Recherche : des algues bretonnes très à la pointe

©Aléor

La Bretagne possède une importante réserve d’algues, diversifiée et d’excellente qualité. Un capital naturel de plus en plus exploité dans les produits de beauté.

De la plage au pot de crème, les algues prennent de nouveaux chemins. Grâce au brassage des courants marins, la Bretagne en abrite une diversité exceptionnelle, qui a rapidement intéressé l’agroalimentaire, la santé mais aussi les cosmétiques, en particulier, bien sûr, la thalassothérapie. Pour preuve de ce formidable essor, Agrival, société finistérienne née en 2007, a transformé 850 tonnes d’algues en 2014 et prévoit de passer à 4 500 cette année. L’entreprise a affiché un CA de 1 million d’euros l’an dernier, dont 30% dans la beauté.

Des extraits objectivés

«Il s’agit d’un marché très mûr, comparé à celui de la nutrition, par exemple», analyse Christophe Caudan, sales manager chez Aléor. Cette société de transformation d’algues située dans les Côtes d’Armor réalise les deux tiers de son activité dans l’univers de la beauté. Et affiche des objectifs ambitieux : elle prévoit de tripler son chiffre d’affaires à court terme. Mais tout l’enjeu consiste à se différencier car, comme Aléor ou Agrival, de nombreuses entreprises se créent dans le secteur.

Une part de la visibilité s’acquiert de fait grâce à la qualité de la matière première algale bretonne. «Pour préserver les algues, nous les traitons de façon très respectueuse, au moment de l’étape du séchage notamment, que nous ne poussons pas au-delà de 40°C », détaille Christophe Caudan. Une technique issue de recherches menées par la société. «C’est la qualité de la matière première qui fait la qualité du produit», confirme André Prigent, à la tête du groupe Agrimer-Bretagne Cosmétiques Marins (BCM). Mais ce n’est pas pour autant le seul atout de cette entreprise familiale finistérienne créée il y a 25 ans. «Nous avons sophistiqué nos produits au fur et à mesure, travaillé des solutions d’algoculture, jusqu’à la mise au point d’extraits objectivés, ajoute-t-il. Il s’agit d’une nouvelle démarche qui s’impose dans cette industrie.» La société est organisée autour de deux entités : Agrimer, qui a une activité de récolte et de transformation des algues et produit notamment des matières premières pour la beauté, et BCM, qui possède son propre laboratoire de développement cosmétique et commercialise des produits finis sous différentes marques, dont la principale est Thalion.

Les entreprises exploitent ainsi au maximum le potentiel des algues, proposant des actifs de plus en plus pointus. Agrival a d’ailleurs fait de sa R&D la clef de voûte de sa stratégie. «Nous allons, dans l’année, monter un nouveau laboratoire et doubler les effectifs», explique son président Jean-François Jacob. Car si Agrival a démarré son activité en cosmétique avec des extraits «basiques», elle a ensuite perfectionné ses produits, «recueillant des molécules d’intérêt à partir de la biomasse algale». Idem chez Aléor, qui participe à des programmes de recherche et réfléchit à une éventuelle «spécialisation sur les algues à très forte valeur ajoutée», indique Christophe Caudan.

À l’international aussi

L’ambition ne s’arrête pas aux frontières bretonnes : Agrival, encore dans une phase d’investissement, réalise déjà la majorité de son activité à l’international. Quant à Agrimer-BCM, 25% du CA d’Agrimer et 75% de celui de BCM se fait à l’export. Le groupe veut maintenant mettre en place des réseaux de distribution optimaux sur la scène internationale.

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