Sephora déniche les talents

©Régis Grman pour CosmétiqueMag

En organisant tous les ans un concours de maquillage interne, l’enseigne de parfumerie donne l’opportunité à ses conseillers-conseillères d’améliorer leurs compétences et de devenir ambassadeur ou ambassadrice Sephora pendant un an.

On retient surtout du contrat de sélectivité l’obligation faite au distributeur d’avoir un lieu de vente qualitatif voire de réaliser un chiffre d’affaires minimum. Un autre critère est exigé par les marques de luxe : la qualification du personnel de vente. L’agrément est toujours suivi de la formation par la marque d’au moins une conseillère du point de vente. Pendant plusieurs années, les industriels ont d’ailleurs été les principaux pourvoyeurs de formation. Ils ont été rattrapés par les enseignes, désireuses d’inculquer leurs méthodes de vente et de fidéliser leur personnel. Sephora a été parmi les premières à se doter d’une Université, située rue de Passy, à Paris. Les conseillers-conseillères bénéficient d’au moins trois jours de formation par an, dans la capitale ou en région. Entrer dans la chaîne du groupe LVMH, c’est aussi adopter, dans le monde entier, un état d’esprit. Trois critères peuvent résumer la Sephora Attitude : anticonformisme, créativité et expérience client.

Onze pays participants en 2015

De cette approche sont nés, il y a sept ans, les Make-up masters. Ce concours de maquillage, d’abord français, s’est peu à peu étendu aux autres pays européens. Aujourd’hui, ils sont onze (Italie, Espagne, Roumanie, Turquie, Grèce, Portugal…) à avoir organisé cet événement et à avoir constitué, pour la première fois en 2016, une Pro Team Sephora Europe. Les gagnants de chaque pays qui la composent suivent, pendant un an, un programme de formation Beauty masters.
L’objectif est d’accroître leurs compétences et de les accompagner dans leur nouveau rôle d’ambassadeur-ambassadrice de l’enseigne. «Ils suivent, par exemple, des cours de développement personnel et d’anglais, car ils devront se déplacer chez Sephora États-Unis», indique Annabelle Pappini, directrice de la formation Sephora France. Si la plupart retrouvent leur point de vente une fois l’année exceptionnelle terminée, certains accèdent à d’autres fonctions. «Il y a deux ans, trois finalistes ont rejoint le service formation», ajoute-t-elle. Adèle Matrat, gagnante française du Make-up masters 2015, espère elle aussi pouvoir «former les équipes des parfumeries» (voir encadré ci-dessous).
Au cours de l’épreuve finale, les six participantes – Adèle Matrat (Le Mans), Solenn Le Scodan (Orléans), Manon Weyland (Metz), Faron Marie (Paris), Véronique Chevron (Clermont-Ferrand) et Delphine Rauschs (Luxembourg) – ont été notées sur leur technicité, le bien-être du modèle et la créativité du maquillage. Elles devaient s’inspirer d’un des thèmes imposés. Pour cette édition, la marque partenaire étant Make Up for Ever, les thématiques étaient issues du monde du cinéma. Et la finale s’est déroulée à la Cité du cinéma, près de Paris, là même où Make Up for Ever a ouvert une académie.

Les équipes se mobilisent

Cette compétition ne stimule pas uniquement les participants. Pendant dix mois, durée du concours, toutes les équipes sont mobilisées, le personnel des magasins, les directeurs régionaux comme ceux de la formation. Cela participe au développement d’un sentiment d’appartenance à l’enseigne. «Des opérations de ce genre valorisent le métier et favorisent l’épanouissement des conseillers, explique Benoît Mahé, fondateur de la société de retail coaching, Capkelenn. Un vendeur qui se sent bien dans son travail et dans le magasin augmente sa productivité ; la relation cliente s’en trouve aussi améliorée. Cette compétitivité est saine.»

Trois questions à Adèle Matrat

Conseillère Sephora au Mans, gagnante de l’édition 2015

Depuis combien de temps travaillez-vous chez Sephora ?

A. M. : Depuis deux ans. Je suis entrée après avoir suivi une formation au sein d’une grande école de maquillage. J’ai choisi Sephora pour son côté créatif et pour les marques exclusives, qui me plaisaient déjà beaucoup en tant que consommatrice.

Pourquoi avez-vous participé aux Make-up masters ?

A. M. : J’aime le maquillage. Il participe à l’embellissement de la personne. Quand je suis devant une cliente, j’essaie de repérer ses envies, ses besoins. Je lui propose un maquillage qui ne change pas sa personnalité, qu’elle pourra reproduire dans sa salle de bains. M’inscrire à ce concours était évident. Mes collègues du magasin du Mans m’ont beaucoup encouragée et conseillée. Un mois avant la finale, je m’entraînais tous les soirs et je leur montrais les maquillages que je réalisais sur moi. Par la suite, je souhaiterais continuer à former les équipes dans les magasins. Je le fais déjà dans celui où je travaille.

Quels conseils donneriez-vous à une conseillère ou à un conseiller Sephora ?

A. M. : De ne pas hésiter à s’inscrire au concours. C’est une expérience unique qui permet d’exprimer sa créativité. Cela n’arrive qu’une fois dans la vie.

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