Logistique : la Galaxy de Sephora

A l’approche de Noël, Sephora fête le premier anniversaire de Galaxy, son nouveau modèle logistique aux partis pris innovants. Un an après, le bilan est satisfaisant.

À l’heure du click & collect qui renforce les contraintes de temps des distributeurs, le chantier logistique de Sephora n’en est que plus important. Tellement important qu’il a été baptisé Galaxy. Le projet a duré un an et s’est achevé en septembre 2014 afin d’être opérationnel à Noël. Caroline Gudin, directrice supply chain Middle East Europe aux commandes de ce programme avec la France pour pilote, résume : «C’est un réel gain car la rotation des stocks a augmenté, d’où une moindre charge pour les magasins et une diminution du taux d’obsolescence, une baisse des ruptures en linéaire.» L’expérience doit s’étendre aux États-Unis, en Pologne et en Chine, preuve de son bien-fondé.
C’est TXT, une entreprise italienne qui, après un appel d’offres, a fait la différence car elle a «écrit sur mesure un programme sans que cela nous oblige à revoir tous nos processus», estime celle qui avait donné quatre grands axes au prestataire. Les prévisions de ventes devaient être disponibles à la porte et à la référence, en ne partant pas des achats aux fournisseurs mais des ventes du magasin. Deuxième point, prendre en compte tous les articles, y compris les rotations les plus faibles (avec une simulation simple), afin d’établir la projection la plus complète. Par ailleurs, Caroline Gudin insistait pour prendre le meilleur du concept flowcasting  (intégration intelligente de la prévision au plus bas niveau) afin de synchroniser les approvisionnements des entrepôts par rapport au surstock ou aux ruptures potentiels en magasin. «Nous devions tirer ces données du magasin à la plateforme et de la plateforme au fournisseur afin que la somme de tous les besoins soit calculée au plus juste», ajoute-t-elle. Enfin, le dernier point concernait le fond de rayon et la saisonnalité (la minceur en hiver par exemple) sans compter toutes les animations qui portent sur des centaines de références au-delà de la saisonnalité. Un référentiel a été établi par porte en fonction de l’importance du magasin et de sa zone de chalandise. «Ce programme est une vraie innovation car nous n’avons pas trouvé cette proposition ailleurs», précise Caroline Gudin.

Planification commune

Parallèlement, Sephora entamait un travail sur le capacity planning qui étale le réapprovisionnement des prévisions de vente en amont. Ainsi pour être prêt à servir les ventes de Noël, les commandes ne peuvent pas toutes partir le 15 décembre. Il faut lisser ce travail dès fin septembre, en tenant compte des spécificités de chaque porte (réserve ou non, succès ou non des coffrets…). L’horizon s’étend donc à une prévision à quatre mois, avec détail à la semaine, à la référence et au magasin.
Surtout, ce système permet que marketing, commerce, finance et supply chain planifient ensemble. «Outre une vitesse d’exécution renforcée par un planning hebdomadaire, cela nous donne davantage d’agilité. Un an plus tard, on s’oriente vers un changement au siège et dans les magasins qui, ayant moins de surstock et de travail chronophage, peuvent consacrer leurs forces aux clients», assure celle qui voit la supply chain comme une value chain qui se positionne en support du magasin. Pour les fournisseurs aussi ? «Oui, conclut-elle, car plus on est efficaces, moins ils ont de retour à gérer en fin de vie. On pourrait également bientôt partager notre planification pour être plus agiles ensemble pour nos clients.»

A suivre

Le magasin de la rue de Rivoli, ouvert en octobre, avec une offre physique et dématérialisée, un panier qui sera aussi digital, la mise en avant des marques exclusives, les services et une nouvelle shopping experience.

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