Saga d’entrepreneur Eugène Perma : Didier Martin

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Depuis qu’il a repris le groupe de capillaires, le président d’Eugène Perma Paris s’est fixé une feuille de route devant mener la société familiale au-delà du marché français.

Située à quelques centaines de mètres de la Cité du cinéma, en région parisienne, la société Eugène Perma (marques phares : Eugène Color et Pétrole Hahn en GMS ; Essentiel et Carmen en salons de coiffure) tient son script pour les prochaines années. Son PDG l’écrit depuis 2007, date à laquelle il a repris 100% de cette société qu’il connaît sur le bout des doigts. Didier Martin la préside et en est actionnaire minoritaire depuis 1995. «Je voulais préparer cette ETI (entreprise de taille intermédiaire, NDLR) de 400 collaborateurs aux changements du XXIe siècle, explique-t-il. Il a fallu la structurer, la financer, redéfinir ses objectifs.»

Sur un marché des capillaires et de la coloration grand public et professionnels détenu par des mastodontes – L’Oréal, Henkel, Wella –, la société indépendante a dû faire des choix. «Nous devons proposer des produits de soin et de coloration innovants et techniques. Notre vocation n’est pas de faire du shampooing basique, même s’il nous est facile de sortir de gros volumes de notre usine de 16 000 m² installée à Reims», ajoute Didier Martin. Aujourd’hui, 4,5% du chiffre d’affaires est consacré à la recherche, contre 3,7% il y a quatre ans. Des partenariats ont été noués avec des branches du CNRS, d’autres «le seront avec des start-up», annonce le président, également membre de la Cosmetic Valley.

Nouvelles recrues

Début 2015, le groupe a confié sa R&D, forte de 30 chercheurs, à un ancien du groupe de chimie Clariant, passé par Unilever et L’Oréal. «L’arrivée de Stéphane Lefort traduit notre volonté de monter en puissance en nous adjoignant les services d’un expert scientifique ayant une connaissance pointue des cosmétiques et plus largement de la grande consommation (…), indique Didier Martin. Ses multiples expériences internationales seront autant d’atouts importants dans notre stratégie.»
Ce n’est pas la seule recrue. En février dernier, Florence de Noray, ex-groupe Vivendi et Brandalley, prenait la direction exécutive finance et stratégie ; Philippe Dessertenne, ancien directeur d’enseignes GMS pour Unilever, la direction nationale des ventes de la division Professionnel du groupe Eugène Perma, qui représente un tiers du chiffre d’affaires. «Je suis allé chercher des talents en dehors du secteur cosmétique afin de mettre en place une structure collaborative et de simplifier tous les process», justifie le PDG, qui tient aussi à internationaliser son groupe.
Réalisant 30% de son chiffre d’affaires dans 50 pays, il s’intéresse à l’Asie du Sud-Est et à l’Amérique latine et du Nord, où se trouvent «des pays à la consommation émergente. Nous passerons par des partenariats. Nous garderons les mêmes marques dans des circuits professionnels et mass retail, voire masstige sur certains marchés.» Didier Martin compte bien faire monter l’international à 70% de son activité. Autre objectif, atteindre les 120 millions d’euros en 2020 contre 95 millions aujourd’hui. Alors pourra-t-il confier les rênes de l’entreprise à ses deux filles, Marie-Laure et Cécile, déjà dans la société.

Son parcours

Didier Martin commence sa carrière dans un cabinet d’audit américain pour «se familiariser avec tous les mécanismes d’une entreprise». Puis il entre dans le groupe 3M. En 1984, il est nommé membre du conseil de direction d’Eugène Gallia, entreprise qui fusionnera avec Perma en 1995.

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