Jérôme Di Marino

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Après avoir fait ses armes chez Givaudan puis chez Givenchy, la dernière recrue de Takasago a signé pas moins de quatre fragrances à l’automne 2015. Parmi elles, les derniers Daniel Hechter et Carven.

Les personnes qui ont compté

«Lorsque je suis entré chez Givaudan, Nathalie Gracia-Cetto m’a initié à la parfumerie, aux formules et aux matières premières synthétiques et naturelles. Elle m’a aidé à comprendre l’esthétique générale de la création. Une autre femme, Françoise Donche, chez Givenchy, m’a beaucoup appris sur le client, sur les prises de décisions des marques. Être “de l’autre côté” a été une expérience très enrichissante pour mieux les comprendre. Enfin, chez Takasago, Francis Kurkdjian, mon mentor, m’a enseigné les aspects techniques de la parfumerie, ainsi que toute son histoire et ses évolutions. Il m’a aussi présenté les nouveaux aspects du métier : les rendez-vous avec les clients, l’exposition dans la presse, la communication…»

Les sources qui l’inspirent

«Je suis curieux de tout : je voyage, j’aime aller voir des expositions, je m’intéresse à la mode… Toute la tendance autour de la cuisine et de la mixologie est aussi très inspirante et offre des parallèles avec les fragrances. Récemment, j’ai découvert un cocktail à base de laurier-gingembre qui m’a plu car il joue sur les contrastes. C’est ce que j’aime faire en parfumerie : m’approprier une matière et l’emmener là où on ne l’attend pas, comme marier des muscs blancs avec des épices plus sombres.»

Les matières qu’il préfère

«Le ciste d’abord, que j’ai mis en absolu dans Carven l’Absolu mais également en essence dans Black de Daniel Hechter, et j’ai un gros faible pour les orientaux qui le mettent à l’honneur. Sombre, liquoreux et résineux, il est très riche. Les épices ensuite, toujours liées aux orientaux, particulièrement l’élémi. Il est peu mis en avant dans les compositions, alors qu’il est très facetté. Il y a aussi les matières premières provençales : la badiane, le basilic – sans doute le souvenir des plats de ma grand-mère italienne. Même si des notes comme l’anis peuvent être segmentantes, elles relèvent pour moi de l’affectif.»

Les parfums qu’il porte

«Sans surprise, des orientaux tels que Dior Homme Intense ou Spicebomb de Viktor & Rolf, mais aussi des compositions fraîches et propres, comme Infusion d’Homme de Prada ou encore Neroli Portofino de Tom Ford.»

Son parcours2008. Licence de chimie à Nice.2008. Intègre l’Isipca en alternance chez Givaudan.2011. Rejoint la cellule olfactive de Givenchy (LVMH).2012. Intègre l’équipe créative de Takasago à Paris, sous la direction de Francis Kurkdjian.2015. Signe Black de Daniel Hechter (Lascad, L’Oréal DPGP), Carven L’absolu, L’Eau Sézane et le premier masculin de Pedro del Hierro.

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