Drugstores : WBA rachète Rite Aid

©george brooks

L’union de Walgreens Boots Alliance avec l’américain Rite Aid va donner naissance à un puissant réseau de drugstores aux États-Unis. Mais la concurrence est rude.

Le mariage à 17,2 milliards de dollars de Walgreens Boots Alliance (WBA) avec l’américain Rite Aid devrait être conclu au second semestre 2016. Mais dès la publication des bans, fin octobre dernier, les professionnels de Wall Street semblaient inquiets, sur l’activité pharmacie mais aussi sur l’épicerie et la beauté. «Ce projet à grande échelle est un substitut temporaire à une vraie stratégie de fond», juge ainsi Meredith Adler, analyste de la banque Barclays.

Sur le papier, ce rachat permet au patron de WBA, Stefano Pessina, de mettre sur pied un formidable réseau aux États-Unis. Les trois enseignes – Walgreens, Duane Reade et Rite Aid – totalisent 13 000 magasins, près de deux fois plus que leur concurrent direct, CVS (7 800 portes). Ce nouveau périmètre pèsera sur les ventes de médicaments (67% du chiffre d’affaires de WBA).

Plusieurs obstacles

Dans le même temps, la direction de WBA trouve là d’autres débouchés pour ses cosmétiques Boots et espère réaliser plus de 1 milliard d’économie dans l’affaire. Mais, selon Meredith Adler, la réduction des dépenses de publicité, la suppression des doubles emplois au siège, le pouvoir renforcé face aux intermédiaires PBM (Pharmacy benefit manager) gestionnaires des remboursements… ne produiront que 750 millions de dollars d’économie.

Encore faudra-t-il franchir plusieurs obstacles. Grâce à Rite Aid, WBA «s’étend dans certaines régions où il était peu présent», note Vishnu Lekraj, analyste de Morningstar. Mais les deux enseignes se retrouvent en concurrence frontale, sur une trentaine de zones, souligne-t-on chez Barclays. L’agence gouvernementale antitrusts Federal Trade Commission suivra le dossier. «Il faut maintenir la concurrence, elle n’autorisera pas de fermetures», avertit Meredith Adler. Le nouveau géant devra donc trouver un acheteur pour son trop-plein de magasins. Il devra aussi affronter une vive concurrence. S’il pèse davantage face à CVS, il devra composer avec les pharmacies en ligne et les hypermarchés Walmart et Target, «devenus des acteurs importants en pharmacie», précise Vishnu Lekraj. 

Que faire alors ? Mettre en valeur ses produits non pharmaceutiques à l’entrée des magasins, conseille Vishnu Lekraj. La direction de Walgreens entend justement développer ce créneau en s’inspirant des tests menés à Phoenix (Arizona) et à New York. L’objectif d’Alex Gourlay, président de Walgreens, est d’avoir, d’ici à fin 2016, 2 000 enseignes rénovées proposant une offre cosmétique améliorée. La formule new-yorkaise du magasin Duane Read, à Wall Street, met ainsi en avant les multiples déclinaisons de la marque de Boots N°7. Plusieurs marques françaises – Vichy, Lierac, Avene, Le Couvent des Minimes… – enrichissent la palette. Rien n’est trop beau pour les financiers pressés de Wall Street. Sous les voûtes de l’ancienne banque, WBA a installé un bar à ongles et un salon de coiffure. On peut même y suivre le cours des actions en temps réel… et en mangeant des sushis.

Hausse des ventes en 2015

Walgreens Boots Alliance a réalisé un CA de 103,4 Md$, à +35,4%, lors de son exercice fiscal clos le 31 août 2015. L’Ebit s’établit à 5,9 Md$ contre 3,7 Md$ sur la même période de 2014. Le groupe a lancé un plan de réduction des coûts de 1,5 Md$ d’ici à fin août 2017. Il a commencé par se traduire par la fermeture de 80 magasins (Walgreens et Duane Reade) de la division Retail Pharmacy USA, dont le CA est de 81 Md$, à +6% à parc non comparable. La branche Retail Pharmacy International, constituée de Boots (4 582 portes dans 8 pays), dont l’exercice fiscal se terminera le 31 décembre, a réalisé un CA 2014 de 8,8 Md$. Les ventes de la troisième entité Pharmaceutical Wholesale, composée d’Alliance Healthcare, ont fini l’année 2014 à 15,3 Md$. M. L. T.

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