La force motrice des start-up

© Damien Grenon pour CosmétiqueMag

Partout, les start-up fascinent. Les grands groupes jalousent leur vélocité. Les jeunes – salariés ou diplômés – rêvent de l’indépendance et de la richesse que, sur le papier, elles peuvent leur procurer. Les Steve Jobs, fondateur d’Apple, Jeff Bezos, patron d’Amazon, et autres Frédéric Mazzella, numéro un de Blablacar, sont leur parangon. Et, une fois leur idée en tête, tous ces entrepreneurs caressent l’espoir de présenter leur business plan dans la Mecque des start-up, le CES Las Vegas Show, ou devant un parterre d’investisseurs lors d’un de ces speed-datings destinés à lever des fonds.La France n’échappe pas à cette fascination.

Le monde politique raffole de ces entrepreneurs porte-drapeau et «invoque à tout bout de champ les mérites de la start-up», reconnaît Jean-François Delplancke, professeur à l’ESCP. Partout des pépinières accueillent ces jeunes pousses. Face au problème du chômage, les collectivités locales leur mettent des locaux à disposition. L’État les finance. Cela fait partie des missions de la Banque publique d’investissement. Le gouvernement clame urbi et orbi les soutenir. À l’automne 2015, Emmanuel Macron a lancé le #Noé pour Nouvelles opportunités économiques. Ce sera l’objet d’une loi censée «faire gagner la bataille culturelle» du changement apporté par le numérique et améliorer le financement des start-up en fonds propres. Quelques semaines plus tôt, le ministre des Finances avait donné le coup d’envoi de Cosmetic 360, le salon d’innovation de la filière beauté, organisé à Paris par la Cosmetic Valley.

Car rien n’effraye les start-up. Malgré le poids de L’Oréal et de Sephora, le secteur les attire. La tendance de la cosmétique instrumentale balaye son vent favorable, celui de l’objet connecté et des applis destinées à téléguider les protocoles de soins. Preuve s’il en est : lors du CES Las Vegas 2016, le pavillon French Tech – label des champions du numérique de demain – rassemble vingt-deux start-up. Rien que ça. Parmi elles figurent Romy et sa drôle de machine. Le high-tech n’est pas le seul secteur que les jeunes entrepreneurs de la beauté investissent. Ils embrassent toutes ses tendances : la montée en gamme, les actifs naturels, l’innocuité ou la certification des soins. Et à en croire Alexandre Flageul, associé du fonds Amundi, ils auraient l’embarras du choix pour trouver des argentiers. Les fonds de capital-risque les suivent. Les grands groupes aussi, à l’instar de Seb, LVMH ou L’Oréal. Le numéro un mondial des cosmétiques a lancé son incubateur en 2013. Guive Balooch, vice-président de ce Connected Beauty Incubator L’Oréal, se dit aujourd’hui «surpris du nombre d’entrepreneurs» en France. Cocorico.

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