Changements de décor

Marc Allenbach

Le parachèvement transforme les packagings les plus simples en réalisations remarquables. Quel que soit le matériau, les fabricants proposent des techniques qui offrent des résultats visuels ou tactiles étonnants. CosmétiqueMag en a repéré plusieurs.

Solev raconte l’histoire de l’intérieur

En vue d’inspirer ses clients en matière de décor, l’entreprise du groupe Pochet (Pochet du Courval, Qualipac, Solev) a imaginé un concept osé. À l’intérieur de trois flacons cylindriques flamboient des saynètes érotiques. L’idée ? Travailler la narration par l’ornement, en racontant une histoire dans le verre. «Il s’agit d’un assemblage de savoir-faire créatifs, simple à mettre en œuvre, qui donne un résultat inédit», précise Mathieu Pivaudran, directeur marketing et création Solev et Pochet du Courval. Le parachè­vement est en fait réalisé à l’extérieur. Pour obtenir cet effet, Solev a choisi un écrin à la forme cylindrique, qui accentue le côté théâtral. Un décor est réalisé par sublimation à 180° sur la face externe. Le flacon est ensuite métallisé pour offrir in fine de la lumière à l’intérieur. L’éclat extérieur est volontairement éteint par un vernis de finition noir velours. Enfin, pour révéler la scène au grand jour, Solev a réalisé au laser une ouverture dans la métallisation sous forme d’un rideau indiscrètement écarté, ainsi qu’un disque sur le dessus de la bouteille, qui crée un effet «plafonnier». Les personnages sont illuminés, ils se reflètent de toute part grâce à la courbe du flacon et se montrent à celui qui les observe. Autre possibilité : prévoir une ouverture au fond du flacon, par laser également. Lorsqu’il sera posé sur une étagère éclairée, l’ambiance n’en sera que plus tamisée.

Des brisures colorées avec SGD

Les décors sont là pour en mettre plein la vue, mais pas seulement ! Les marques s’attachent aussi aux autres sens qui peuvent être stimulés. En ce moment, les textures sont au centre de toutes les attentions. «Nos clients veulent surprendre les consommateurs en leur offrant un toucher inédit, nous avons beaucoup de demandes allant dans ce sens», affirme Astrid Dulau-Vuillet, responsable marketing international chez SGD. Le verrier les a entendus. Il a ainsi créé un laquage à effet brisé, réalisable sur les flacons de toute taille et dans n’importe quelle couleur. «La sensation au toucher est très surprenante, elle s’approche un peu de celle d’un tissu», précise-t-elle. La matière se déposant sur le verre sous forme d’éclats, elle capte la lumière d’une façon différente d’une surface lisse. Les reflets sont multiples. Idéal pour attirer l’œil d’un consommateur, qui ne s’attarde que quelques secondes sur les rayons. L’instant où tout se joue !

Toly marbre les compacts

Le fabricant maltais, qui a inauguré l’an dernier son centre d’innovation, multiplie les propositions de parachèvement. Cette fois, il a trouvé l’inspi­ration du côté de l’architecture. Dans ce domaine, les matériaux nobles se font plus présents. Une manière pour le luxe d’afficher plus d’authenticité et de se recentrer sur ses valeurs. L’univers du packaging commence à faire écho à ce mouvement. Pour cette raison, Toly lance un nouveau laquage UV qui donne un effet marbre aux compacts. De véritables minéraux sont broyés puis intégrés à la laque. Le procédé UV garantit une bonne adhésion ainsi qu’une bonne résistance chimique du décor. Avantage de cette technique : elle confère un poids supplémentaire au produit. De quoi renforcer la qualité perçue par le consommateur. Sans oublier l’effet tactile puisque l’utilisation de minéraux entraîne un rendu inédit, à la fois rugueux et doux.

RPC imite la nature

Pierre, feuille ou bois ? Pour offrir de nouvelles sensations visio-tactiles, RPC Bramlage s’est penché du côté de la nature. Associée au respect de la peau et de l’environnement, la naturalité se fait très présente en cosmétique. Pour la révéler sur un packaging ou un couvercle en plastique, RPC Bramlage a développé un procédé qui imite l’apparence de ces éléments. Cette technologie se déploie directement à l’intérieur du moule. Une injection plastique, qui allie deux composants, permet de reproduire également la sensation tactile qu’ils offrent. Mais une marque pourrait choisir un autre type de surface à imiter. Le prestataire promet un développement très rapide. Pour offrir un gain de temps encore plus important à ses clients, il a créé, avec un partenaire, une technique combinant l’étiquetage et la structuration de la surface.

Mill façonne l’aluminium

Outre la pierre ou le cuir, le métal peut aussi donner un côté noble au packaging. Les plaques sont couramment utilisées, mais il existe des solutions plus originales. Mill, agence dédiée au luxe créée en 2014 par Martin Technologies, propose de découper les formes les plus fines et les plus raffinées. Pour y arriver, tout part d’un dessin, réalisé par les soins de la marque. L’intention de départ est adaptée à une réalisation techniquement possible. Une fois le projet validé, Mill fabrique un masque de l’emblème souhaité qui est apposé sur les deux faces d’une feuille d’aluminium. L’ensemble est ensuite plongé dans un bain d’acide, qui attaque le métal jusqu’à sa dissolution. Il ne reste qu’à personnaliser la partie préservée. Traitement sur la surface, sérigraphie, marquage à chaud font partie des options.

Le SmartPrint d’Albéa, bientôt en EuropePlus de personnalisation et plus de flexibilité : telles sont les exigences des donneurs d’ordres aujourd’hui. Albéa l’a bien compris. Le géant du packaging lance aux États-Unis un système d’impression digitale de pointe, qui répond à ces problématiques. SmartPrint s’adresse aux tubes laminés produits en petites séries (50 000 pièces ou moins). Ce process permet de réduire les délais de développement des décors pour une mise sur le marché du produit accé­lérée. Le système devrait être bientôt disponible en Europe.

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