatique. «La croissance responsable constitue un des piliers de notre stratégie 2020», déclarait alors Gilles Andrier, PDG de la société. Ce dernier avait, quelque temps auparavant, annoncé que les objectifs d’éco-efficacité de Givaudan allaient être relevés, passant à une baisse des émissions de C02, de la production de déchets et de la consommation d’énergie par tonne de produit de 4% chaque année par rapport à la précédente. Et la consommation d’eau, réduite de 15% par tonne de produit.

Géopolitique et climat

Dans la division Parfum, l’engagement de la maison a surtout été mis en avant avec Ethical Sourcing. Ce programme, qui fête cette année ses dix ans, est dédié à la sauvegarde de filières de matières premières naturelles indispensables, comme le vétiver d’Haïti, l’ylang-ylang des Comores ou le patchouli d’Indonésie. «Les ingrédients naturels sont soumis à toutes sortes d’influences extérieures, allant de l’instabilité géopolitique aux conditions climatiques extrêmes, développe Pascal Becker, head of sustainability du groupe. Certaines matières premières sont exclusivement utilisées dans l’industrie du parfum et en garantissant une gestion correcte de ces précieuses ressources, nous pouvons protéger leur avenir et offrir des conditions de vie plus stables aux agriculteurs qui les cultivent.»

«La mise en place de notre programme et la définition d’objectifs chiffrés en matière d’environnement ont été déterminants auprès de nos clients comme de nos salariés», affirme Pascal Becker. Lancée en 2009, la politique de Givaudan peut se résumer ainsi : «Croissance responsable, succès partagé. Elle est bâtie autour de quatre grands axes qui couvrent le cycle de vie de nos produits : l’approvisionnement – des achats responsables –, l’innovation – des choix sains –, la production – faire plus, pour abîmer moins – et les partenariats – coopérations et amélioration continue». Le directeur du développement durable ajoute : «Un cinquième élément est essentiel pour mener à bien nos missions : des équipes engagées au quotidien».

Des engagements sur le long terme

D’autres objectifs sont également dans la ligne de mire du groupe suisse. «En tant que leader des parfums et arômes, nous considérons que nous devons montrer l’exemple, et c’est pourquoi nous venons aussi d’annoncer quatre engagements à plus long terme : 100% d’électricité renouvelable, des objectifs environnementaux reposant sur la réalité scientifique, protéger les forêts contre la déforestation et une communication publique de nos objectifs et progrès», énumère Pascal Becker.

L’Akigalawood, l’innovation durableEntré notamment dans la composition du premier parfum éponyme de Miu Miu, créé par Daniela Andrier, et dans Urbano de Natura, l’Akigalawood est un captif naturel d’un nouveau genre récemment mis au point. Il s’agit d’un dérivé de fractions de patchouli traité avec des enzymes, les laccases, à l’aide d’un procédé doux mêlant eau et sel. En plus d’apporter un nouveau profil olfactif (boisé épicé puissant et tenace) et une origine naturelle dans la tendance, son mode de conception est respectueux de l’environnement. En 2014, le groupe s’est renforcé dans le domaine des biosciences, notamment grâce au rachat de Soliance, un expert de cette spécialité, et envisage de produire d’autres ingrédients sur un modèle similaire.

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