Start-up : six entreprises à surveiller de près

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Elles n’ont parfois que quelques mois d’existence. Mais déjà de bonnes fées se sont penchées sur leur berceau et elles portent des idées nouvelles. Portraits.

Feeligreen

Jamais sans mon appli

Feeligreen a remporté le prix Coup de cœur des Cosmetic Awards 2015 remis lors du salon Cosmetic 360. Fondée par Christophe Bianchi, ingénieur spécialisé dans les semi-conducteurs et la micro-électronique, cette start-up mêle les genres pour surfer sur la tendance de la cosmétique instrumentale. Son I-Feel Beauty relève de l’Internet des objets appliqué à la cosmétique. Sa promesse : décupler l’efficacité d’un soin, visage ou corps. Son appareil, l’Activ’feel, associe la diffusion de microcourants et le traitement photodynamique par LED pour l’application de soins conçus par la marque sous une texture gel. Tout le protocole est piloté par une application, Feeligold, via un système Bluetooth. La start-up vend cette solution en ligne au prix de 350 euros.

 

OxiProteomics

Sur la foi du diagnostic

Hébergée dans l’Université Pierre et Marie Curie, OxiProteomics propose aux fabricants un service qui mesure l’efficacité des produits de beauté. Fondée fin 2014 par Martin Baraibar, chercheur en biologie moléculaire, Bertrand Friguet, professeur, et Claude Hennion, entrepreneur, la société a mis au point un diagnostic fiable du stress oxydant. Elle analyse les échantillons biologiques pour estimer les protéines endommagées. Martin Baraibar assure déjà travailler avec L’Oréal.



Glass Surface Technology

Le flacon garanti sans migration

Christophe Wagner a fondé sa société Glass Surface Technology en 2013 à Paris. Ce spécialiste du verre a développé un revêtement capable «d’empêcher les interactions entre contenant et contenu». Breveté, celui-ci convient au verre mais aussi au plastique. L’idée de départ était de s’adresser aux fabricants de médicaments. Certains protocoles complexes «sont très agressifs» ; ils sont susceptibles d’interagir avec leur packa-ging. «Mais les délais de validation dans l’industrie pharmaceutique sont longs. Il faut compter cinq ans», assure Christophe Wagner. Dès lors, la société se tourne vers la cosmétique, proposant de nouvelles fonctionnalités : le revêtement Glass Surface Technology a des propriétés de «glissement» qui permettent d’éviter les coulures disgracieuses à l’intérieur des flacons. Il peut aussi être pigmenté pour un effet décoratif. Les premiers contacts établis avec des fabricants d’emballages et des marques, notamment lors du salon Cosmetic 360, sont excellents, estime Erwan Pian-Rouzaud, responsable développement marketing. Il faut dire que le vent est favorable. L’évolution des normes européennes de fabrication des packagings de beauté oblige les marques à revoir leur sourcing.

 

Romy

Un robot magique dans ma salle de bains

Romy sera-t-il à la beauté ce que Nespresso est au café ? Morgan Acas, 35 ans, et Thomas Dauxerre, 36 ans, l’espèrent. Ils sont à l’origine de cette «maison 2.0» qui entend «révolutionner l’univers du soin haut de gamme». Leur business plan a séduit le fonds Carvest, obtenu le soutien de la BPIFrance et de la région Champagne-Ardenne. En 2015, ils ont levé 1,3 million d’euros pour «accompagner leur croissance», précise Morgan Acas. Cinq années de R&D ont été nécessaires pour finaliser Figure, machine à capsules «capable de délivrer à domicile un sérum ou une crème conçus 100% sur mesure», explique la marque. Le protocole est le suivant. D’abord sur smartphone, via l’appli Romy Paris, est élaborée la formule adaptée aux données personnelles du consommateur (météo, pollution locale, activité sportive, sommeil…). Cette formule est transmise par Bluetooth à la machine Figure qui délivrera la dose de soin prescrite. Soit 1 ml, en sept à neuf secondes. Poids : 2,7 kg. Prix : 490 euros. Entre 26 et 38 euros les 28 capsules. Pour l’heure, la distribution est assurée en ligne. Viendra, dès 2016, l’ouverture d’un pop-up store. Puis, assure Morgan Acas, l’inauguration d’une boutique à son enseigne.

 

Oléos

Des actifs dans de l’huile en toute stabilité

Cinq ans après sa création, Oléos (1 million d’euros de CA) est rentable. «J’ai créé quinze emplois, c’est presque ce dont je suis le plus fière», raconte Anne Rossignol-Castera, fondatrice de cette société spécialisée dans les actifs huileux naturels. Biochimiste experte dans les huiles végétales et les lipides, ancienne directrice du développement de l’Iterg (Institut des corps gras) à Pessac, elle a mis au point un procédé d’éco-extraction huileux et en a déposé le brevet. Tout l’art consiste à faire passer des actifs dans une huile grâce à des micro-ondes de haute densité, sans azote, avant un cryobroyage ultrarapide à -80° et une stabilisation par ultrasons. Avant la création de sa société, Anne Rossignol-Castera teste son idée auprès des fabricants YSL et Nuxe «pour voir s’ils achèteraient ce type de produit». Bingo. Les actifs huileux sont dans l’air du temps, la certification bio aussi. Oléos décroche des aides et s’installe dans la pépinière d’entreprises Via Innova à Lunel, dans l’Hérault. Dans la foulée, elle signe ses premiers contrats avec de grands noms et dégage des résultats. Anne Rossignol-Castera les remonte aux fonds propres de la société pour financer sa R&D, sans faire appel à des investisseurs. Installée depuis juin 2015 dans des locaux de 800 m², la société, qui gère un portefeuille de 80 oléo-actifs, peut réaliser des produits sur mesure. «Une quarantaine de clients nous sont fidèles», précise Anne Rossignol-Castera. L’heure est au développement à l’international. D’ici à trois ans, espère-t-elle, Oléos aura triplé son chiffre d’affaires.

 

L’Oréal Technology Incubator

Une puce-patch au service de la peau

L’Oréal Technology Incubator a travaillé avec John Rogers, universitaire américain qui a inventé un patch doté d’une puce électronique souple capable de récolter et de stocker 100 kilobytes d’informations. Son application première est l’identification médicale, mais il permet aussi de mesurer le flux sanguin et ainsi d’évaluer plusieurs paramètres de santé en mobilité. «L’Oréal veut plancher sur toutes les technologies disruptives pour ses laboratoires de R&D et pour les consommateurs. C’est pourquoi le groupe s’est intéressé à ce […] patch ultra-fin […] susceptible de transformer la connaissance de la peau. Il sera d’abord utilisé dans les laboratoires avant, probablement, d’être lancé sur le marché grand public», précise Guive Balooch, VP de L’Oréal Technology Incubator.

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