Travel retail : le duty free s’envole

WDFG

Avec des ventes (+5% attendus en 2014 contre +7,5% à 60Md$ en 2013, toutes catégories de produits et de circuits hors taxes) et un trafic (3,3 milliards de passagers en 2014, +5,9% selon l’IATA) en constante progression, le duty free suscite des convoitises. Mais derrière ces chiffres se cache une réalité qui ne laisse pas de place à l’improvisation. Les aéroports, centres névralgiques du travel retail avec près de 60% du CA global, veillent à la qualité et à la rentabilité des zones marchandes. En 2014, les activités commerciales d’Aéroports de Paris ont augmenté de 3,8% à 400 Ma, dont 284 Ma pour les loyers des boutiques situées après la zone de contrôle, pour un CA total groupe de 2,8 Mda. Longtemps cantonné au luxe, le duty free s’ouvre aux marques accessibles et aux services. Les enseignes doivent donc composer avec de nouveaux impératifs et avec ceux inhérents aux appels d’offres. La diversité des lieux d’implantation est également de mise afin de réduire l’impact de changements géopolitiques (Heinemann a dû fermer à Simferopol en raison de l’annexion de la Crimée par la Russie) et/ou d’effondrements monétaires (la chute du rouble a réduit les dépenses des touristes russes). À défaut de décrocher les aéroports à fort trafic (les deux premiers en termes de retail sont Séoul avec 2Md$ de ventes en 2014, talonné par Dubaï avec 1,9 Md$), les distributeurs rachètent les opérateurs déjà en place. À l’image de Dufry qui, en reprenant WDFG en mars dernier, s’est placé à Londres Heathrow (n°2 mondial en nombre de passagers internationaux avec 68,1 millions d’individus en 2014 derrière Dubaï et ses 70,5 millions de voyageurs). Cette concentration n’est pas sans conséquence sur les relations avec les marques qui, elles aussi, sont entrées dans une course aux acquisitions. Et espèrent très vite déployer leurs nouvelles recrues en duty free. Des deux côtés, des géants mondiaux se constituent.

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