Jean-Yves Berthon, Greentech

©Christophe Morlat

Pionnier des biotechnologies, le patron de cette «vieille start-up» réactive et tournée vers l’international est encore un chercheur dans l’âme, qui mise toujours sur l’innovation.

Si les biotechnologies ont aujourd’hui envahi l’univers des ingrédients cosmétiques, au début des années 1990, cela semblait être de la science-fiction. Pourtant, Jean-Yves Berthon y a cru. Et c’est pour travailler sur la création de molécules actives à l’aide d’agents biologiques qu’il fonde Greentech en 1992, à Clermont-Ferrand. «On ne parlait pas vraiment de cette spécialité, ni même de start-up à l’époque, mais la région nous a suivis, se souvient le président. Je pensais que ce domaine était l’avenir et que nous pourrions lancer une activité liée à différents marchés comme la pharmacie ou l’agro-alimentaire.» Depuis, la société est devenue incontournable sur ce segment qui n’est plus vraiment une niche et qui touche à toutes les biotechnologies (végétale, algale ou microbienne), par le biais des trois sociétés qui composent le groupe (respectivement Greentech, Greensea et Biovitis).

Un contexte propice

S’il démarre son activité en ciblant le marché pharmaceutique, il est rapidement contacté par des entreprises de la beauté. «Nous étions en plein scandale de la vache folle et l’industrie montrait de l’intérêt pour les actifs végétaux, développe Jean-Yves Berthon. De plus, la cosmétique a un temps de mise en production plus rapide que la pharmacie.»
Vingt-quatre ans plus tard, avec l’univers de la beauté comme principal client, Greentech est devenu un groupe qui réalise un chiffre d’affaires de près de 21 millions d’euros et compte plus d’une centaine de salariés répartis sur trois sites (deux en Auvergne, un dans le Languedoc-Roussillon), en cours d’agrandissement pour accroître les capacités de production. Le groupe compte aussi trois filiales à l’étranger (Allemagne, États-Unis et Brésil) et réalise 60% de son activité à l’international. Un business tourné vers l’extérieur, également dans un autre domaine : le sourcing. «Nous nous sommes rapidement dotés d’un réseau de fournisseurs avec lesquels nous avons instauré de longues relations de confiance et qui sont proactifs», explique Jean-Yves Berthon. Le végétal étant au cœur de la stratégie, Greentech a fait partie des premières entreprises être certifiées Ecocert en 2002, puis Natrue, GMP ou encore ISO, «devenues presque indispensables», ajoute-t-il.

Flexibilité et réactivité

Si le groupe grandit toujours, son patron tient à garder une certaine souplesse. «Nous sommes une vieille start-up, s’amuse-t-il. La flexibilité et la réactivité font partie de nos piliers et nous pouvons aussi bien livrer des lots de 10 tonnes que de 25 kg pour des clients qui sont de plus en plus pressés, travailler en collaboration avec des marques sur des projets bien spécifiques…» Toujours chercheur dans l’âme, Jean-Yves Berthon estime que l’une des spécificités de Greentech est la R&D, dont les investissements restent constants. «Un tiers de nos collaborateurs y travaillent et 40% sont titulaires d’un doctorat», énumère-t-il. L’entreprise organise par ailleurs depuis 2008 le Skin physiology international meeting (Spim), un congrès dédié à la recherche sur la physiologie cutanée. La prochaine édition est prévue fin 2016.

Son parcours

D’origine auvergnate, Jean-Yves Berthon obtient son doctorat de biologie à la faculté de Clermont-Ferrand, puis poursuit un post-doctorat en Belgique, qu’il achève en 1989. Il débute chez Rhône-Poulenc Agronomie avant de faire un passage dans le groupe Roullier, afin de monter le laboratoire de biotechnologies appliquées à l’agronomie. En 1992, il fonde Greentech, un producteur de molécules actives qui sont d’abord destinées au marché de la pharmacie, avant de s’étendre au domaine cosmétique. La société compte désormais trois entités : Greentech, Greensea et Biovitis.

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